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Le conflit
 
 
 

A votre avis, comment ce conflit pourrait-il être réglé ?

Dans un premier temps, pour obtenir un cessez-le-feu efficace, il faut isoler une vingtaine d'individus au sommet de l'Etat, qui ne sont pas toujours les plus visibles (chefs militaires, de sécurité, de dirigeants politiques), en leur appliquant des sanctions ciblées (gel de leurs avoirs financiers à l'étranger et interdiction de voyager par exemple). Il ne s'agit donc pas de les punir (la punition serait la réclusion criminelle à perpétuité, ce qui implique des d'échéances à 10 ans et plus), mais de faire pression, en les gardant comme interlocuteurs.

Deuxièmement, il faut que la force hybride soit déployée de manière efficace : dans les commissariats, dans les chambres de torture, aux douanes pour contrôler les arrivées d'armes et les mouvements de fonds, etc. Ca peut être applicable avec Interpol ou d'autres organismes, comme les agences américaines gouvernementales qui connaissent très bien les questions financières. Le problème, c'est que les acteurs du conflit sont les mêmes qui collaborent avec la CIA pour lutter contre Al Qaeda...

Enfin, il faut que Khartoum ferme le robinet financier vers les Janjawids (les milices gouvernementales), si c'est sa volonté de stopper les déplacements de population. Mais il y a justement un doute là-dessus : le gouvernement soudanais avait-il prévu de chasser ces populations pour assoir mieux son pouvoir ? Ou n'est-ce qu'un effet collatéral ? De cette question dépendra notamment le retour des gens dans leurs villages. Personnellement, je pense que le gouvernement n'avait pas de plan préétabli, qu'il a réagi dans la panique.

Il existe quand même une donnée porteuse d'avenir : les initiatives régionales, que la France a voulu balayer, entre le Tchad, la Lybie et l'Erythrée, pays voisins qui sont dans le concret et qui cherchent à sécuriser frontières, à réunir les mouvements rebelles pour les mettre dans l'ordre et n'avoir qu'un seul interlocuteur dans les négociations.

Enfin, l'accord de paix signé en mai 2006 doit être appliqué : tout est dedans, il prévoit déjà le partage des richesses pétrolières et des postes, sous forme de discrimination positive envers le Darfour. C'est là que doit intervenir la communauté internationale, pour inciter le gouvernement soudanais à appliquer cet accord.

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