 |
|
|
Photo © L'Internaute
Magazine
|
|
Que pensez-vous des dernières mesures
que propose le gouvernement vis-à-vis des chiens dangereux
?
La SPA est hostile à ce type de mesures.
Elles ne concernent que les chiens dits dangereux, des catégories
1 et 2 instituées par la loi de 1999, et ne prend pas le
problème de façon globale. Ce sont des mesurettes de précipitation
et elles ne prennent pas en compte ce que demande la SPA.
Est-ce que vous rejetez l'ensemble des
propositions de Michèle Alliot-Marie ? Par exemple
la formation au dressage ou le permis ?
Ces propositions sont bonnes et la SPA
les demande depuis de nombreuses années. Mais pourquoi les
limiter aux chiens de deuxième catégorie ? Ce sont
deux dogues qui ont mordu la petite fille ce week-end, des
chiens qui n'appartiennent à aucune catégorie. C'est dans
cette catégorisation que le bas blesse, et ces mesures témoignent
d'une méconnaissance du sujet et du comportement canin.
Je suis choqué qu'on parle "d'euthanasie"
de chiens facilitée. Depuis quand les chiens demandent-ils
à abréger leurs souffrances ? N'est-ce pas une expression
politiquement correcte pour parler du meurtre des animaux ?
Cela fait partie des mesures choquantes.
Dans cette proposition, la Ministre souhaite donner le pouvoir
d'euthanasie aux maires en cas de suspicion de dangerosité.
Qui diagnostiquera l'agressivité ou la dangerosité ? Le
Maire ? Un vétérinaire donnera-t-il son avis pour ou contre
l'euthanasie ? Cette mesure risque de déclencher une psychose
et risque d'encourager les maires à agir, et à agir vite,
dans la précipitation. Cette mesure est condamnanable. La
SPA le répète depuis deux jours.
Cet été, Michèle Alliot-Marie a parlé
d'interdire le croisement entre le labrador et le boxer
: pourquoi ?
C'est une incompréhension de sa part. La
SPA a indiqué que ce type de croisement pouvait donner naissance
à des chiens ayant une morphologie assimilable au type pittbull,
et qui relèveraient donc de la catégorie 1 et donc de l'euthanasie
en vertu de la loi de 1999. C'est ce que la SPA avait tenté
d'expliquer à la Ministre, mais cela n'a pas été compris.
C'est qu'un croisement apparemment anodin pouvait donner
des chiens sympas mais étant morphologiquement assimilés
au pittbull. C'est en cela qu'on lui a expliqué que ce n'est
pas la race qui fait qu'un chien est ou n'est pas dangereux,
c'est le sevrage, l'éducation et la formation de son maître.
Savez-vous comment les propositions de
MAM ont été élaborées ? Y a-t-il eu des experts, vous a-t-on
demandé votre avis, celui de vétérinaires ?
La SPA était présente à la réunion fin
août au cours de laquelle nous avons demandé au ministre
de ne pas agir dans la précipitation et de ne pas prendre
des mesurettes de "communication". Celle-ci nous avait assuré
que la SPA serait consultée dans le courant du mois de septembre
sur ces questions. Nous avons, à plusieurs reprises, relancé
le Ministère : silence radio. Et nous apprenons ce week-end
que 6 mesures vont être bientôt adoptées. La SPA n'a pas
été consultée et lorsqu'on analyse l'inapplicabilité et
l'incohérenc e de ces mesures, je me questionne sur leurs
auteurs.
On a beaucoup entendu vos réactions dans
les journaux à la nouvelle législation prévue par la ministre
de l'Intérieur. Allez-vous solliciter un rendez-vous ?
Nous avons sollicité un rendez-vous dès
ce matin. Nous attendons la réponse. Ce qui nous déçoit
profondément, c'est que ces mesures semblent déjà prêtes
dans l'esprit du Ministère. J'ai peur qu'il y ait peu de
place pour la négociation. Dans ce cas, et si nous ne parvenons
pas à mettre en avant nos propositions, nous le dirons.
Les médias vous ont-ils beaucoup sollicité
depuis le début des affaires sur les chiens ? Les associations
de victimes humaines ont beaucoup eu leur mot à dire, qu'en
a-t-il été des associations de défense des animaux ?
La SPA a toujours été largement sollicité
par les médias lorsqu'un accident mettait en cause un chien.
Il est vrai que depuis quelques mois, la médiatisation est
encore plus forte. La SPA apparait comme un interlocuteur
raisonné et raisonnable pour les pouvoirs publics.