Man Haron Monis : réfugié, cheikh, guérisseur... L'étrange profil du preneur d'otages de Sydney

Man Haron Monis : réfugié, cheikh, guérisseur... L'étrange profil du preneur d'otages de Sydney Le preneur d'otages Man Haron Monis, qui détenait depuis plus de seize heures un nombre indéterminé de personnes dans un café de la capitale australienne, aurait été tué lors de l'assaut de la police.

[Mis à jour le 15 décembre 2014 à 18h13] Des policiers lourdement armés ont pris d'assaut le café de Sydney, où un homme retenait en otage depuis le début de la journée un nombre indéterminé de clients et de salariés. L'assaut met fin à un siège de plus de seize heures au total. L'homme armé, qui avait entamé cette prise d'otages vers 10 heures, heure locale (minuit en France), a été identifié comme un réfugié iranien du nom de Man Haron Monis. L'homme, décrit comme un "religieux" sur la chaîne de télévision ABC, aurait été tué lors des échanges de coups de feu. Une autre victime serait décédée. C'est la chaîne 7News qui rapporte cette information reprise en France par l'AFP, mais pas confirmée par la police australienne.

La police a lancé l'assaut vers 2h30 (15h30 GMT soit 16h30 en France). L'AFP indique qu'une série de "lourdes détonations a retenti" tandis que des "commandos de la police entraient par une porte latérale". Plusieurs otages sont sortis en courant du bâtiment pendant que d'autres étaient évacués sur des brancards. Des témoins rapportent que des ambulanciers transportant des civières ont couru vers le café, sis à Martin Place, au sein d'une zone commerçante animée dans le quartier financier de Sydney. D'après l'AFP, on compte 3 blessés parmi les otages.

Cinq otages (trois hommes et deux femmes) étaient déjà parvenus à fuir après les premières heures de siège. Des centaines de policiers lourdement armés bouclaient le quartier depuis la matinée.

Sur Twitter, peu avant 3 heures du matin, la police de la province de Nouvelle-Galles du Sud annonçait la fin de la prise d'otages.

Une prise d'otages aux motifs flous

Muni d'un drapeau islamique sombre, Man Haron Monis retenait un nombre indéterminé d'otages depuis le début de la journée. Il avait forcé plusieurs d'entre eux à brandir le drapeau à la fenêtre du café où ils étaient tous retranchés. Un drapeau semblable à ceux utilisés par les groupes jihadistes et se référant à la "shahada", une profession de foi musulmane indiquant qu"Il n'y a de Dieu qu'Allah et (que) Mahomet est son prophète".

Les revendications et les motifs du preneur d'otages n'étaient pas clairement établis selon les autorités qui communiquent au compte gouttes depuis le début de la journée. Le preneur d'otages, qui aurait par ailleurs revendiqué sa proximité avec l'organisation Etat islamique (ou Daesh), mais qui aurait pu agir seul, aurait demandé un entretien avec le Premier ministre Tony Abbott. L'Australie est engagée aux côtés des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI.

Muni d'une arme à feu, Man Haron Monis aurait transmis d'autres consignes à la police par la voix d'otages manifestement exténués. Filmées, ces revendications ont rapidement été supprimées de la Toile où elles commençaient à circuler.

Man Haron Monis : un réfugié déjà soupçonné de complicité de meurtre

La police australienne est restée tout aussi prudente sur l'identité et le parcours du preneur d'otages. Ce sont les médias australiens qui ont livré la grande majorité des informations le concernant. Agé de 49 ans et présent sur le territoire australien depuis le milieu des années 1990 en tant que réfugié, Man Haron Monis se faisait appeler "Cheikh Haron" sur la Toile. Identifié comme un "islamiste radical", il vivait dans la banlieue de Sydney où il exerçait des activités floues, à mi-chemin entre le religieux et le guérisseur. Il est question d'astrologie, de numérologie mais aussi de magie noire dans les diverses biographies publiées.

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Capure de la télévision australienne ABC montrant le visage de Man Haron Monis. © Capure ABC

Grand opposant au combat des occidentaux contre le terrorisme islamiste, allant jusqu'à s'adresser à Barack Obama ou à la reine Elizabeth II, Man Haron Monis avait déjà, par le passé, été condamné pour avoir envoyé des lettres d'injures aux familles de soldats morts en opération, en Afghanistan, d'après le quotidien The Australian. Se justifiant en évoquant des "condoléances" personnelles, il avait écopé de 300 heures de travaux d'intérêt général.

Il était également soupçonné de complicité de meurtre après la mort de son ex-épouse et était en liberté conditionnelle dans cette affaire depuis la fin 2013. Man Haron Monis a enfin été inculpé pour plusieurs cas d'agressions sexuelles depuis le début des années 2000. Des poursuites qu'il assimilait à une persécution des autorités à son encontre selon plusieurs messages laissés sur son site Internet.

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