Martin Shkreli : il achète les droits d'un médicament et multiplie son prix par 50

Martin Shkreli : il achète les droits d'un médicament et multiplie son prix par 50 Le patron de la société Turing Pharmaceuticals est un jeune homme qui a pour premier objectif de se faire de l'argent. Quitte à augmenter le prix d'un médicament, dont il a l'exclusivité, de 5000 %. Aux Etats-Unis, l'affaire soulève une indignation générale.

Même Hilary Clinton est vent debout contre l'initaitive suréaliste de la société Turing Pharmaceuticales. La candidate démocrate à la Maison blanche a réagi sur Twitter à l'article du New York Times révélant comment le prix du comprimé de pyriméthamine était passé le week-end dernier de 13,5 dollars à 750 dollars. En réalité, derrière ce prix ne se cache pas de technique de production révolutionnaire ou particulièrement innovante. Non, le coût de production est estimé à 1 dollar l'unité. L'augmentation du prix s'explique simplement par la volonté de son patron, Martin Shkreli, 32 ans, de "réaliser de bons bénéfices" pour sa compagnie. Sur CBS, le jeune homme fait preuve d'un cynisme hors de tout entendement, jugeant que les sociétés qui détenaient les droits du médicaments avant lui "le donnaient presque". Et d'ajouter : "Si une société vendait une Aston Martin au prix d'une bicyclette, et que nous rachetions cette société, puis pratiquions les prix de Toyota, je ne crois pas que ce serait un crime".

En vidéo - L'affaire fait scandale aux Etats-Unis, Martin Shkreli, lui, réagit avec un tweet déconcertant :

La pyriméthamine est utilisée par les médecins pour lutter contre la toxoplasmose, contre le paludisme, mais aussi contre des faiblesses du système immunitaire. La molécule est considérée par l'organisation mondiale de la santé comme "médicament essentiel". Martin Shkreli a racheté les droits aux Etats-Unis de la molécule, dont les usages apparaissent trop restreints à d'autres laboratoires pour intéresser des fabricants de médicaments génériques. Le jeune homme ne voit d'ailleurs pas pourquoi il ne profiterait pas de l'aubaine. A CNBC, il déclare : "A ce prix, nous restons en bas de l'échelle de ce que coûtent les médicaments pour maladies orphelines. [...] On a augmenté le prix de façon à faire de bons bénéfices, mais pas des bénéfices ridiculement élevés". Et lorsqu'on lui demande s'il baissera le prix de son médicament face aux réactions d'indignation qui se manifestent, il répond, avec le sourire : "Non".

Aux Etats-Unis, le prix de vente des Etats-Unis répond à la loi du marché et les grands groupes pharmaceutiques bénéficient de milliards de dollars d'allègements fiscaux. C'est cette incohérence que dénonce aujourd'hui Hillary Clinton, qui propose, si elle est élue, de conditionner les aides publiques et de plafonner les dépenses non prises en charge par les assurances maladies.

Rappelons qu'en France, les prix des médicaments sont encadrés par le comité économique des produits de santé, dépendant du ministère de la Santé et de Bercy.

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