Crash du vol AH5017 : les causes sur le point d'être dévoilées

Crash du vol AH5017 : les causes sur le point d'être dévoilées Le vol AH5017 d'Air Algérie s'est écrasé au nord du Mali avec 118 personnes à bord, dont une cinquantaine de Français.

[Mis à jour le 29 juillet 2014 à 15h59] La disparition a été signalée jeudi 24 juillet dans la matinée. Le vol AH5017 d'Air Algérie, qui devait relier Ouagadougou à Alger, s'est abîmé dans le Sahel, dans le nord du Mali, avec 118 passagers à bord, dont 54 Français. Après le crash du MH17 en Ukraine et celui d'un autre appareil à Taïwan quelques jours plus tard, c'est une succession inédite de catastrophes aériennes qui a lieu depuis quelques jours, sans pourtant aucun lien entre elles.

Cette fois, le bilan est lourd pour Paris avec plus d'une cinquantaine de ressortissants. Des militaires français, une centaine d'hommes en poste à Gao, dans une zone en proie aux tensions avec les islamistes, ont été dépêchés sur le lieu du crash pour sécuriser la zone. Parmi les militaires français et africains, 20 gendarmes et policiers français et une équipe du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français sont aussi sur place. Les causes du crash devraient bientôt être déterminées, les deux boîtes noires de l'appareil ayant été acheminées à paris pour être analysées.

Vol AH5017 : 5 infos clés sur les causes du crash

1- Les causes du crash du vol AH5017 sont encore floues. La piste privilégiée est que l'avion a fait face à de fortes intempéries. Peu après son décollage du Burkina-Faso, les pilotes de l'appareil avaient indiqué qu'ils modifiaient leur trajet pour éviter de violents orages qui sévissaient dans la région. Selon un point réalisé par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius le 28 juillet, l'équipage aurait demandé l'autorisation de modifier sa route et même de "rebrousser chemin" avant de disparaître des écrans radars.

2- Les orages, particulièrement violents dans le Sahel, provoquent d'importants trous d'air qui peuvent déstabiliser les appareils. Généralement maitrisées par des pilotes aguerris, les tempêtes tropicales peuvent cette fois avoir trompé la vigilance des conducteurs de l'appareil. C'est donc bien du côté de l'événement météorologique, de l'erreur de pilotage ou d'une défaillance de l'avion que les recherches semblent se tourner, comme l'a indiqué le gouvernement français par la voix de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, mais aussi de Frédéric Cuvilliers, ministre des transports. L'avion, un MD83, était relativement âgé, puisqu'il volait déjà depuis 18 ans.

3- Cet appareil de petite taille était pourtant "en bon état", selon un contrôle réalisé dans la semaine précédant le crash par la Direction générale de l'aviation civile, en France. Ce type d'appareil ne dispose pas en revanche de l'équipement des Airbus et autres Boeing plus gros et serait dépourvu de radars météo. Autre information sur les circonstances du drame : c'est la compagnie Swiftair qui avait affrété l'appareil, pour le compte d'Air Algérie. Une compagnie low-cost, mais qui n'avait pas jusqu'à présent connu pareil accident.

4- D'autres pistes sont aujourd'hui quasiment écartées. Celle d'un tir de missile ou de roquette, comme lors du crash du MH17 en Ukraine une semaine plus tôt, semble peu probable, les islamistes agissant dans le Sahel n'étant a priori pas dotés de matériel suffisamment précis et puissant pour abattre un appareil. La fuite de nombreux armements venus de Lybie, après la chute du colonel Kadhafi, est pourtant une hypothèse à ne pas écarter. Autre piste, proche de la première : la possibilité d'un attentat kamikaze à bord de l'appareil reste envisageable, mais elle aussi peu probable.

5- Les débris de l'appareil indiquent en effet que l'avion s'est désintégré "au sol" et non dans les airs, ce qui signifierait qu'il n'a pas explosé à cause d'une bombe ou d'un missile, mais bien lors du choc avec la terre ferme. Les débris ont en effet été localisés dans un périmètre de 300 m sur 300 "seulement". Les reporters sur place, dont celui du Monde, rapportent un "cratère" profond et indiquent que la plus grande partie de la carlingue de l'appareil peut être enfouie sous le sable tellement le choc a été violent. Des témoins évoquent l'effet d'une "bombe tombée du ciel". L'appareil, qui avait décollé moins d'une heure avant de Ouagadougou, était en effet plein de kérosène. Le scénario privilégié est que l'avion a foncé à pleine vitesse vers le sol, sans planer, ne laissant aucune chance aux pilotes de le redresser ou de tenter un atterrissage d'urgence.

Crash du AH5017 : des images diffusées

Les premières images diffusées vendredi 25 juillet 2014 sont choquantes. Elles ont d'abord été diffusées par France 2 dans son journal de 13 heures. Des images amateurs des débris filmés par des membres de l'armée malienne intervenant sur les lieux. De mauvaise qualité, la vidéo montre tout de même de nombreux débris laissant à penser que l'avion s'est totalement désintégré. D'autres images, des photographies des militaires sur place, ont déferlé dans les médias depuis.

 Crash AH5017 : voir les images de l'AFP sur place

Le bilan humain est très lourd avec un nombre de victimes élevé. 118 personnes exactement figuraient sur la liste des passagers. Parmi elles, 54 Français, certains binationaux, selon une conférence de presse organisée vendredi après-midi par Jean-Yves Le Drian (Défense), Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Frédéric Cuvillier (Transports). Une réunion de crise s'est aussi tenue vendredi matin à l'Elysée pour éclaircir les circonstances du drame, préciser le bilan et définir un plan d'action pour les prochains jours. Selon le gouvernement, la probabilité de retrouver des survivants est très faible voire totalement exclue. Le ministère des Affaires étrangères informe que les familles des victimes seront reçues au quai d'Orsay samedi dans l'après-midi.

Le lieu du crash se trouve à une centaine de kilomètres de la ville de Gao. L'appareil accidenté a été localisé par un radar Reaper de l'armée française, qui avait déployé d'importants moyens pour retrouver l'épave de l'appareil. Ce vendredi 25 juillet, dans la matinée, François Hollande annonçait en outre qu'une boîte noire avait été récupérée. La seconde a été récupérée le samedi 26 juillet par des experts de l'ONU. Les enregistreurs ont été acheminés vers la ville de Gao où un "centre de gestion tactique des opérations" a été installé. Des membres du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) français vont analyser les deux boîtes noires pour tenter de préciser les causes du crash.

Tandis que le gouvernement assure aux familles que tout sera fait pour leur rendre les dépouilles de leurs proches, le chef d'état-major particulier à la présidence burkinabè, Gilbert Diendiéré, a d'ores et déjà indiqué averti qu'il sera "difficile de pouvoir récupérer quoi que ce soit. Et même pour les corps des victimes, je pense qu'il est très difficile de pouvoir les récupérer parce que nous avons vu seulement des morceaux de chair humaine qui jonchaient le sol". Une stèle devrait être érigée sur le site. François Hollande a indiqué que les proches qui le souhaiteraient seraient bientôt accompagnées sur place.

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Image satellite du lieu du crash, au nord du Mali. © Google Maps

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