Luigi Di Maio, Matteo Salvini, Giorgia Meloni : qui pour diriger l'Italie ?

Luigi Di Maio, Matteo Salvini, Giorgia Meloni : qui pour diriger l'Italie ? L'Italie est plongée dans un grand flou politique. Après les législatives de dimanche, aucun parti ou coalition n'est parvenu à remporter la majorité. Une élection qui a confirmé la montée en puissance de trois populistes : Luigi Di Maio, Matteo Salvini et Giorgia Meloni.

[Mis à jour le 5 mars 2018 à 15h48] Ce dimanche, les Italiens étaient appelés aux urnes pour élire de nouveaux députés et donc un nouveau gouvernement. Les résultats ont été conformes aux prévisions : aucun parti seul, comme le Mouvement 5 étoiles de Luigi di Maio (32 % des voix), n'est parvenu à rafler la majorité, pas plus que la triple coalition formée par Forza Italia de Silvio Berlusconi, la Ligue de Matteo Salvini, arrivée en tête, et le parti Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni (37 % des voix).

Le paysage politique transalpin actuel ainsi que la complexité du système électoral n'aident pas, il est vrai, à ce qu'un parti soit naturellement favori à la succession de Paolo Gentiloni, l'actuel président du Conseil. Difficile, dans ces conditions, de rafler la majorité à la fois au Sénat et à la Chambre des députés, conséquence du seuil des 40 à 45% des voix. Le pays va donc connaître de longs mois de tractations politiques après ces élections qualifiées de "bordel" par le quotidien Il Tiempo, mais qui ont confirmé la (re)montée en puissance de l'extrême-droite et du populisme, incarnés par Luigi di Maio, Matteo Salvini et Giorgia Meloni. Qui sont ces trois nouveaux acteurs majeurs de la scène politique italienne ?

Luigi di Maio, l'ancien stadier devenu député à 26 ans

Luigi di Maio, très jeune leader de l'historiquement populiste Mouvement 5 étoiles,  a pris la succession du fantasque Beppe Grillo. A 31 ans, il entend normaliser le parti "5 étoiles" et l'adoucir, notamment sur la question européenne, passant de façon surprenante d'eurosceptique à europhile. "Nous serons la première force politique, mais surtout, les autres partis n'arriveront pas à se mettre ensemble. Et ils devront en passer par nous pour former un gouvernement", déclarait-il récemment au Monde. Celui qui a été agent de sécurité au stade du club de football de Naples, député depuis ses 26 ans, ne se démonte pas face aux critiques de son manque d'expérience et surtout de son manque de diplômes, faisant de lui l'homme politique "normal" dans lequel se reconnaissent nombre d'Italiens.

Matteo Salvini voulait des wagons séparés dans le métro milanais

Mais dans sa course à la présidence du Conseil, il y a un autre homme que les télévisions italiennes chérissent puisqu'il est le candidat le plus présent derrière les écrans depuis quatre ans. Matteo Salvini, leader de La Ligue, a redressé le parti de façon spectaculaire. Ouvertement proche de Marine Le Pen, ce Milanais de 44 ans dirige un parti souvent taxé d'euroscepticisme, d'anti-mondialisme, voire de xénophobie.

Qualifié de "très tactique" par Ilvio Diamanti, professeur à l'université d'Urbino, il a même proposé un programme commun avec la présidente du Front national lors des élections européennes de 2014. D'abord territoriale, La Ligue, sous l'impulsion de Matteo Salvini, a gagné en popularité et n'a jamais été aussi haut dans les sondages. Ses prises de position détonnent et choquent, comme lorsqu'il a déclaré que l'euro était "un crime contre l'humanité" ou encore lorsqu'il se montrait favorable à des wagons séparés pour les Milanais de souche dans le métro de la cité lombarde.

Quand Giorgia Meloni combattait les idées de gauche dans les livres d'école

Pour conquérir la direction du gouvernement italien, il s'est déclaré favorable à une alliance avec Giorgia Meloni, la dirigeante du parti Fratelli d'Italia (pour "Frères d'Italie", en référence à l'hymne national). Originaire de Rome, elle fut candidate à la mairie de sa ville mais n'est pas parvenue à faire mieux que la troisième place avec 20% des voix. Elle a également fait partie du gouvernement de Silvio Berlusconi à la fin des années 2000, en tant que ministre pour la Politique de la jeunesse. Un poste qui lui a valu le titre de plus jeune ministre de l'histoire de l'Italie, mais qui a aussi provoqué quelques polémiques comme lorsqu'elle fut soupçonnée de combattre une présumée idéologie de gauche dans les livres d'écoles.

Le parti que Giorgia Meloni préside depuis 2014 est, à l'image de La Ligue, contre l'Europe et très conservateur, la réputation sulfureuse en moins, malgré son ancêtre de l'Alliance nationale, éphémère parti post-fasciste dissous en 2009. Dans le cadre de la coalition entre son parti Fratelli d'Italia, La Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia de Berlusconi, Giorgia Meloni a plaidé pour qu'une femme occupe le poste de présidente du Conseil. Le Cavaliere, grand perdant de ces élections puisque son parti est arrivé en quatrième position, devancé pour la première fois par La Ligue, n'aurait de toute façon pas pu gouverner car il est interdit de toute fonction publique jusqu'en 2019 après une condamnation pour fraude fiscale.

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