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Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice lors de la visite du candidat aux Etats-Unis en septembre 2006.
© US Government
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Pourquoi la France a-t-elle décidé d'envoyer des renforts en Afghanistan ? Que peut-elle gagner de plus avec ces renforts ? Lors de son discours devant le Parlement britannique, Nicolas Sarkozy
évoquait une "nécessité" liée à la "guerre contre le terrorisme". Mais la France semble aussi avoir beaucoup à gagner politiquement dans cet investissement militaire. D'abord, Nicolas Sarkozy, qui n'a jamais caché ses positions atlantistes, satisfait ainsi une demande des Américains et des Canadiens qui réclamaient depuis plusieurs années un investissement plus important des Français. La France n'est en effet que le 7e contributeur de la coalition, fournissant 3 % de ses effectifs, derrière de plus petites puissances militaires comme les Pays-Bas ou le Canada.
Une place renforcée au sein de l'Otan
Si on dénombre déjà 14 morts côté français depuis 2001, les Canadiens, particulièrement en difficulté dans le sud, comptent eux plus de 80 victimes.
Le 8 février, Ian Brodie, chef de cabinet du Premier ministre canadien Stephen Harper, Susan Cartwright, conseillère en matière de politique étrangère, et Rick Hillier, chef d'état-major des forces canadiennes, étaient en France pour pousser le gouvernement à s'impliquer davantage dans la mission de l'Otan. Canada et Etats-Unis voulaient également renforcer l'appui d'un pays réputé pour ses missions de paix et ainsi briser la perception que la guerre en Afghanistan est avant tout une opération américaine.
La position de Nicolas Sarkozy reflèterait donc sa volonté de rapprochement avec ses alliés d'Amérique du nord après la parenthèse irakienne. Mais ce changement de politique en Afghanistan est aussi lié à la place qu'il souhaite occuper au sein de l'Otan. Le chef de l'Etat a souligné, dans son programme et lors de sa dernière visite à Londres, sa volonté vouloir reprendre "une participation constructive" au sein l'Organisation. Une première depuis la poltique de la "chaise vide", instaurée par le Général de Gaulle en 1966, lorsqu'il a quitté les structures intégrées de commandement de l'Otan. Le chef de l'Etat a confirmé sa volonté le 3 avril souhaitant que "la France prenne toute sa place dans les structures de l'Otan" après la présidence de l'Union Européenne au deuxième semestre 2008.
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