Daphne Caruana Galizia : sa mort fait réagir celui qu'elle ciblait dans ses articles

Daphne Caruana Galizia : sa mort fait réagir celui qu'elle ciblait dans ses articles DAPHNE CARUANA GALIZIA - La très populaire blogueuse Daphne Caruana Galizia a été tuée dans l'explosion de sa voiture à Malte. Le Premier ministre du pays a dénoncé un acte "barbare" contre la liberté d'expression.

"Aujourd'hui est une journée noire pour notre démocratie et notre liberté d'expression". C'est la réaction du Premier ministre travailliste maltais, Joseph Muscat, au sujet de la mort de Daphne Caruana Galizia, journaliste tuée lundi par une bombe sous sa voiture. L'assassinat de la blogueuse anti-corruption est un "acte barbare", a ajouté le chef du gouvernement, promettant par ailleurs n'avoir "de cesse que justice soit faite". La mort de la journaliste a ému l'ensemble des responsables européens et pose, de fait, une nouvelle série de questions sur les affaires de corruption que Daphne Caruana Galizia avait commencé à mettre au jour.

Mais la réaction de Joseph Muscat est particulièrement commentée puisqu'il était lui-même la cible .de plusieurs enquêtes de Daphne Caruana Galizia. En juin dernier, sa victoire aux élections législatives anticipées avait été entachée d'une série de scandales : la propre épouse du Premier ministre maltais, Michelle Muscat, avait été accusée d'avoir ouvert un compte au Panama pour y dissimuler des versements obscures depuis l'Azerbaïdjan. "Le plus gros mensonge de l'histoire politique maltaise", avait alors réagi Joseph Muscat.

Le fils de Daphne Caruana Galizia accuse Joseph Muscat

Le fils de Daphne Caruana Galizia, Matthew, estime que le Premier ministre est "responsable" de la mort de sa mère, comme l'ensemble du gouvernement, qu'il juge "complice" de l'assassinat. Le jeune homme a publié sur son compte Facebook un long message dans lequel il accuse Joseph Muscat d'avoir mis en place au sein de l'exécutif, des tribunaux et de la police des "escrocs". "Je n'oublierai jamais comment j'ai couru autour du brasier dans le champ, en essayant d'ouvrir la porte alors que le klaxon sonnait encore [...] J'ai regardé par terre et j'ai vu des morceaux de ma mère partout autour. Voilà à quoi ressemble une guerre, et il faut que cela se sache. [...] Nous sommes un peuple en guerre contre l'Etat et le crime organisé, qui ne se distinguent plus l'un de l'autre", peut-on lire dans sa lettre écrite en direction de l'opinion publique.

Moins d'une heure avant que sa voiture explose, lundi 16 octobre, Daphne Caruana Galizia publiait un nouveau post sur son blog dénonçant la présence d'"escrocs partout". "La situation est désespérée", écrivait-elle. La journaliste maltaise, âgée de 53 ans, avait travaillé dans sa carrière comme chroniqueuse dans plusieurs médias, dont The Sunday Times of Malta et The Malta Independent, mais c'est surtout par son blog, "Running Commentary", qu'elle s'était faite connaître du grand public, dans son pays, mais aussi à l'étranger. Elle y avait révélé plusieurs affaires de corruption, en collaboration avec son fils Matthew, membre de Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

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