Etat palestinien : la Palestine peu préparée à une reconnaissance

Etat palestinien : la Palestine peu préparée à une reconnaissance Alors que la France et l'Europe pourraient d'ici peu reconnaître officiellement l'Etat de Palestine, les divisions sont trop profondes à Gaza et en Cisjordanie pour que l'élan de la diplomatie mondiale constitue une sérieuse opportunité.

La Palestine est-elle prête à s'approprier l'élan diplomatique qui se propage dans le monde pour une reconnaissance d'un Etat ? Les députés Français s'apprêtent à voter le 2 décembre une proposition de résolution demandant au gouvernement de reconnaître la Palestine comme un Etat. Le Sénat se prononcera le 10 décembre. Plus important encore, le Parlement européen doit se saisir de la question lors d'un vote prévu le 18 décembre. En Israël, ce soudain appui unilatéral à l'Etat de Palestine est très mal considéré. Le ministre des affaires étrangères, Emmanuel Nahson, a déclaré mardi que le "soutien à la reconnaissance de l'Etat palestinien est contreproductif tant qu'elle n'est pas la conséquence de négociations entre Israël et les Palestiniens". Rappelons que la Suède a reconnu l'Etat palestinien le 30 octobre. Les députés britanniques, espagnols et les sénateurs irlandais ont appelés leurs gouvernements à faire de même.

Pour autant, rarement les institutions palestiniennes n'ont paru aussi incapables de profiter d'une telle opportunité, attendue depuis de longues années. Depuis l'échec des accords d'Oslo et la seconde Intifada, jamais les Occidentaux n'ont été en mesure d'exercer une pression politique permettant de rendre crédible et atteignable un tel but. Si l'initiative diplomatique revient au président Mahmoud Abbas, qui a convaincu en octobre 2011 l'Unesco, puis l'ONU fin 2012 pour une reconnaissance comme "Etat non-membre", il sera difficile pour la Palestine d'en recueillir les fruits. C'est notamment ce que soutient le journal libanais Now, consacré à l'actualité du Moyen-Orient : "Le vrai problème est qu'il n'y a pas aujourd'hui de direction palestinienne crédible et efficace pour tirer profit de cette situation et faire avancer le projet de construction d'Etat" écrit le journaliste Ziad Majed. Le pays doit en effet compter sur un Hamas qui s'accroche au pouvoir à Gaza et une OLP extrêmement affaiblie. Et l'autorité palestinienne n'arrive plus à réunir l'enthousiasme de la population. "Les Palestiniens ne sortiront de ce paradoxe qu'en permettant l'émergence d'une nouvelle génération de dirigeants. Il faudra des pressions populaires pour faire descendre du piédestal le Fatah [le mouvement de Yasser Arafat] et le Hamas" écrit Now (lire ici la version traduite dans Courrier International).

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