La décision du Tribunal
de grande instance d'Aix-en-Provence d'interdire à quatre magasins de la zone
commerciale de "Plan-de-Campagne" de faire travailler leurs salariés
le dimanche est le nouvel épisode d'una saga qui dure depuis près
de 40 ans. Mais un nouveau sursis a été donné à l'ouverture dominicale des
magasins de Plan-de-Campagne, avec les dérogations accordées par Michel Sappin,
le préfet des Bouches-du-Rhône.
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| | La
zone commerciale de Plan-de-Campagne entre Marseille et Aix-en-Provence.
© D.R. | |
Une dérogation qui
s'éternise
Saisis par la CGT et la CFDT, les deux principaux syndicats
en lutte contre le travail dominical, les juges aixois ont enjoint les grandes
enseignes Conforama, Castorama, Fly et Tati de la zone commerciale de "Plan-de-Campagne"
à cesser de faire travailler leurs employés le dimanche, les menaçant
d'une astreinte de 5 000 euros par salarié et par dimanche travaillé,
durant trois mois.
Situés entre Aix-en-Provence et Marseille, la plupart
des 400 magasins de la zone commerciale de "Plan-de-Campagne"
bénéficie pourtant de dérogations pour ouvrir le dimanche depuis 40 ans.
Or, depuis une dizaine d'années, cette situation déplaît aux
commerçants des villes voisines, qui dénoncent une concurrence déloyale,
Aixois et Marseillais ayant pris l'habitude d'y faire leur "shopping".
Relayés par les grands syndicats nationaux, ils tentent ainsi de mettre
un terme à ces dérogations qui devaient être, au départ,
temporaires.
En janvier 2007, syndicats et patronat s'étaient
réunis pour se mettre d'accord. Les négociations n'aboutissant pas,
le préfet avait accordé une nouvelle dérogation de six
mois (jusqu'au 27 juillet 2007) à 152 magasins. Au mois de mars,
celle-ci avait déjà été annulée par le tribunal
administratif de Marseille pour 26 enseignes.
La semaine dernière,
Michel Sappin, le nouveau préfet de la région Provence-Alpes-Côte
d'Azur, rencontrait les élus et le patronat local, l'UPE (Union pour les
Entreprises) qui réclament une nouvelle période dérogatoire d'un an, jusqu'en
juillet 2008. Une dérogation que Michel Sappin leur a finalement accordé
jusqu'au 30 juin 2008. L'argument principal du préfet est que la fermeture
le dimanche a déjà entraîné 90 licenciements sur
les 5000 employés de Plan-de-Campagne.
Les syndicats menacent toutefois
de saisir une nouvelle fois les juges.
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