Ancien diplomate ayant participé à la création d'EADS à la fin des années 1990, Jean-Louis Gergorin était Vice-président du groupe franco-allemand quand l'affaire Clearstream a éclaté.
Le "corbeau" qui s'est démasqué en 2006
Mentionné dans des notes déclassifiées de la DST en avril 2005, Jean-Louis Gergorin subit plusieurs perquisitions de son bureau et de son domicile, au printemps de la même année, et est fortement soupçonné d'être le "corbeau" de l'affaire. Mais ce n'est que lors d'une seconde série de perquisitions, en avril 2006, qu'il avoue de lui-même être l'auteur du premier puis des principaux courriers anonymes envoyés au juge Van Ruymbeke et contenant les listings falsifiés. Ce qui lui vaut d'être mis en examen pour "dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux ". Plus tard, on apprendra qu'il s'est aussi entretenu secrètement avec le juge d'instruction.
Un entretien avec Dominique de Villepin
Pour sa défense, Jean-Louis Gergorin plaide sa bonne foi. Il pensait avoir révélé une "vraie" affaire : "J'y croyais. Plus il y en avait [de noms], plus j'y croyais". Une certitude qui l'aurait poussé à informer directement le général Rondot en 2003 puis Dominique de Villepin en janvier 2004. Selon les déclarations du "corbeau" faites aux juges en 2008, c'est le Premier ministre de l'époque qui lui aurait alors demandé de fournir les listings à la justice, se prévalant de consignes de l'Elysée.
Jean-Louis Gergorin a également déclaré, lors de différentes auditions, avoir eu une demi-douzaine de rendez-vous entre janvier et juillet 2004 avec Dominique de Villepin. Bien que ce dernier n'en reconnaisse que deux, il a confirmé ces derniers points devant le tribunal le 30 septembre 2009. Chargeant Imad Lahoud, Gergorin affirme cependant "ne pas douter de la bonne foi" de l'ancien chef de gouvernement. Ce qui ne l'a pas empêché d'être condamné à 3 ans de prison dont 15 mois fermes en première instance, le 28 janvier 2010. De quoi changer de stratégie et s'attaquer à Villepin ? Réponse lors du procès en appel.
La vidéo
Un extrait du 20 heures du 19 mai 2006 consacré aux déclarations de Jean-Louis Gergorin dans les médias :