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INTERVIEW
Mars 2007
"Le nouveau scanner mobile nous permettra de moins contrôler au hasard"
Quelle est la principale évolution dans vos résultats en 2006 ? L'évolution la plus spectaculaire concerne les saisies d'objets de contrefaçon : nous avons battu cette année le record des 6 millions d'articles saisis. Et également celui des 13 000 contrôles positifs. Cette contrefaçon, de plus, s'est étendu aux biens de consommation et touche désormais tous les secteurs de l'économie. Elle n'est plus seulement liée aux marques de luxe. On a ainsi réalisé des saisies de conserves alimentaires, de boissons type sodas ou de rouge-à-lèvres. Ce qui pose des problèmes de sécurité pour le consommateur. Enfin, on remarque que la part des produits destinés au marché français augmente de façon spectaculaire. On est passé de 10 % au début des années 2000, à 50 % aujourd'hui. La France n'est plus seulement un pays de transit.
Comment expliquez-vous ces évolutions ? Est-ce que c'est la douane qui est plus efficace ou la contrefaçon qui augmente ? C'est difficile de faire la part des choses : nous sommes plus mobilisés mais la contrefaçon aussi change. Nous sommes plus mobilisés car, depuis 3 ans, la recherche de contrefaçon est une priorité d'action dans tous les vecteurs : le transport routier, les foires et marchés (lieux privilégiés d'écoulement), ou encore les envois postaux (à cause, notamment, du développement de la vente à distance avec Internet).
Comment luttez-vous contre la contrefaçon ? Nous tentons d'enrayer la contrefaçon non seulement avec la répression, mais aussi grâce à la sensibilisation et l'information, notamment auprès des vacanciers avant l'été. On essaie de leur expliquer qu'ils alimentent, en achetant des objets de contrefaçon, des circuits de délinquance organisée. On joue également sur le facteur "danger". Les jouets, par exemple, ne respectent aucune norme de sécurité. Ils paraissent inoffensifs mais n'ont passé aucun contrôle.
Comment se positionne la France par rapport aux autres pays européens en matière de lutte contre la contrefaçon ou le trafic de stupéfiants ? La France est à la pointe en ce qui concerne la législation. D'ailleurs, la réglementation européenne en la matière est largement inspirée de la nôtre. En France, la contrefaçon est un délit depuis 1994, car, s'attaquant à nos marques de luxe, elle a vite représenté un enjeu économique. En ce qui concerne les quantités saisies,
c'est difficile de comparer avec d'autres pays car nous n'avons pas la même manière de compter, mais on est parmi les pays qui saisissent le plus car on est un pays de transit vers l'Afrique (pour les médicaments), et vers l'Amérique latine (par les aéroports parisiens). Quels sont les points d'entrée les plus "chauds" en France ? Principalement : les ports (Le Havre notamment) où débarquent de nombreux conteneurs, et les entrées maritimes en général. Les aéroports internationaux. Et le vecteur postal (par lequel 75 000 articles ont été saisis en 2006). Pour la contrefaçon, on surveille particulièrement les foires et marchés, ainsi que des entrepôts dans lesquels on effectue de nombreux contrôles.
Quelles sont vos sources ? Pourquoi contrôler un entrepôt plutôt qu'un autre ? Nous travaillons avec des informateurs. Les collègues étrangers nous donnent également de nombreuses informations. Lors des contrôles, les brigades peuvent aussi trouver d'autres informations que la marchandise en elle-même. Enfin, nous avons un service de renseignements qui croise les informations et mène des enquêtes.
Quelle est la plus grosse saisie de stupéfiants effectuée cette année ? Les plus grosses saisies sont effectuées directement en mer, par nos services de garde-côtes placés sur toutes les frontières y compris aux Antilles. Ils disposent d'avions, de bateaux, de vedettes et d'hélicoptères. Une saisie de 4 tonnes de régimes de cannabis a ainsi été réalisée du côté de Boulogne-sur-Mer en novembre 2006. Pour l'héroïne, la pus grosse saisie a été effectuée en février 2006 à Dunkerque : il s'agissait de 305 kilos d'héroïne. Les saisies pour les drogues dures, de façon générale, ont beaucoup augmenté en 2006 (de plus de 80 %).
Vous venez d'inaugurer votre premier scanner mobile. A quoi servira-t-il ? Principalement, à fluidifier le commerce car notre rôle, en plus de la répression et du contrôle, est de promouvoir le commerce extérieur. Pour caricaturer, on peut dire que l'on aide les entreprises honnêtes à améliorer leur compétitivité et que l'on réprime les entreprises qui fraudent. Nous essayons donc au maximum de ne pas gêner la circulation des marchandises. Le scanner mobile nous permettra de contrôler 12 camions par heure, donc de gagner en efficacité, tout en immobilisant très peu de temps les camions. On repérera, grâce à la radio du scanner, s'il y a des masses suspectes à l'intérieur du véhicule et on décidera alors de fouiller ou non. L'idée est de moins contrôler au hasard.
Y aura-t-il d'autres scanners mobiles ? Nous en aurons 4 à la fin de l'année, mobiles sur tout le territoire.
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