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De 15 Etats membres à 25 en 2004, puis 27 en 2007, l'Union européenne s'est élargie tout en conservant des institutions prévues à l'origine pour une dizaine de pays. Comment être efficace pour agir quand les voix de 27 nations, aux intérêts très différents, tentent de se faire entendre ?

 
Nombre de voix par Etat 
Traité de Nice
 
 
  • Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni : 29 voix
  • Espagne, Pologne : 27 voix
  • Roumanie : 14 voix
  • Pays-Bas : 13 voix
  • Grèce, République tchèque, Belgique, Hongrie et Portugal : 12 voix
  • Suède, Autriche et Bulgarie : 10 voix
  • Slovaquie, Danemark, Finlande, Irlande et Lituanie : 7 voix
  • Lettonie, Slovénie, Estonie, Chypre, Luxembourg : 4 voix
  • Malte : 3 voix
 

Vers un fédéralisme ?
C'est en grande partie pour répondre à cette nécessité que l'adoption d'un nouveau traité réformateur des institutions s'imposait. A l'heure actuelle, le Conseil des ministres vote les lois proposées par la Commission. A chaque Etat membre a été attribué un certain nombre de voix en fonction notamment du poids démographique. L'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni ont ainsi 29 voix. La Pologne, pourtant deux fois moins peuplée, 27.

Jugée déséquilibrée, la pondération a donc été abandonnée avec le traité de Lisbonne pour un système de double majorité. Ainsi, pour qu'il y ait adoption, au moins 15 des 27 Etats doivent voter en faveur du projet, et ces 15 Etats doivent réunir 65 % de la population européenne. Si, à première vue, la procédure peut paraître compliquée, elle est toutefois plus efficace, puisqu'elle favorise la formation des majorités, et plus démocratique, la majorité de la population étant représentée.


De compromis en concession : un système toujours très complexe

Là où le système se complique, c'est dans son application. La Pologne perdant de son influence au profit de pays comme l'Allemagne et la France, elle a obtenu que la réforme du système de vote se fasse par étapes. Pendant une période transitoire de 2014 à 2017, un État-membre, qui ne serait pas satisfait d'un vote, pourra redemander un scrutin selon les règles du Traité de Nice. A partir de 2017, la double majorité doit s'appliquer. Mais un Etat contestant un vote aura la possibilité d'invoquer le "compromis de lonnanina". Celui-ci permet de revenir sur une décision, adoptée sans une majorité écrasante.

Ce système est critiqué par certains partisans d'une Europe plus politique, qui estiment que, dans le nouveau système, les intérêts de chaque Etat continuent de primer sur ceux de l'Union.

» Lire la suite : Pour une Europe plus sociale ?

 


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