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Couronnement d'Elizabeth II Photo ©
Roger-Viollet |
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| "L'événement
majeur de son règne est l'adhésion du Royaume-Uni à la CEE" |
Quels ont été les événements majeurs de son
règne ?
Ce sont tous les événements qui se sont imposés à Elizabeth II.
Le premier d'entre eux est l'adhésion du Royaume-Uni à la Communauté européenne
en 1973. La reine n'a pas eu son mot à dire et ne pouvait pas s'y opposer. Et
même si elle est favorable à l'idée de mettre "la Grande-Bretagne au cœur de l'Europe",
elle s'inquiète de l'avenir du Commonwealth, qui reste sa priorité.
L'autre
événement significatif du règne d'Elizabeth II est le mariage de Charles et Diana
en 1981. C'est à ce moment-là que commence la médiatisation de la famille
royale. Avant, rien ne devait "transpirer" de leur vie privée. Dans les années
1980, la machine médiatique s'emballe, jusqu'à mettre sur écoute Charles et Diana.
Le troisième événement est la mort de Diana et la grave crise qu'elle a déclenchée.
Enfin, le Jubilé d'or en 2002. Ce grand concert, réunissant tous ces vieux
rockers anglais venus acclamer la reine pour le 50e anniversaire de son accession
au trône, symbolise à merveille le succès de son règne. Evidemment, il est possible
de citer de nombreux autres événements : "l'annus horribilis" de 1992, la démission
de son Premier ministre Harold MacMillan en 1957, la sortie du film "Royal family"
à l'instigation du duc d'Edimbourg en 1969.
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Elizabeth II et son époux le prince Philip. Photo
© Roger-Viollet |
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A la mort de Diana, ce n'est qu'une partie de l'Angleterre qui s'est retournée
contre la reine" |
Dans le film de
Stephen Frears, "The Queen", comme dans votre livre, la mort de Diana a été
la plus grave crise de son règne. Pourquoi cette crise ?
Ce que les Anglais
ont mal vécu à ce moment-là, c'est cette impression de vacance du pouvoir : la
reine les avait abandonnés dans un moment douloureux. Mais plusieurs raisons expliquent
très bien sa réaction.
La première est qu'Elizabeth II est persuadée
que son rôle est de protéger ses petits-enfants. Avec sa "folle de belle-fille"
et son "instable de fils", je me mets à sa place bien sûr, elle n'a pas d'autre
choix, en tant que mère et reine, que de protéger les enfants, et notamment le
futur héritier. Ensuite, c'est le rôle du Premier ministre Tony Blair de rassurer
les Anglais.
La seconde raison réside sans doute dans le ressentiment
qu'elle a envers Diana. Depuis le divorce en 1996, elle est devenue un "loose
cannon", un électron-libre, qui se répand dans la presse, s'affiche ouvertement
avec des hommes, avec les Al-Fayed père et fils en particulier, et empiète sur
les plates-bandes de la Reine en faisant de l'humanitaire.
Enfin, dans
les moments difficiles, on suit ce que l'on connaît pour se rassurer. Dans le
cas de la Reine, elle suit le protocole. D'où sa résistance à mettre le drapeau
de Buckingham Palace en berne. Celui-ci ne flotte que lorsque la famille royale
est au Palais. Or, ils sont à Balmoral, leur résidence d'été. Ensuite, il ne peut
être mis en berne que pour le décès d'un membre de la famille royale : Diana n'en
fait plus partie théoriquement. En son for intérieur, ces décisions sont les bonnes.
La monarchie a-t-elle été en danger ?
Au
moment où j'ai couvert l'événement, je me suis trompé, comme bien d'autres, dans
l'analyse de la crise entre la reine et ses sujets. Ce n'est qu'une partie du
peuple, plutôt citadine, les minorités, les gays et lesbiennes, les femmes célibataires
ou divorcées, cette Angleterre en rébellion que symbolisait Diana, qui a manifesté
son mécontentement vis-à-vis de la reine. Et on a oublié l'autre Angleterre, légitimiste,
provinciale, protestante, qui n'a pas manifesté son soutien à Elizabeth II parce
que ce n'est pas son genre de défiler, mais qui l'approuvait en silence.
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La
reine et ses premiers ministres
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