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(mars 2005)

"Nous avons 47 ans de réserve de pétrole!"

Jean-Marie Chevalier est professeur à l'université Paris-Dauphine où il dirige le Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières (CGEMP). Il a publié de nombreux ouvrages et articles sur l'industrie et l'énergie.
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La hausse des prix du pétrole n'est-elle pas un signe avant-coureur de la pénurie ?
Non, absolument pas. Elle est entièrement liée à des facteurs conjoncturels. D'abord en Irak bien sûr : avant la guerre, ce pays exportait 2,2 millions de barils par jour ; aujourd'hui, on est plutôt vers les 1,5 ou 2 millions de barils par jour. Mais de nombreux pays producteurs connaissent des troubles en ce moment : en Afrique, au Vénézuela, et même en Norvège où il y a eu des grèves récemment qui ont ralenti la production.

Les prix vont donc continuer à grimper ?
On ne sait pas. Le prix du baril peut très bien redescendre en-dessous des 30 dollars comme il peut passer au-dessus des 60 dollars ! Le problème à long terme c'est que dans les situations de trouble, comme aujourd'hui, les investissements d'infrastructures ne se font pas. En Irak par exemple, on a découvert de nouvelles réserves mais on ne peut pas les exploiter tant que le pays ne sera pas stabilisé.
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A quand estimez-vous l'épuisement des réserves de pétrole ?
On ne peut pas donner de date précise. Le concept de réserve est élastique : en 1973, lors du premier choc pétrolier, on les estimait à 30 ans ! Aujourd'hui, on les estime à 47 ans de consommation. Mais entre-temps, on va découvrir de nouvelles zones à explorer, et les améliorations techniques permettront sans doute de reculer encore ces prévisions. Le prix aussi joue un rôle de régulateur : plus il est élevé, et plus on va mettre en œuvre des nouveaux moyens de récupération.

Où a-t-on le plus de chances de trouver de nouvelles réserves ?
  Production
  Réserves
  Consommation
  Alternatives
  Interview
  Savoir plus
Aujourd'hui, 60% des réserves se situent au Moyen-Orient. Cette partie du monde restera la principale zone de production, mais d'autres régions sont prometteuses : la Russie, l'Afrique de l'Ouest, le Brésil, le Golfe du Mexique. L'Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan) est également une région intéressante, mais il y a des problèmes d'acheminement vers la mer.

Comment diminuer notre dépendance au pétrole ?
D'abord, il faut diminuer la consommation. On pourrait économiser 20% d'énergie sans modifier notre mode de vie, et ce aussi bien dans l'industrie, les transports ou la consommation des ménages. Pour les voitures, en particulier, il faut taxer lourdement les véhicules les plus puissants qui polluent et consomment le plus. Ensuite, il faut diversifier les énergies au maximum : l'éolien, le solaire, l'hydraulique, et le nucléaire dont on ne pourra pas se passer. D'ailleurs des pays comme la Chine ne basent pas leur développement économique sur le pétrole. Ils construisent par exemple en ce moment le plus grand barrage du monde. Finalement, je pense que la diminution de la consommation de pétrole sera plus dictée par des obligations de lutte contre la pollution que par une véritable pénurie.
 
 [Propos recueillis par Céline Deluzarche, L'Internaute]
 
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