Août 1914 : c'est arrivé il y a 100 ans !

Alors que l’année 2014 sera marquée par les commémorations du centenaire de la Première Guerre Mondiale, nous vous proposons de revivre le mois d'août 1914, à travers le regard de L’Illustration, premier magazine au monde au début de la Grande Guerre.

Il y a cents ans, la mobilisation générale est ordonnée par le Président de la République le samedi 1 août 1914 à 16h00. L’Illustration qui sort en kiosque le samedi, consacre sa une à la note verbale de L’Allemagne, illustrant des tractations diplomatiques courues d’avance. Le journal parle, pour l’heure, encore de « crise européenne » et revient sur le dialogue de sourds des chancelleries et diplomates. Pourtant la guerre est en train d’embraser l’Europe. Comme nous le raconte L’Illustration : l’Autriche et la Serbie s’affrontent déjà sur les rives du Danube.


Quelques jours plus tôt, le Président de la République française est en voyage officiel en Russie où il est reçu chaleureusement par le Tsar Nicolas II. L’Illustration revient longuement en image sur cette visite officielle ponctuée de défilés militaires. Le journal consacre aussi de manière opportune une belle double page au croiseur cuirassé Paris, qui rentre en service ce 1 août !

Illustration des tensions qui parcourent la société civile, à la bourse de Paris, Monsieur Rosenberg, spéculateur viennois qui a pris des positions à la baisse, provoque la fureur de ses collègues. Assiégé dans son box et en passe d’être lynché, la police intervient et doit mettre en place un cordon de sécurité rue Notre Dame des Victoires, pour l’extraire de la Bourse. Un photographe de L’Illustration immortalise l’incident et l’article nous raconte les détails de cette étonnante affaire.

La France continue encore de se passionner pour l’affaire Caillaux et L’Illustration revient sur le déroulé d’un procès étonnant. Dans ce premier numéro d’août 1914, le journal explique aussi à ses lecteurs pourquoi la tour de Pise n’est pas droite !


Le 8 août 1914, L’Illustration change de ton. En couverture, un dessin de Georges Scott (célèbre illustrateur du journal) plante un fantassin déterminé dans les Vosges avec cette légende : « On ne passe pas ! ». L’heure est à la mobilisation. Au sein du magazine, le personnel mobilisé représente l’équivalent d’une compagnie d’infanterie, avec officiers et sous-officiers, artilleurs, cavaliers, et auxiliaires … Henri Lavedan, le chroniqueur star de L’Illustration rebaptise sa chronique « Les Grandes Heures ». Dans un texte magnifique, il nous raconte la vie parisienne à l’heure de la mobilisation. Cette fois L’Illustration titre « L’Europe en Guerre : les agressions de l’Allemagne » et nous raconte heure après heure l’incroyable enchaînement.


Le 15 août 1914, la couverture de L’Illustration est encore une magnifique allégorie de Georges Scott intitulé « En Alsace ». En Belgique, ce sont 40 000 hommes qui font face à une armée de 120 000 hommes côté allemand. Gérard Harry, envoyé spécial de L’Illustration nous raconte la défense de Liège et les combats héroïques de l’armée belge. Le journal revient sur la séance historique du 4 août 1914 à la chambre des députés qui proclame l’union sacrée et celle du 3 août 1914 à la chambre des Communes à Londres durant laquelle le Royaume-Unis décide de garantir la neutralité de la Belgique mais aussi que sa flotte assurera désormais la protection des côtes de France. Mais pour l’heure, c’est encore la mobilisation qui marque le quotidien des français. Quel est l’état d’esprit de ces hommes qui quittent soudainement leur vie pour l’inconnu ? L’Illustration publie « Impressions de mobilisés » rédigé par un de ses journalistes parti rejoindre les drapeaux et qui partage avec les lecteurs son expérience.


Le 22 août 1914, les français découvrent les premières images de la guerre : des chevaux morts et les maisons bombardées par les allemands de l’entrée du village de Haelen en Belgique. Premières images aussi de blessés et prisonniers, allemands, évidemment … Le pape Pie X « vient de mourir sans avoir pu conjurer la guerre générale qui va ensanglanter toute la chrétienté ».


Le 29 août 1914, la couverture de L’Illustration fait une nouvelle fois honneur au talent de Georges Scott qui met en scène les cosaques de l’armée russe « sur la  route de Berlin ». L’image occupe une large part de ce numéro où l’on découvre les premières photographies de l’invasion allemande en Belgique.

Lavedan dans les colonnes de L’Illustration publie son crédo, bientôt repris par tout un peuple :

« Août 14 . Notre offensive générale n'a pu percer les lignes allemandes. — Nous avons dû nous replier et il nous faut attendre une chance meilleure. Mais nous tous qui suivons de loin, haletants, au jour le jour, la marche mystérieuse du destin, qu'allons-nous dire et faire ? Comment allons-nous pendant des semaines, des mois peut-être, répondre aux assauts furieux qui, seront — par un choc en retour des batailles — livrés à nos pensées? Nous y répondrons par cet acte de foi, inébranlable et permanent, qui est le mien, dans lequel chacun de ceux qui ne se battent pas doit se tenir, et se boucler, debout, comme en une cuirasse :

Je crois au courage de nos soldats, à la science et au dévouement de nos chefs.

Je crois à la force du droit, à la croisade des civilisés, à la France éternelle, impérissable et nécessaire.

Je crois au prix de la douleur et au mérite des espoirs.

Je crois à la confiance, au recueillement, au bon travail quotidien, à l'ordre, à la charité militante.

Je crois au sang de la blessure et à l'eau du bénitier, au feu de l'artillerie et à la flamme du cierge, au grain du chapelet.

Je crois aux vœux sacrés des vieillards et à la toute-puissante ignorance des enfants.

Je crois à la prière des femmes, à l'héroïque insomnie de l'épouse, au calme pieux des mères, à la pureté de notre cause, à la gloire immaculée de nos drapeaux.

Je crois à notre grand passé, à notre grand présent, à notre plus grand avenir.

Je crois aux vivants de la patrie et je crois à ses morts. Je crois aux mains armées du fer et je crois aux mains jointes. Je crois en nous. Je crois en Dieu. Je crois, je crois.

Et jusqu'au bout, quoi qu'il puisse arriver, je ne cesserai de réciter cet acte de foi qui est mon cantique, ma litanie, mon Credo, mon Alléluia. »

Août 1914 : c'est arrivé il y a 100 ans !
Août 1914 : c'est arrivé il y a 100 ans !

Il y a cents ans, la mobilisation générale est ordonnée par le Président de la République le samedi 1 août 1914 à 16h00. L’Illustration qui sort en kiosque le samedi, consacre sa une à la note verbale de L’Allemagne, illustrant des tractations...

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