Accueil

Connexion

 
Le conflit
 
 
 

Que peut changer l'envoi d'une force hybride UA-ONU au Darfour ?

Je n'en attends pas grand-chose. La clé du problème se trouve à Khartoum, pas au Darfour : pour empêcher des bombardements aériens, il ne faut pas courir après les pilotes mais ne pas donner l'ordre de bombarder. Peut-être que cette force permettra une stabilisation de la situation, mais il faut dire qu'elle n'est pas aussi dramatique qu'on le prétend. Actuellement, sur place, il y a 14 000 humanitaires étrangers, 7 000 soldats de l'Union africaine (UA), des forces de l'Onu en petit nombre... La situation au Darfour est connue et traitée. Le déploiement humanitaire et onusien assure nourriture, soins médicaux, éducation. On ne peut donc pas parler de crise humanitaire, contrairement à ce que prétendent certaines associations sans connaissance du terrain, et qui se sont construit un Darfour imaginaire.

Les soldats de l'Union africaine ne sont pas payés, l'organisme est touché par la corruption, les trafics, ce qui a créé un sentiment de rejet des populations locales, dont profite Khartoum. L'envoi d'une force hybride UA-Onu ne devrait pas améliorer beaucoup la situation : elle sera sous commandement africain, ne sera pas mieux payée ni ravitaillée que celle actuellement sur place. En plus, les soldats déployés ne sont pas formés, et un encadrement d'instructeurs de l'Onu vous dira qu'il est impossible de former et de faire travailler des soldats en même temps. Ce sont souvent des paysans arrachés à leur village, qui ne connaissent pas les principes de base du fonctionnement d'un téléphone portable, d'un satellite….

Pour l'Onu, les casques bleus peuvent assurer du "peace keeping" (maintien de la paix), mais pas du "peace building" (construction de la paix) dans une situation aussi complexe. Le gouvernement pourra toujours, à volonté, cantonner cette force dans ses campements et la rendre inefficace. C'est déjà le cas, par exemple, avec le couvre-feu : à partir de 17h, plus aucune présence étrangère n'est autorisée dans les camps.

D'autre part, la communauté internationale est incapable d'être aussi mobile, aussi efficace que les milices, car les soldats de l'Onu ne sont pas à cheval ni à dos de chameau, dans ce paysage très accidenté. J'ai fait cette expérience, un jour, quand un représentant du gouvernement général me disait avec un air narquois : "T'as qu'à dire à tes Américains de le faire car je ne peux pas". Il n'avait même pas d'essence pour ses jeeps.

 

» Lire la suite : Quelles solutions ?

EN IMAGES  L'actualité de l'Afrique


Chaine Actualité Envoyer Imprimer Haut de page
Votre avis sur cette publicité

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Voir un exemple

Toutes nos newsletters