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"L'ami des femmes, le premier défenseur du monde entier"

 

Adolphe Bertron
Adolphe Bertron

Adolphe Bertron, féministe et visionnaire
Riche négociant, perçu par ses pairs comme légèrement fou, Adolphe Bertron se fait connaître en distribuant de nombreux tracts sur lesquels il ajoute sa photo. Il fut l'un des premiers à pouvoir financièrement se permettre cette originalité.
Dès 1848, il se présente à toutes les élections en tant que "candidat humain". Il fait l'éloge de l'humanisme et de la philanthropie et pense que les femmes doivent avoir une large place dans la vie politique. Il propose même de créer une assemblée parlementaire exclusivement féminine. Son message est en quelque sorte une synthèse personnelle de toutes les utopies de son siècle. Il s'érige en ennemi de la guerre, de la peine de mort et du clergé. "Faites écraser ces gens-là, je réponds de tout" dit-il un jour à un cocher au moment où son fiacre croise deux religieux.
Malgré des scores électoraux invariablement médiocres, il continue de battre campagne et multiplie les dépenses "humanitaires" en invitant à sa table des élus, des personnalités, ou en envoyant des télégrammes avec réponse prépayée aux plus prestigieux dans le seul but de pouvoir discuter avec eux de "l'ordre universel".

Le candidat perpétuel de l'univers
Mais surprise, en 1877, Adolphe Bertron accède enfin à son rêve puisqu'il remporte les municipales de Sceaux. Dans cette commune, il possède un château, qu'il nomme "le Palais de l'Humanité", sur les murs duquel il fait pousser poiriers et vignes afin que les passants puissent se servir librement.
Mais l'ambition de cet idéologue ne s'arrête pas là puisqu'il va même jusqu'à se déclarer "candidat perpétuel de l'univers", souhaitant instaurer "un gouvernement unique du globe terrestre fonctionnant par le suffrage universel des deux sexes où règneraient l'amitié, la gratuité et l'unanimité. En conséquence, la paix universelle sera établie pour l'éternité par l'abondance en tout et partout".

Quand il décède en 1887, un journaliste lui rend un dernier hommage : "Nous avons perdu le 'candidat humain', les périodes électorales promettent d'être bien ennuyeuses ! Dans les partisans de tous régimes, il voyait des Français, dans les habitants de tous pays, il voyait des hommes, je souhaiterais sa folie à bien des sages".

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