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Juin 2006

Nicolas Dupont-Aignan : "Je nommerais Nicolas Hulot ministre de l'Environnement et de l'Equipement"

Candidat à la présidentielle, le député de l'Essonne continue d'affirmer sa différence au sein de l'UMP. En chat sur L'Internaute le 31 mai, il a répondu à vos questions sur sa vision de la France et de l'Europe et sur son programme pour 2007.

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"Ma candidature peut contribuer à contenir la tendance à l'abstention ou à l'extrémisme"

Est-ce que vous vous sentez souvent seul dans votre parti ?

Nicolas Dupont-Aignan Oui et non. Oui vis-à-vis des dirigeants, non vis-à-vis des militants et des électeurs, car souvent je dis tout haut ce qu'ils pensent tout bas. De plus, j'exprime des convictions gaullistes oubliées à la direction de l'UMP.

 

Vous vous dîtes gaulliste. Qu'est-ce que ça veut dire pour vous ? En ce cas pourquoi faire partie de l'UMP et ne pas sortir du système des partis ?

Gaulliste, c'est pour moi placer au dessus de tout "une certaine idée de la France" : l'indépendance nationale, le volontarisme politique, les valeurs républicaines d'ordre et de justice sociale et surtout le pouvoir du peuple au-dessus de celui du régime des partis. C'est pourquoi la question de l'UMP est totalement secondaire par rapport à celle de la présidentielle.

 

De Gaulle aurait-il vraiment dit "non" à la Constitution européenne comme vous le prétendez ?

Je ne suis pas De Gaulle, mais je pense que cette constitution enlevait aux Français le droit élémentaire de la démocratie de décider par eux-mêmes des grands choix politiques. N'oublions pas que dans une Europe à 25, nous sommes très minoritaires sur des choix clefs comme, par exemple, le modèle social ou la guerre en Irak. Un système de majorité nous conduirait à subir des politiques contraires à nos intérêts. Je préfère l'Europe des projets concrets comme Airbus ou Ariane, l'Europe à géométrie variable au gré des volontés populaires de chacune des nations. Avec des parlementaires de dix nations, nous avons hier présenté un manifeste pour justement proposer une autre Europe.

 

En quoi voter "non" a-t-il vraiment fait avancer les choses, et où est le plan B ?

Le plan B existe bien évidemment car en politique il n'y a jamais un seul chemin. Mais force est de reconnaître que les dirigeants européens refusent le vote des Français et des Hollandais, jouent la crise pour les culpabiliser et refusent de débattre d'un autre traité qui aurait l'avantage de prendre en compte les souhaits des Européens de limiter les frontières, de se servir de l'euro pour la croissance économique, d'éviter les délocalisations en rétablissant la préférence communautaire, de permettre des coopérations scientifiques… Voilà le plan B qui, pas seulement en France mais dans quantité de pays, fait unanimité.

 

"On se polarise sur la peinture des cages d'escaliers, mais on n'offre pas les conditions minimales de l'ascenseur social"

C'est le fait d'être unis dans nos politiques sociales et économiques qui donne de la force à chaque Etat membre de l'UE. Comment comptez-vous lutter contre les autres grandes puissances (USA, Chine, Russie...) tant que l'Europe n'aura pas été faite ?

L'Europe ne se fera pas en imposant un costume unique à des peuples très différents mais justement en unissant nos forces pour relever les défis de la mondialisation. C'est par des projets industriels, technologiques, universitaires, culturels que nous y arriverons et non par l'usine à gaz bruxelloise qui désarme par idéologie ultralibérale nos économies.

 

Déjà 19 candidats aux élections présidentielles. N'est-ce pas un peu ridicule ?

Attendons les signatures des maires avant de dire combien il y aura de candidats. Ce qui compte c'est le projet présenté. Pour ma part, je crois pouvoir disposer des signatures car aujourd'hui aucun candidat ne porte les convictions gaullistes et républicaines que je défends. Jean-Pierre Chevènement ne sera pas présent à gauche, l'UMP n'a plus rien de gaulliste et Philippe de Villiers est parti dans une course à l'extrême droite avec Jean-Marie Le Pen. Je veux offrir un vrai choix politique entre la pensée unique qui inspire le PS comme l'UMP et échoue depuis 20 ans, et les extrêmes qui parlent fort mais proposent des solutions simplistes. Mon projet sera concret. J'ai déjà publié 36 premières propositions en ligne sur le site deboutlarepublique.com. D'autres suivront pour enfin contribuer à un débat politique qui ne se résumera pas, je l'espère, au show-biz ou aux provocations en 2007. Le débat sur le référendum, notamment par Internet, a prouvé que les Français attendaient un échange sérieux et des personnalités nouvelles.

