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Elizabeth II et Margaret Thatcher, Premier ministre de 1979
à 1990. Photo © Roger-Viollet |
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Avec Margaret Thatcher, leurs relations étaient plus complexes" |
Quel type de relation ont Elizabeth II
et Tony Blair ?
On a dit : "la reine n'aime pas Tony Blair". En réalité,
personne ne sait. Le tête-à-tête hebdomadaire entre la reine et son Premier ministre
a lieu dans le bureau de la souveraine et aucun collaborateur n'est invité à y
participer. Personne ne peut donc témoigner. Et aucun des deux concernés ne les
a jamais évoquées.
Toutefois, ce que je crois c'est qu'elle a bien accueilli
Tony Blair, contrairement à la version proposée par Stephen Frears dans "The Queen".
Elizabeth II a vu d'un bon œil l'arrivée d'un travailliste après 18 années dominées
par les "Tories". De même, elle est sans doute favorable à son programme
en matière de politique étrangère : la Grande-Bretagne au cœur de l'Europe, le
maintien de la relation spéciale avec les Etats-Unis, l'augmentation de l'aide
à l'Afrique, et même la guerre en Irak.
Par contre, certaines réformes
ont dû susciter l'hostilité de la reine comme l'affaiblissement du pouvoir central
en créant un Parlement écossais et une Chambre galloise, l'interdiction de la
chasse à courre, la suppression des régiments les plus prestigieux de l'armée,
ou l'autorisation du mariage homosexuel. Mais la bête noire d'Elizabeth II est
moins le Premier ministre que la femme de celui-ci, Cherie Blair. Si son épouse
se vante d'être profondément républicaine, Tony Blair est un monarchiste
convaincu.
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Elizabeth II et Nelson Mandela. Photo
© Roger-Viollet |
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| "Elle
est le chef du Commonwealth, et influence les décisions qui concernent les anciennes
colonies" |
Vous consacrez tout
un chapitre aux Premiers ministres qui ont travaillé avec la Reine : à votre avis
quel a été son favori ? Elizabeth II était très proche de Winston Churchill,
son premier chef de gouvernement de 1951 à 1955. Il a sans aucun doute joué le
rôle de mentor et de père de substitution pour la jeune reine. J'ai eu un entretien
avec la propre fille de Churchill, Lady Soames, qui a confirmé que son père et
la reine avaient une relation très étroite. A la mort de Churchill, en 1965, Elizabeth
II a même autorisé des funérailles nationales. Pareil égard étant traditionnellement
réservé aux membres de la famille royale.
Et Margaret Thatcher
?
Avec Margaret Thatcher, la situation était plus complexe. En premier
lieu, parce que c'était une femme au caractère bien différent de celui de la reine.
En second lieu, la politique sociale très dure menée par Margaret Tchatcher dans
les années 1980 a été assez mal ressentie par la Reine, qui lui reprochait son
manque de compassion pour les plus démunis. Mais leurs relations sont toujours
restées courtoises et empreintes d'un grand respect.
Vous dites
qu'Elizabeth II règne sur "les cygnes, les baleines et les esturgeons" ? La reine
se contente-t-elle d'inaugurer les chrysanthèmes ?
La reine n'a aucun
pouvoir politique, seulement des droits. Un journaliste, Walter Bagehot, les a
définis dans une maxime devenue célèbre : "Formuler des avertissements, donner
des encouragements et des conseils". Pour autant, la reine n'est pas un "chef
d'Etat potiche", elle a quatre rôles principaux. Tout d'abord, un rôle institutionnel
: c'est la reine qui nomme le Premier ministre. Elle est ensuite le symbole de
l'unité de la nation. Un rôle essentiel aujourd'hui, alors que les revendications
autonomistes se multiplient, en Ecosse notamment. Elle est le chef du Commonwealth,
et par conséquent, influence les décisions de politique internationale qui concernent
les anciennes colonies. Enfin, un rôle souvent mésestimé par les observateurs
étrangers : la philanthropie. 3 500 organisations philanthropiques
sont parrainées par un membre de la famille royale, dont plus de 600 directement
par Elizabeth II.
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monarchie britannique, une exception ?
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