Avant d'être une affaire,
"Clearstream" est d'abord une chambre de compensation luxembourgeoise,
c'est-à-dire une banque qui garantit la transaction entre deux autres établissements
bancaires.
De l'affaire des frégates de Taïwan...
En 1991,
Clearstream est encore inconnue des Français quand Thomson vend 6 navires
militaires à Taïwan, pour près de 3 milliards de dollars. Une transaction
qui sera soupçonnée plus tard d'avoir fait l'objet de lourdes commissions
occultes, au profit d'hommes politiques français.
En 2001 et
2002, le journaliste Denis Robert publie deux
ouvrages ("Révélations", avec un ancien cadre de Clearstream,
et "La Boîte Noire"), dans lesquels il accuse Clearstream d'être
un lieu de blanchiment d'argent. Certaines de ses déclarations lui ont
valu plusieurs dizaines de plaintes pour diffamation. Un autre de ses ouvrages,
"Clearstream, l'enquête", publié en 2006, a été interdit à la vente
et retiré des librairies pendant près d'un mois. Mais rien, dans ces enquêtes,
ne fait encore le lien entre Clearstream et frégates de Taïwan.
... à l'affaire d'Etat
A partir de 2004, les deux affaires se rapprochent.
Plusieurs listings sont envoyés au juge d'instruction du pôle financier
de Paris, Renaud Van Ruymbeke. Selon l'auteur
anonyme de ces envois, ces listes contiennent les noms de plusieurs clients de
Clearstream qui auraient bénéficié des fameuses commissions
occultes des frégates de Taïwan. Celui de Nicolas Sarkozy apparaît
sous les patronymes "Nagy " et "Bosca", son nom de famille complet. Mais très
vite, on s'aperçoit que les listings ont été falsifiés… L'affaire "Clearstream"
est en marche.
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la suite : Denis Robert