 

Le Pen au second tour, cela ne vous effraie-t-il pas un peu ?

Le Pen existe parce que justement la droite comme la gauche cadenassent le jeu politique et parce que les médias, dans la course à l'audimat, n'ont plus la possibilité d'offrir de vrais débats de fond. Ma candidature justement peut contribuer à contenir la tendance à l'abstention ou à l'extrémisme.

 

Comment comptez-vous résoudre la crise des banlieues ?

Au cœur de la crise des banlieues, il y a trois lacunes majeures de notre République : le chômage qui gangrène tout et c'est pourquoi je prône une autre politique économique et notamment européenne. L'école qui n'intègre plus par laxisme et démagogie. La justice qui ne fonctionne pas et ne punit pas les fauteurs de trouble, entraînant un amalgame désastreux entre quelques voyous et toute une jeunesse en perdition. On se polarise sur la peinture des cages d'escaliers, dépensant des milliards pour les rénovations, mais on n'offre pas les conditions minimales de l'ascenseur social.

 

Que proposeriez-vous à la place de la discrimination positive, pour une meilleure intégration dans les différents milieux de la société ?

La discrimination positive est une inégalité de plus comme les dames patronnesses du XIXème siècle avaient leurs pauvres et faisaient la charité. Je propose la méritocratie républicaine qui consiste à aider davantage ceux qui partent de plus loin mais qui maintient l'exigence de niveau. Pour prendre un exemple, la discrimination positive c'est créer un examen différent pour ceux qui viennent des banlieues. Mon projet, c'est mettre les moyens pour aider les jeunes des banlieues à réussir le même examen que les autres. Car une fois qu'ils ont réussi, on ne regarde plus alors la couleur de leur peau, sinon on arrive aux aberrations américaines

 

"La discrimination positive est une inégalité de plus"

En quoi consisterait votre "service civil obligatoire" ?

Chaque jeune de notre pays donnerait trois mois de sa vie à ses concitoyens sous la forme d'une période dans une collectivité locale, dans un hôpital, dans un pays en développement, dans une institution culturelle. L'objectif : sortir les jeunes de leur petit milieu, leur faire découvrir autre chose. Leur donner une chance d'apprendre ou de retrouver le goût d'apprendre et enfin leur faire prendre conscience qu'on ne peut pas simplement recevoir de la collectivité, sans lui donner aussi quelque chose.

 

Etant Yerrois, j'ai vu vos actions de terrain en faveur du développement durable dans notre ville. Etes-vous prêt à vous engager dans une politique plus volontaire sur le plan national ? Etes-vous favorable à un ministère d'Etat pour le développement durable ?

Si j'étais président de la République, je nommerais Nicolas Hulot ministre de l'Environnement et de l'Equipement ! Il faut en effet en finir avec ce ministère alibi et regrouper sous l'autorité d'un "écologiste" plusieurs ministères. Le monde politique, de gauche comme de droite, n'a pas compris que la question climatique était sans aucun doute le sujet majeur des 20 prochaines années. Il est possible de créer en France une vraie croissance économique sur l'environnement mais cela veut dire une inversion des valeurs et un immense courage politique. La fin d'un système à court terme qui nous précipite dans le mur. Cela implique aussi une France qui retrouve un minimum d'indépendance vis-à-vis de Bruxelles qui lui impose le nivellement social et environnemental par le bas. Les négociations à l'OMC sont vitales.

 

Que pensez-vous des différents projets de VIème République ?

La Vème République a été dénaturée par un pouvoir sans scrupule, de Mitterrand à Chirac. Aucune institution ne peut remplacer la qualité des hommes. Je suis sceptique sur l'idée d'une VIème République, nouvelle tarte à la crème qui permettrait de tout résoudre. Pour moi, la vraie question est de redonner au peuple le pouvoir qui aujourd'hui appartient à quelques entreprises. Il reste que la Vème République mérite d'être corrigée. Je propose notamment l'instauration du référendum d'initiative populaire ou la revalorisation du rôle du parlement.

 

Pourquoi s'opposer à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne alors qu'on leur promet depuis des décennies ?

