La généalogie des musulmans

La généalogie des musulmans Voici ce qu'il faut savoir sur la tenue des registres en Algérie, en Tunisie et au Maroc pour se plonger dans la généalogie musulmane.

Il n'y avait pas de musulmans en France sous l'Ancien Régime. Ils n'apparaissent dans l'histoire de France qu'à partir de l'annexion de l'Algérie en 1830. Les pays musulmans n'avaient pas comme en France la tradition de la tenue de registres, car ils avaient plutôt une tradition orale. Mais celle-ci n'a pas toujours permis de faire perdurer la transmission de généalogies familiales, en particulier pour les familles musulmanes qui ont émigré en France.

L'Algérie

Des registres ont commencé à être tenus dès les premières années de la présence française, et ce jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962. C'est dans les grandes villes que les registres ont été créés le plus rapidement. Ceux-ci étaient tenus en double exemplaire, mais ils sont restés sur place après l'indépendance. Une campagne de micro-filmage a déjà permis de rendre consultables en France les deux tiers de ces registres. Ceux-ci sont conservés au Service central de l'état civil à Nantes. Mais ces registres ne concernent malheureusement que peu les familles musulmanes d'Algérie puisque l'on ne peut accéder qu'aux registres des années 1855, 1856 et 1858.
On est donc souvent contraint de se tourner vers d'autres sources, comme par exemple les dénombrements de la population des années 1906, 1911, 1931 et 1954. Ces documents précisaient l'origine des individus : s'ils étaient Français d'origine, s'ils avaient été naturalisés (sous certaines conditions), s'ils étaient Marocains ou encore étrangers.
Avant 1894, seuls les Français figuraient sur les listes électorales. Après cette année, ces listes distinguaient les "Français", c'est-à-dire les Français d'origine et les musulmans ayant acquis la nationalité française, des "musulmans", que l'on a successivement nommés indigènes, musulmans puis Français musulmans.

La Tunisie

La Tunisie a été sous protectorat français de 1881 à 1956. Des registres ont donc été tenus en trois exemplaires de 1884 à 1956. Ils concernaient l'ensemble de la population, Européens comme musulmans. Si ces registres sont restés sur place après la fin du protectorat français, des microfilms ont néanmoins été réalisés et sont consultables à Nantes, au Service central de l'état civil.

Le Maroc

Etant aussi sous protectorat français de 1912 à 1956, des registres ont de même été tenus au Maroc, entre 1915 et 1956. Ceux-ci étaient établis en deux exemplaires, dont l'un est également consultable à Nantes, au Service central de l'état civil.

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