C'est bientôt la fin des chaises musicales au sommet de la pyramide
institutionnelle de l'Union européenne. Depuis le traité de
Nice de 2001, le président du Conseil européen change tous
les six mois. Ainsi, jusqu'en décembre dernier, le Portugal assurait
la présidence, reprise par la Slovénie en janvier 2008,
qui la confiera à son tour, à partir de juin, à la France.
L'innovation la plus importante du traité de Lisbonne est donc la
création d'un président européen désigné
pour 30 mois.
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L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair sera-t-il
le futur président de l'Union ? © DR
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Le visage et la voix de l'Europe
Actuellement, le président du Conseil européen est le chef
d'Etat ou de gouvernement de l'Etat membre dont c'est le tour de présider.
Au mois de juin 2008, ce sera donc Nicolas Sarkozy. A partir de 2009,
date d'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, le président
devra se consacrer exclusivement et à plein temps à sa charge,
et ne pourra donc exercer parallèlement un mandat national. C'est
le Conseil européen, constitué des chefs d'Etat et de gouvernement
des 27 pays de l'Union, qui aura le pouvoir de le désigner pour
un mandat de deux ans et demi, renouvelable une seule fois.
Ses pouvoirs
Au sein de l'Union, le président de demain conserve les mêmes
pouvoirs que l'actuel président du Conseil. Lors des sommets européens,
il préside, décide de l'ordre du jour et oriente les travaux
du conseil européen. Une fois de plus, l'allongement de la durée
du mandat doit permettre au président de mieux s'acquitter de sa tâche.
Une vue sur le long terme est un atout pour mener des politiques cohérentes
qui demandent, pour être appliquées et évaluées,
plus de six mois de travail. A la fois visage et voix de l'Europe, le président
aura aussi un rôle de représentation sur la scène internationale.
La stabilité de la présidence permettra aux acteurs internationaux
d'avoir un seul interlocuteur sur une plus large période : le dialogue
en sera facilité.
Qui sera le président de l'Europe ?
Ses pouvoirs restent donc limités en comparaison par exemple avec
le président français. Son rôle de représentation,
symbole de l'unité de l'Europe, le rapproche plus de la présidence
allemande. Reste à savoir qui assurera le premier cette tâche
? Certains noms circulent déjà, comme l'ancien Premier ministre
britannique Tony Blair ou l'actuel président de l'Eurogroupe, le Luxembourgeois
Jean-Claude Juncker.
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un ministre des Affaires étrangères
européen ?