Imad Lahoud est un mathématicien et un financier de haut niveau. Cet ancien cadre d'EADS a été licencié en mai 2006. Auparavant, en 2003 et 2004, il a travaillé pour la DGSE sur des enquêtes anti-terroristes.
Le falsificateur
Imad Lahoud entre à EADS en 2004 aux côtés du Vice-président de l'entreprise, Jean-Louis Gergorin. En 2005, il devient directeur scientifique d'un laboratoire de recherches du groupe franco-allemand. Il est en effet soupçonné d'être l'auteur de la falsification, entre 2003 et 2004, des listings de Clearstream. Il y aurait ajouté les noms de certaines personnalités, d'hommes politiques influents et notamment celui de Nicolas Sarkozy. Ce qu'il a reconnu devant le tribunal le 23 septembre 2009 tout en maintenant qu'il agissait sur ordre de Jean-Louis Gergorin.
Qui a rencontré Imad Lahoud ?
Quand l'affaire éclate, Imad Lahoud commence par nier les accusations qui pèsent sur lui. Il fonde alors sa défense sur une mission qui lui aurait été confiée par la DGSE : récupérer les (vrais) listings Clearstream, à la demande du Général Rondot. Plus tard, il affirmera avoir effectivement récupéré ces fichiers chez le journaliste Denis Robert et les avoir falsifiés... à la demande de Jean-Louis Gergorin.
Avant ces aveux, Lahoud a changé de versions de nombreuses fois au cours de l'enquête. Il a notamment évoqué des rencontres avec Yves Bertrand, patron des RG jusqu'en 2003, des proches de Dominique de Villepin et Villepin lui-même en 2005, qui laissent à penser que le Premier ministre pourrait être impliqué. En 2006, Lahoud affirmait également avoir rencontré Nicolas Sarkozy deux fois, ce qui pourrait mettre à mal la thèse de la conspiration. Toutes ces informations ont été démenties par les intéressés. Lors du procès en première instance fin 2009, Imad Lahoud s'est excusé pour ses "mensonges" et ses multiples revirements. Le 28 janvier 2010, il a été condamné à 3 ans de prison dont 18 mois fermes. Il a lui aussi fait appel.