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ACTUALITÉ
 

Attentat de Marrakech : le témoignage de Jamel Debbouze

Jamel Debbouze était à Marrakech le jour de l'attentat qui a fait 16 morts sur la place Jaama El Fna. A l'occasion de la présentation du festival "Marrakech du rire", à Paris, l'humoriste a livré son témoignage à plusieurs journalistes. Extraits.

Publié le 05 mai 2011

 

L'attentat au café Argana

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Jamel Debbouze le 3 mai, lors de la conférence de presse. © Marie Rialland/L'Internaute
 
"J'étais à Marrakech jeudi, le jour de l'attentat. J'étais atterré, effondré. Cet acte est horrible. Surtout que tu ne peux pas lutter contre des ennemis invisibles. Ce sont des lâches, qui frappent en traître et qui ne nous donnent pas l'opportunité d'écouter et d'avancer. L'Argana, c'est le café où je vais le plus souvent, c'est là que j'emmène tous mes amis. Mon frère y était un quart d'heure avant l'explosion. Evidemment que ca m'a bouleversé, mais c'est la vie. Quand ça a pété à Saint-Michel en 1995, mon oncle était ambulancier ; il en parle encore aujourd'hui. Mais il a continué à vivre après ça. Le World Trade Center, le 11 septembre, on a vu des gens bouleversés, anéantis mais qui ont continué à vivre."

 

"L'Argana, c'est le café où je vais le plus souvent, c'est là que j'emmène tous mes amis."

"J'ai donc envie de dire à tous les gens normalement constitués, bienveillants, intelligents, de continuer à aller au Maroc, de ne pas annuler les réservations, de continuer à faire comme si de rien n'était. C'est un accident, il ne faut pas sanctionner pour autant les Marocains et le Maroc."

 

Le festival "Marrakech du rire"

"Ce sont les Marocains qui m'ont permis, d'une certaine manière, d'écrire mon histoire."
"La question d'une éventuelle annulation ne s'est pas posée. Si j'avais annulé ce festival, je m'en serai voulu. J'ai envie de continuer à faire marrer les gens et à faire bouger les mentalités, même si ça peut paraître prétentieux. Ce n'est pas une question de confiance ou pas dans le Maroc. Je suis issu de ce pays, ce sont les Marocains qui m'ont permis d'une certaine manière d'écrire mon histoire. Et ce n'est même pas pour leur rendre la pareille ce festival, c'est parce que je me sens bien à Marrakech. Mon ambition, c'est de créer des emplois et de lancer des artistes, de faire en sorte que ce festival soit pérenne. Et surtout on espère, comme pour Rio de Janeiro et son carnaval (où tout le monde travaille pour créer des costumes, des chorégraphies...), avoir toute une ville en ébullition toute l'année, pour vivre ce moment."

 

Les révolutions arabes

"De toutes les révolutions naissent de belles choses."
"Je trouve ça extraordinaire ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte. Je trouve ça formidable ce qui se passe en Syrie, je trouve ça incroyable ce qui se passe au Yémen ou en Côte d'Ivoire. Qu'enfin on entende les préoccupations du peuple. Et quand vous entendez leurs revendications, il vous disent ne pas vouloir plus de travail ou plus de pain. Eux, ce qu'ils veulent, c'est de la liberté. Leur revendication, c'est on veut être libres. "Laissez-nous avoir accès à Internet" : c'est ça qu'on pouvait lire sur les banderoles. Evidemment je suis de tout cœur avec eux. De toutes les révolutions naissent de belles choses."

 

Le mouvement du 20 février au Maroc

"Je peux vous dire que j'ai vu le Maroc progresser, prospérer."

 

"Je soutiens ce mouvement. C'est indispensable que le peuple revendique ce qu'il a à revendiquer. Et je salue aussi le monarque marocain d'avoir réagi de cette manière, en proposant des changements. Je suis sûr qu'il ira jusqu'au bout des réformes qu'il a promis et c'est une grande preuve d'intelligence, tout le monde a salué son acte. Le Maroc est l'un des pays où ça a le moins bougé et ca veut dire que le monarque s'inscrit dans une progression. Il a envie de voir son peuple évoluer."

 

En savoir plus

"Et moi ca fait 15 ans que je vais au Maroc, je peux vous dire que j'ai vu le Maroc progresser, prospérer. Même si on n'est pas l'Algérie, qu'on n'a pas le gaz et le pétrole de l'Algérie. Le seul joyau du Maroc, ça reste les Marocains et je trouve que le monarque a bien compris. Je suis intimement convaincu qu'il fera le nécessaire. Après, évidemment, tout chef d'Etat a des contraintes. C'est l'économie qui fait la pluie et le beau temps. Les idées, c'est souvent l'oseille. Mais j'ai l'impression qu'on revient à des valeurs plus saines."

 



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