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La sévérité de la ministre de la Justice à l'égard des récidivistes est partagée par la majorité des lecteurs. Plus des trois quarts d'entre vous approuvent cette réforme pour différentes raisons.


La jeunesse n'est pas une excuse

Casseurs
"Jeunes majeurs ou vieux ados, seule la gravité des actes compte", Bernard

Pour Pierrette d'abord, "il est tout à fait normal qu'un mineur, déjà confronté auparavant à la justice, soit sanctionné comme un majeur". Un avis que partage Domino : "Si des jeunes de 16-18 ans sont capables d'accomplir des actes répréhensibles, ils doivent tout aussi bien être capables d'en assumer la responsabilité et être punis." Du Brésil, Bernard apporte aussi sa contribution au débat. Selon lui, "n'importe quel éducateur peut dire que les enfants de 5 ou 6 ans savent déjà la différence entre le bien et le mal". Christian, de La Réunion est lui aussi "100% pour". Et il résume assez bien l'avis des autres : "jeunes majeurs ou vieux ados, seule la gravité des actes compte."


La fin de l'angélisme

C'est aussi le ras-le-bol qui pousse certains d'entre-vous à approuver le projet de loi. Solange, par exemple, n'hésite pas à faire part de son expérience personnelle : "J'ai vécu 25 ans dans un quartier dit "difficile" où j'étais présidente d'une maison de quartier... Les 13-17 ans étaient les plus durs, mais jamais punis", s'insurge-t-elle. "Assez d'angélisme", ajoute Joseph de Vitrolles. "Bien sûr, il faut donner à ces enfants l'éducation que les adultes n'ont pu, ou plutôt, n'ont pas voulu leur donner. Mais il faut, par la même occasion, leur montrer que l'on ne peut pas faire certaines choses impunément."


La prison : une bonne solution ?

Mais ces arguments ne vous empêchent pas de vous poser certaines questions. Simon pense par exemple à la responsabilité des parents : "Pourquoi ne pas agir en amont, sur le milieu familial, qui, à mon avis, devrait être aussi responsabilisé ?" Plus nombreux, certains lecteurs, favorables à la loi, doutent que la prison soit un bon remède. C'est le cas de Paule qui considère que mettre les jeunes récidivistes sous les verrous avec des adultes "ne fera qu'aggraver les choses". "Au contact de "vrais durs", ils voudront crâner et le pire sera à craindre." Marelle confirme : "La prison n'est pas une bonne solution mais nous n'en avons pas d'autres, mis à part le travail d'intérêt général qui devrait être mis en place plus souvent."

Prisons
"Au contact de "vrais durs", ils voudront crâner et le pire sera à craindre", Paule

La solution ? Pour Denis, il faut s'inspirer de l'exemple américain : "créer des camps fermés de reconditionnement, avec éducation civique, sport intensif, éducation et apprentissage d'au moins un an minimum, avec un suivi à la sortie et éventuellement formation à un métier." Mickaël est plutôt pour faire appel à l'éducation. "Le moyen de lutter contre ça serait de les [ les jeunes en difficulté] prendre en charges individuellement en cours, afin de leurs donner une chance de réussir. Mais ce n'est pas en supprimant 10 000 postes d'enseignants et d'encadrement que cela va pouvoir résoudre les problèmes".


"Pas de prison, de l'éducation, voire de la rééducation"

Malgré ces quelques doutes, peu de lecteurs sont ouvertement contre le projet de Rachida Dati. Jean-Pierre fait partie de ceux-là : "Pour la loi, un mineur est un mineur. Un majeur est un majeur. Le système judiciaire dérive car il supprime des points indépassables en droit" Manon, de Bruxelles, s'inscrit aussi en faux contre ceux qui prétendent qu'on peut juger les mineurs comme les majeurs. Pour elle, "le cerveau des jeunes est incapable, c'est prouvé scientifiquement, de faire la différence".

Pour ces jeunes, Roland préconise une seule orientation : "Pas de prison, de l'éducation, voire de la rééducation". Enfin, certaines critiques comme celle de Jean-Jacques, sont plus acerbes et visent directement la ministre de la Justice. "Je pense que pour défendre un tel projet il faudrait avoir la légitimité du suffrage universel. Surtout au lendemain d'élections. J'ignore qui est Rachida Dati : elle est élue où ?"

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