Ecriture inclusive : c'est quoi exactement ? Définition et exemples

Ecriture inclusive : c'est quoi exactement ? Définition et exemples ECRITURE INCLUSIVE - Une langue "sans stéréotype de genre", tendant vers l'égalité des représentations entre les hommes et les femmes, c'est possible ? C'est en tout cas ce que défendent les tenants de l'écriture inclusive.

[Mis à jour le 17 octobre 2017 à 18h17] Et s'il s'agissait du nouveau combat idéologique de notre époque, d'une forme moderne d'un combat visant l'instauration, à terme, d'une réelle égalité entre les hommes et les femmes ? Qu'on ne s'y trompe pas : "l'écriture inclusive" est avant tout une revendication politique - et non pas stylistique ou esthétique - pensée et défendue comme un instrument de déconstruction des mécanismes de domination masculine. Les tenants de l'écriture inclusive considèrent que la primauté du masculin est inéquitablement retranscrit dans ce qui nous est de plus intime, dans ce qui nous permet de formuler et d'articuler notre vision du monde : la langue. "Le discours condense ainsi les transformations en cours au sein d'une société : il les reflète certes, mais les configure également. En ce sens, il témoigne et participe à la construction et la perpétuation d'inégalités et de stéréotypes de sexe", expliquent Raphaël Haddad et Carline Baric, dans leur "Manuel d'écriture inclusive".

Nous parlons donc d'une forme de militantisme, à vocation égalitaire, contre les conventions intériorisées qui se manifestent dans l'écrit. Elle repose sur le renoncement du masculin générique et de la primauté du masculin sur le féminin dans les accords de genre. Cela suppose trois nouvelles conventions, selon le "Manuel d'écriture inclusive" :

Accorder en genre les noms en fonctions, grades, métiers et titres

Exemples : "présidente", "sénatrice", "directrice", "professeure", "chroniqueuse", "entrepreneure", "footballeuse", "programmeuse", ingénieure", "consommatrice", "agricultrice"...

User du féminin et du masculin par le point milieu

La règle est la suivante : pour écrire correctement de manière inclusive, il faut écrire la racine du mot + le suffixe masculin + le point milieu + le suffixe féminin. A cela s'ajoute un point milieu supplémentaire suivi d'un "s", si l'on veut indiquer le pluriel. Exemples dans une phrase où l'on parle de groupes de femmes et d'hommes : "des acteur.rice.s", des "ingénieur.e.s", "ceux.elles", "les candidat·e·s à la Présidence de la République".

Ne plus employer les antonomases du nom commun "Femme" et "Homme" (majuscules de déférence)

Est clairement ciblée la graphie "Homme" dans des expressions désignant les hommes et les femmes. Ainsi, les tenants de l'écriture inclusive préfèrent l'expression "droits Humains" à "droits de l'Homme".

L'écriture inclusive, une "complexité qui n'est pas nécessaire, pour le ministre de l'Education nationale 

Interrogé sur BFMTV sur la pertinence de l'insertion dans les apprentissages scolaires de l'écriture inclusive, Jean-Michel Blanquer a fait part de ses grandes réserves : "On doit revenir aux fondamentaux, sur le vocabulaire et la grammaire, arriver à ce que les enfants aient une vision claire de la construction d'une phrase. Je trouve que cela ajoute une complexité qui n'est pas nécessaire", a-t-il fait savoir, évoquant des "confusions sur le langage qui abîme la cause". "La cause, celle de l'égalité hommes-femmes, elle est bonne", nuance-t-il, mais "ce n'est pas le juste combat".

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