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L'Union européenne est souvent accusée d'être peu démocratique. Les décisions sont en majorité prises par les Etats membres au sein du Conseil européen et mises en forme et appliquées par la Commission européenne, un organe composé de hauts fonctionnaires. Le traité de Lisbonne entend donc renforcer la démocratie représentative en conférant au Parlement, la seule institution élue au suffrage universel direct, un rôle central.

Eurodéputés
 
Les eurodéputés réunis dans le grand hémicycle pour le vote en session plénière © L'Internaute / Céline Deluzarche
 

Un pouvoir de décision élargi

En matière législative, la décision est prise au sein du "triangle institutionnel", c'est-à-dire entre le Conseil des ministres, la Commission et le Parlement. Selon les domaines, le Parlement a aujourd'hui plus ou moins d'influence dans la prise de décision. Le traité de Lisbonne élargit la liste des domaines sur lesquels le Parlement a le même pouvoir de décision que le Conseil des ministres.

Auparavant par exemple, sur les questions d'immigration comme le contrôle des personnes aux frontières ou la lutte contre l'immigration clandestine, le Conseil avait le dernier mot, les eurodéputés ne disposant que du droit de donner un avis. A partir de 2009, les deux institutions "codécideront". Ce sera le cas aussi pour la politique énergétique, la coopération judiciaire et policière ou les politiques économique et monétaire.


Le président de la Commission élu par les eurodéputés

En matière budgétaire, les deux institutions sont aussi mises sur un plan d'égalité. Aujourd'hui, le Conseil prend la décision finale sur les dépenses dites obligatoires, comprenant notamment les fonds pour la Politique agricole commune (PAC). A l'heure actuelle, plus de 40 % du budget européen est alloué à l'agriculture. Une proportion jugée aberrante par le Royaume-Uni, mais fermement défendue par la France et l'Allemagne, qui en sont les premiers bénéficiaires. A partir de 2009, le Parlement européen pourra mettre son véto sur les dépenses agricoles s'il les juge trop gourmandes. Ce qui pourrait à terme favoriser une profonde réforme de la PAC.

Tout comme le parlement français sur le gouvernement, le Parlement européen a un pouvoir de contrôle sur la Commission. Celui-ci sera étendu à partir de 2009 puisque le Parlement élira le président de la Commission, nommé jusqu'à présent par les Etats membres. C'est un pas de plus vers la démocratisation de l'Union : les eurodéputés étant élus par les citoyens européens, ces derniers pourront influencer la coloration politique de la Commission.

Le Parlement européen a donc de plus en plus de traits en commun avec les parlements nationaux : il légifère sur quasiment tous les domaines de l'Union européenne, vote le budget et contrôle l'organe exécutif.

» Lire la suite : Des citoyens européens impliqués

 


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