Interview
 
Novembre 2007

"J'ai entendu des grenailles cogner. Je me suis abrité derrière une voiture"

Alexandre Renahy, 20 ans, était dimanche à Villiers-le-Bel (Val d'Oise). Il a pris plusieurs clichés des affrontements entre les jeunes et les forces de l'ordre.
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Emeutes à Villiers-le-Bel
 
La mort de deux adolescents dans un accident entre une moto et une voiture de police à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) a déclenché des violences. Agrandir la photo © Alexandre Renahy
 

Alexandre Renahy, 20 ans, est photographe indépendant et travaille dans l'hôtellerie. Il a publié ses clichés dans la galerie photo de L'Internaute.

 

Qu'avez-vous vu à Villiers-le-Bel ?

J'ai vu pas mal de policiers blessés car ils ont pris des grenailles dans les yeux. Les affrontements ont été très très violents. Les émeutiers ont tiré des grenailles, des cocktails molotov, lancé des pavés. C'était assez surprenant car la police a, face à eux, dû reculer plusieurs fois. En fait, cela a commencé assez tôt. J'y suis arrivé à 18 h et une heure plus tard, une bonne centaine de jeunes a commencé à participer aux affrontements.

 

"J'ai vu un photographe recevoir de la grenaille
dans le visage"

Avez-vous craint pour votre sécurité ?

Non, je suivais les CRS. Ils étaient très bienveillants avec les photographes. A un moment, j'ai entendu des grenailles cogner contre un immeuble. Je me suis abrité derrière une voiture. J'ai vu un photographe qui a reçu un peu de grenaille dans le visage. Mais ça n'avait pas l'air très grave. Après, j'ai entendu qu'un caméraman avait été molesté par des émeutiers. Visiblement, il y a eu assez de policiers blessés et assez peu d'émeutiers interpellés.

 

Emeutes à Villiers-le-Bel
 
Les jeunes émeutiers ont incendié des voitures, des garages et deux postes de police ont été saccagés. Agrandir la photo © Alexandre Renahy
 

Êtes-vous entré en contact avec les émeutiers ?

Oui, j'ai discuté d'ailleurs avec plusieurs émeutiers. Ils essayaient d'épargner les voitures. Je ne les défends pas du tout, je suis contre ce qu'ils font. Mais ils avaient quand même des revendications. Ils étaient convaincu que la police avait fait ça sciemment. Et ils voulaient que toute la lumière soit faite sur l'affaire. Je suis resté sur place jusqu'à 23 h 30 pour voir s'il se passait encore quelque chose. Le lendemain, j'y suis repassé. Il n'y avait plus de traces de l'accident mais les affrontements continuaient.

Voir toutes ses photos dans la galerie de L'Internaute

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