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Le conflit
 
 
 

Quelles sont les particularités du conflit au Darfour ?

Première particularité : il met aux prises un gouvernement et une population civile. Les rebelles sont un facteur marginal dans cette affaire, même si en apparence ils ont lancé la guerre en 2003. En réalité, ce conflit dure depuis 20 ans, et au départ, il vise à instaurer la suprêmatie de certains groupes, minoritaires mais alliés loyaux et fidèles du gouvernement, à une majorité de la population, qui souhaite un meilleur équilibre politique et économique entre le Darfour et le gouvernement central.

Deuxième particularité : le gouvernement central ne peut pas compter sur son armée pour mater cette rébellion (notamment parce qu'elle est en majorité issue du Darfour et que les soldats refuseraient de se battre contre leur peuple). Khartoum a donc fait appel à des milices qu'il a armées, équipées, financées, et a qui il confie la mission de faire régner l'ordre sur ces vastes régions, en leur donnant carte blanche pour assurer le respect de l'ordre, et en les laissant s'implanter à la place des gens qu'ils chassent de leurs foyers.

Pour cela, ils recrutent dans les populations les plus marginales du Darfour, nomades, chamelières, qui vivent aux marges du Sahara et sont les premières victimes de la désertification. Le gouvernement leur impute une identité arabe dont elles n'étaient pas conscientes, et qui est largement artificielle, en les convaincant qu'elles sont supérieures aux autres et qu'elles ont un droit sur la terre des autres.

Mais il faut préciser que tous les arabophones du Darfour ne sont pas impliqués dans cette manœuvre, qui concerne 5 à 10% de la population locale. Il ne faut donc pas schématiser : ce n'est pas un conflit "Arabes contre Africains".

Les effets de l'intervention de ces milices sont multiples. Ce sont des gens qui connaissent très bien le terrain, qui sont très mobiles, et qui disposent d'une grande autonomie dès qu'ils sont armés et payés, en suivant leurs intérêts plus que ceux du gouvernement. Ils préfèrent donc piller les villages les plus riches plutôt que de pourchasser les rebelles, ce qui ne rapporte rien et est dangereux.

Du coup, aujourd'hui, le gouvernement est incapable de désarmer les janjawids, ou prétend être incapable de les désarmer.


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Lire la suite : La réunion internationale du 25 juin à Paris


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