L'Algérie depuis l'indépendance en 10 dates

L'histoire de l'Algérie depuis l'indépendance L'Algérie devient indépendante le 18 mars 1962. De la prise de pouvoir de Ben Bella au lendemain de l'indépendance, à Bouteflika aujourd'hui (ci-contre), retour en 10 dates sur l'histoire mouvementée du pays.

 

29 septembre1962 : Ben Bella au pouvoir

Le premier gouvernement de l'Algérie indépendante est constitué le 29 septembre 1962. C'est le chef du Front de libération nationale (FLN), Ahmed Ben Bella, figure de la guerre d'indépendance, qui est élu premier président du Conseil par la nouvelle Assemblée nationale algérienne, à 159 voix contre une. En 1963, il accède à la présidence qu'il occupera jusqu'en 1965, avant d'être renversé par le coup d'Etat de Houari Boumediene et d'être emprisonné et assigné à résidence jusqu'en 1980.


8 octobre 1962 : l'Algérie adhère à l'Onu

Suite logique de l'indépendance de l'Algérie, le pays veut exister sur le plan international. Il devient donc dans la foulée un membre à part entière de l'Organisation des nations unies, dès octobre 1962. La "République algérienne démocratique et populaire" est admise lors de la 1146e séance plénière, près de sept mois après les accords d'Evian.

 

10 avril 1964 : le dinar remplace le franc

L'indépendance de l'Algérie passe également par sa monnaie mais le pays n'en change pas immédiatement après l'indépendance. Il faudra en effet attendre deux ans avant que l'Algérie ne se dote officiellement de sa nouvelle monnaie. Jusqu'en 1964, c'est le (nouveau) franc algérien qui est utilisé dans le pays. C'est la loi du 10 avril 1964 qui institue l'unité monétaire du pays et qui crée le dinar algérien.



19 juin 1965 : le coup d'Etat de Houari Boumediene

C'est à la veille de l'été 1965 que l'ancien chef de l'Armée de libération nationale (ALN), Houari Boumediene, alors ministre de la Défense, renverse le président algérien Ahmed Ben Bella. Le nouveau pouvoir est un régime militaire. Sous la présidence de Boumediene est développée une politique de nationalisation : mines, hydrocarbures... Le putschiste restera à la tête de l'Algérie jusqu'à sa mort en 1978.

 

4 au 8 octobre 1988 : violentes émeutes à Alger

En octobre 1988, le régime autoritaire de Chadli Bendjedid, au pouvoir depuis 1979, va subir une vague de contestation. De violentes émeutes éclatent, notamment à Alger. 500 à 600 personnes périssent durant ces événements, l'armée tirant sur la foule. L'état de siège est déclaré. Le président Bendjedid est réélu en décembre de la même année après avoir promis des réformes, dans les domaines politique et économique. La nouvelle Constitution de 1989 instaure le multipartisme.

 

9 février 1992 : état d'urgence et guerre civile algérienne

En 1992, la situation dégénère en Algérie. Le second tour des élections législatives est annulé le 12 janvier 1992, au lendemain de la démission du président Bendjedid. En février, l'état d'urgence est proclamé dans le pays. En mars, le Front islamique du Salut (FIS) est dissous et la violence s'amplifie dans le pays. Le 29 juin de la même année, le président Boudiaf est assassiné par un garde du corps. Fin août, un attentat meurtrier frappe l'aéroport d'Alger, les autorités font exécuter ses auteurs.

 

24 décembre 1994 : la GIA détourne un Paris-Alger

En 1994, l'Algérie est toujours confrontée aux violences : attentats à la voiture piégée, assassinats, bombes dans les lieux publics... A la fin de l'année, le terrorisme algérien s'étend en France. Un commando islamiste prend le contrôle d'un avion d'Air France à l'aéroport d'Alger. Trois passagers sont exécutés et l'avion est détourné jusqu'à l'aéroport de Marseille-Marignane par les terroristes. Le GIGN intervient et abat les membres du commando. La Compagnie Air France suspend ses vols vers l'Algérie. D'autres attentats meurtriers suivront sur le territoire français durant l'année 1995.

 

27 mars 1996 : les moines de Tibéhirine sont assassinés

En 1996, la guerre civile a déjà fait entre 20 000 et 30 000 morts. En mars de cette année, sept moines français, basés à Tibéhirine, au sud de la ville d'Alger, sont enlevés et exécutés. Le Groupe Islamique Armé (GIA) revendique ces assassinats. La même année, en novembre, commencent les massacres de masse perpétrés contre les civils en Algérie, qui se poursuivront en 1997 et 1998.

 

15 avril 1999 : Bouteflika élu président

C'est avec 73,8 % des suffrages qu'Abdelaziz Bouteflika remporte l'élection présidentielle de 1999. L'opposition dénonce des fraudes lors du scrutin. Le nouveau chef d'Etat, qui se veut l'homme du changement, lance un référendum sur la "concorde civile". 98 % des votants diront "oui" à ces mesures de réconciliation nationale. Cette loi, qui accorde une amnistie partielle aux islamistes armés, ne ramènera pas la paix et le calme dans le pays. Les violences continuent après 1999 en Algérie : ainsi, la révolte qui dure trois mois en Kabylie en 2001 est violemment réprimée et plus de 100 personnes y trouvent la mort.


29 septembre 2005 : une charte pour la réconciliation nationale

Après plusieurs années de violences et 150 000 morts, le 14 août 2005 Abdelaziz Bouteflika annonce la tenue d'un nouveau référendum en septembre. Il veut soumettre sont projet de "Charte pour la paix et la réconciliation nationale" au peuple, qui l'approuve à plus de 97 %. Ce texte prévoit notamment l'abandon des poursuites judiciaires pour les islamistes ayant déposé les armes (mais pas aux personnes "impliquées dans les massacres collectifs, les viols et les attentats à l'explosif dans les lieux publics") et l'indemnisation des familles des victimes du terrorisme.

 

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