L'entrée de la Turquie dans l'Union ferait exploser l'Europe et c'est bien pourquoi les Américains en rêvent. L'Union est déjà incapable d'accueillir correctement les dix nouveaux pays et vous voulez qu'une nation si différente des nôtres puisse assimiler 80 000 pages de normes. C'est impossible, et je crois préférable d'offrir à tous les grands pays qui bordent l'Union un vrai partenariat. Russie, Ukraine, Turquie, Israël, Egypte, Maghreb sont des éléments clefs de l'avenir de l'Europe, mais doivent trouver un développement articulé avec le nôtre.

 

"L'aministie de Guy Drut ? J'ai la nausée"

La lutte contre l'immigration semble être votre seul point d'accord avec Nicolas Sarkozy ?

Oui et non. Oui, car j'ai bien conscience comme lui que nous ne pouvons plus accueillir dans des conditions décentes de nouveaux étrangers. Non, car je refuse ce concept d'immigration choisie qui me choque. Je crois en effet que nous devons en priorité tout faire pour former les jeunes notamment issus de l'immigration, pour occuper les emplois de notre pays plutôt que de céder au Medef qui veut importer de la main d'œuvre sociale et bon marché. Je crois aussi que nous ne résoudrons ce problème qu'en développant l'Afrique et donc en ne leur prenant pas leur forces vives.

 

Que pensez-vous de l'amnistie de Guy Drut ?

J'ai la nausée.

 

La fin de la présidence de Jacques Chirac est marquée par de nombreux scandales. Pensez-vous que la classe politique française va affronter une crise morale sans précédent ?

Elle l'affronte déjà. La crise morale est indissociable de l'absence de projets pour notre pays. Leur seul objectif : avoir le pouvoir et le conserver. La politique pour moi doit être l'inverse : servir son pays et ne pas se servir.

 

Pour les députés de la majorité, ne serait-il pas plus responsable (quitte à embêter un peu le Président Chirac) de déposer une motion de censure afin d'obtenir la désignation d'un nouveau Premier ministre ?

La motion de censure pour moi sera la présidentielle. C'est pourquoi je m'y prépare. Je sais que certains doutent de ma candidature mais vous verrez que j'en surprendrais plus d'un.

 

N'est-ce pas un peu facile de taper sur l'UMP pour se faire une place parmi les grands ? Et éventuellement contre-productif, car à un moment il ne restera que des ruines ?

Qui offre les ruines ? Moi ou les dirigeants qui ne connaissent plus leur propre pays, qui ne tiennent pas compte du vote des Français, qui s'envoient à la figure des scandales et qui gracient leur copain ? C'est mon devoir, justement vis-à-vis de ma famille politique, de proposer autre chose et de répondre à ce courant historique qui ne croit pas en la France rétrécie, mais qui croit en la France républicaine attachée à des valeurs fortes de liberté, d'égalité et de fraternité. Je n'ai aucun complexe et j'irai jusqu'au bout

 

Quand allez-vous finir par quitter l'UMP ?

Laissez un peu de temps au temps. Mais ce serait un comble d'être obligé de partir alors que c'est moi qui demande le respect des engagements de 2002, et qui, avec sincérité, propose des solutions pour le pays. Il reste qu'en étant candidat à la présidentielle, bien évidemment, je ne m'adresse plus à l'UMP mais aux Français.

 

"Je suis sceptique sur l'idée d'une VIème République qui permettrait de tout résoudre"

Que représente aujourd'hui votre courant au sein de l'UMP ?

Je n'en sais rien, car il n'y a plus de démocratie dans ce parti. Je crois cependant que beaucoup plus de militants qu'on ne l'imagine regardent avec bienveillance ce que je fais. Mais soyons clairs, l'important est de reconstruire la vie politique française. Nicolas Sarkozy propose un projet conservateur, libéral et européen. Je proposerai un projet national, républicain et social. Vous retrouvez là les courants politiques français anciens. En 1995, il y avait bien 2 candidats. Ce qui compte, encore un fois, ce n'est pas l'étiquette partisane, mais le projet présidentiel. La question des partis reviendra au lendemain de l'élection présidentielle et c'est pourquoi je dis à ceux qui veulent offrir un nouveau mouvement, aidez-moi à avoir le plus grand score possible en 2007.

 

Quels sont vos plans pour l'après-présidentielle ?

Tout dépendra de mon score. Si je devais prendre un phrase pour résumer ma démarche, il faut en 2007 faire la révolution du bon sens. Révolution car le système est carbonisé. Du bon sens car nos compatriotes veulent du solide, du sérieux, pas de démagogie et le retour aux valeurs fondatrices de notre République.

 

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