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INTERVIEW
 
Mars 2007

"Je veux faire des personnages que je photographie des héros"

Tina Mérandon est photographe. Du 15 mars au 31 avril 2007, son exposition "Vertigo 1" investit les murs de la Galerie Hors Sol, à Paris. Une série de portraits d'hommes et de femmes, tous issus du monde des affaires et de la politique. Rencontre.

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Pourquoi n'avoir choisi que des hommes politiques ou des femmes d'affaires et pourquoi ce regard si décalé ?
En fait, ces photos sont une commande du quotidien Le Monde pour une série intitulée "Décryptage portrait" sur des hommes et des femmes qui évoluent dans le monde politique ou le monde des affaires. Le journal ne souhaitait pas montrer une image complaisante mais un portrait différent de ce que l'on peut voir d'ordinaire. Il s'agissait de percer la carapace de ces personnages, de retrouver leur coté humain. La démarche est particulière.

Cela vous a-t-il plu de photographier des politiques ?

J'ai beaucoup aimé photographié ce milieu, ces hommes et ces femmes qui sont des icones de pouvoir. J'aime ce qu'ils concentrent en eux, toute cette ambition, cette volonté. Ce sont des gens qui sont beaucoup photographiés. Ils sont très sollicités, ils ont une image publique et eux-mêmes ont soif de cette image. Leurs personnalités sont très fortes, ils ont souvent fait des choix drastiques, des choix de vie très importants pour réussir. Alors, ils m'ont tous

Philippe Herzog, derrière le Sénat
Philippe Herzog 2006 Photo © Tina Mérandon

beaucoup intéressée, ils m'ont beaucoup inspirée, de façon différente, à chaque fois et pour diverses raisons.


Se laissent-ils prendre facilement au jeu ?

Ils se prêtent très bien au jeu, même si ce sont des gens très occupés. Je n'ai pas eu beaucoup de temps, environ dix à trente minutes pour chacun d'eux. Mais je réalise un travail en amont. Je repère les lieux, je lis beaucoup de choses sur la personne que je vais photographier, je m'intéresse à elle, je tente de la cerner.


Comment travaillez-vous pour réussir à faire tomber les masques en si peu de temps ?
Chaque photo est une nouvelle aventure. A chaque fois, je les préviens avant, je leur dis : "Je vais vous faire des propositions et puis, vous me dites si je vais trop loin, si ce que je souhaite vous met mal à l'aise, si cela vous gène." J'aime énormément le cinéma et je fais de ces personnages des héros. Je veux que ma photographie raconte une histoire et que mon sujet en soit le protagoniste. Mais c'est une histoire que l'on doit pouvoir lire en une image, alors j'essaye de donner à chaque cliché une atmosphère bien particulière, un regard unique.


Comment vous-y prenez-vous ?

Par exemple quand j'ai travaillé avec Philippe Herzog (ndlr : Philippe Herzog est un ancien député européen et fait partie du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre), je lui demandais de

Françoise de Panafieu, à l'Assemblée nationale
Françoise de Panafieu Photo © Tina mérandon

marcher, puis de se retourner tout à coup, comme s'il était suivi. Il s'est vraiment pris au jeu et les photographies nous montrent un homme qui a l'air grave, comme si, effectivement, il cherchait quelque chose, comme s'il était en quête. Ma démarche est différente avec chaque personne. Des fois c'est plus difficile, on ne sait pas vraiment où on va. Avec Françoise de Panafieu (ndlr : Françoise de Panafieu est député maire du XVIIe arrondissement parisien) c'était le cas. Il y avait ce canapé rouge à l'Assemblée nationale. Elle ne comprenait pas où je souhaitais l'emmener. Et puis tout à coup, il y a eu cette position, son visage de trois quart, ce vide à coté d'elle et la photo était là… C'est un moment magique. Après un long tâtonnement, il y a soudain un déclic.

Avez-vous rencontré des échecs ?

Ca marche toujours, même si c'est difficile au début, il y a toujours un moment où je fusionne avec le personnage et finis par trouver ce que je cherchais.

Quelle est la réaction des gens que vous prenez en photo lorsqu'ils voient leur portrait ?
La plupart du temps, ils sont très contents. J'ai eu plusieurs retours très positifs, de Marie-George Buffet ou de Françoise de Panafieu par exemple.


» Les photographies de Tina Mérandon sont exposées du 15 mars au 21 avril à la Galerie Hors Sol, à Paris.

Galerie Hors Sol
4, rue Chérubini,
75002 Paris
(0033) 01 48 05 78 58
Du mercredi au samedi
15 heures à 19 heures et sur rdv

EN IMAGES Les photos de Tina Mérandon
 
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