DSK : contraint de s'expliquer sur ses pratiques sexuelles

DSK : contraint de s'expliquer sur ses pratiques sexuelles C'était prévisible après la première semaine de débats. Le procès dit du "Carlton" de Lille est en train de virer à l'analyse des pratiques sexuelles de DSK avec, pour la première fois, la mention explicite de la "sodomie".

Longtemps les journalistes se sont demandé s'ils devaient écrire ce mot dans leurs articles. Il est pourtant devenu incontournable lors du procès du Carlton de Lille. Ce mercredi 11 février 2015, pour sa seconde audition, DSK a pourtant dû s'expliquer sur ses pratiques sexuelles et en particulier pour son gout prononcer pour la "sodomie". Poursuivi avec une douzaine d'autres prévenus pour des soupçons de proxénétisme aggravé, Dominique Strauss-Kahn, arrivé au tribunal peu après 9h, a été appelé à la barre dans la matinée. Vont suivre quarante minutes de grande tension.

C'est Jade, ancienne prostituée, qui a été appelée la première à la barre juste avant DSK, vers 9h45.  Elle a participé à une de ces "parties fines" analysées depuis lundi et a assisté à d'autres scènes qu'elle qualifie de "boucheries". Floue dans son témoignage de la veille sur sa relation sexuelle avec DSK dans un hôtel bruxellois en 2009, elle est appelée à donner plus de détails sur ce qui s'est passé. Réticente, elle finit par décrire "un moment plus que désagréable", puis avoue, avec le plus de pudeur, possible "une pénétration" qui ne lui a pas été "demandée" et qu'elle aurait certainement "refusée" si cela avait été le cas. La jeune femme évoque ensuite un "empalement" qui la "déchire" encore. Mais quand Me Frédérique Beaulieu, avocate de DSK, va oser utiliser le terme de "sodomie", l'ancienne prostituée va sortir de ses gongs, provoquant un court incident de séance. Jade (un prénom d'emprunt) ne veut pas utiliser ce terme. Pour sa famille, ses proches. Ses avocats utiliseront quant à eux le mot "agression", faisant bondir à son tour la partie adverse. L'audience sera finalement suspendue vers 10h30.

DSK inébranlable, mais agacé

Quand DSK est finalement appelé à la barre à 10h50, il utilise immédiatement le terme "échangisme" et dénonce les termes utilisés jusqu'alors. "Boucherie", "abattage"... Selon lui "tout le vocabulaire animalier y passe" pour porter atteinte à son intégrité. Puis vient l'explication sur sa relation avec Jade à Bruxelles en 2009. Les mots sont, encore une fois, choisis. Orateur expérimenté, DSK semble inébranlable : il réfute vouloir faire " des choses désagréables à un partenaire". S'il croit volontiers au choc de la jeune femme, il affirme à la barre n'avoir eu sur l'instant "aucun moyen de [s]'en rendre compte". DSK ajoute qu'il est "désolé" et, sur la question du proxénétisme, persiste et signe. Il ne savait pas que Jade avait été rémunérée 500 euros pour coucher avec lui. Le mot sodomie ne sera plus prononcé, mais DSK va exprimer son exaspération à ce sujet : "Je commence à en avoir un peu assez", va-t-il déclarer rappelant n'y a pas "de pratique sexuelle dévoyée" en France.

EN VIDÉO - Lors de sa première audition mardi, DSK avait rodé sa ligne de défense et assuré qu'il ignorait que ses partenaires étaient des prostituées et exposé une vision libertine du sexe plaisir.

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