Focus
 
Septembre 2007

Dominique Strauss-Kahn : que va-t-il changer au FMI ?

Sans surprise, le socialiste et ancien ministre de l'Economie et des Finances Dominique Strauss-Kahn a été nommé à la direction du Fonds monétaire international (FMI). Qu'apportera-t-il au FMI ? Qu'attend-on de lui ? Le point.
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Dominique Strauss-Kahn
 
Dominique Strauss-Kahn © PS
 

Grâce au soutien officiel de l'Union européenne et des Américains, Dominique Strauss-Kahn a été désigné pour prendre la tête du FMI. Son rival, le Tchèque Josef Tosovsky, n'était soutenu jusqu'alors officiellement que par la Russie. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances de Lionel Jospin a su entretenir de bonnes relations avec Bruxelles. Jean-Claude Juncker, le président luxembourgeois de l'Eurogroupe, a vanté ses mérites d'économiste et de négociateur auprès des 27. Des talents que le nouveau directeur du FMI devra d'ailleurs mettre à profit pour entreprendre la grande réforme dont a besoin l'organisation internationale.

 

Le "candidat de la réforme"
"La période qui vient doit être celle de l'adaptation du FMI à la nouvelle donne créée par la mondialisation financière" écrit Dominique Strauss-Kahn sur son blog. Il ajoute : "Il va en effet falloir redéfinir les missions du Fonds ainsi que la place respective des différents partenaires, notamment en donnant aux pays émergents le rôle qui leur revient". En 60 ans, le FMI a conservé le fonctionnement et les missions fixés lors de la conférence de Bretton Woods en 1944. Or depuis, l'émergence de nouvelles puissances a bouleversé l'ordre mondial et rendu inadaptée l'organisation du FMI.

 
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Lors de son grand oral devant le Conseil d'administration du FMI, Dominique Strauss-Kahn a prouvé qu'il avait su dégager les grands défis auxquels doit répondre l'organisation dans les prochaines années. Nouvelles missions, nouvelle gouvernance : il s'est présenté comme le "candidat de la réforme".

 

Un nouveau programme pour le Fonds signé DSK

Pour Dominique Strauss-Kahn, la première réforme à envisager tient au "programme" du Fonds qui "doit contribuer davantage à la politique de développement". Cet été, lors de sa visite aux chefs d'Etat d'Amérique du Sud, il expliquait avoir "conscience que le Fonds monétaire était en crise, que l'image qu'il avait pu avoir dans le passé, notamment en Amérique du Sud, est difficile" et que son "intervention catastrophique" avait contribué à plonger ces pays dans la crise en 2001. Dominique Strauss-Kahn partage ainsi la même opinion que ces pays d'Asie et d'Amérique Latine : l'orthodoxie économique prônée par le FMI ces 20 dernières années a eu des conséquences trop lourdes sur leur développement.

Dominique Strauss-Kahn souhaite aussi remettre le Fonds au centre de la mondialisation des marchés de capitaux et des monnaies. A l'origine, le FMI a en effet pour mission de préserver la stabilité des changes et d'empêcher les dévaluations concurrentielles des monnaies. Or, malgré les nombreux appels des Etats-Unis et de l'UE pour dénoncer une monnaie chinoise laissée volontairement à un niveau extrêmement faible, le FMI n'est jamais intervenu. Par ailleurs, les dérives du dollar et la crise bancaire due aux "subprimes" américains sont autant de problèmes auxquels Dominique Strauss-Kahn souhaite que le FMI apporte des solutions concrètes.


Une institution plus démocratique dans son fonctionnement

En termes de gouvernance, Dominique Strauss-Kahn paraît aussi très ambitieux. Partisan d'une prise de décision plus démocratique, il défend un projet de double majorité lors des votes sur des dossiers jugés "cruciaux" : la majorité des voix, en vigueur actuellement, mais aussi la majorité des 185 Etats-membres (soit 93).

 
Les chiffres du FMI
 
 
  • 185 pays membres
  • 2 700 employés
  • 300 milliards de dollars de ressources
  • 3 Français ont déjà dirigé le FMI (Pierre-Paul Schweitzer de 1963 à 1973, Jacques de Larosière de 1978 à 1987 et Michel Camdessus de 1987 à 2000)
  • 21,6 milliards de dollars ont été prêtés à l'Argentine en 2001
  • 495 000 dollars : c'est la rémunération annuelle dont bénéficiera Dominique Strauss-Kahn
 

De plus, l'institution est encore le reflet de l'ordre mondial instauré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : Américains et Européens y sont surreprésentés, les premiers détenant 17 % des droits de vote, les seconds 32 %. Face à eux, des pays émergents comme la Chine (3,66 %), l'Inde (1,89 %) ou le Brésil (1,38 %) réclament depuis des années que leur poids électoral soit revu à la hausse. C'est là que Dominique Strauss-Kahn devra mettre à profit ses talents de négociateur. Car pour augmenter le poids des pays émergents dans le processus de décision, il faudra revoir à la baisse celui des Européens.

Enfin, il a aussi abordé lors de son grand oral la question de la succession à la direction-générale du FMI. Une "gentlemen's agreement" décidé lors de la création du FMI voulait que ce soit l'Europe qui choisisse le plus haut responsable du FMI. Pourtant bénéficiaire de cet accord, Dominique Strauss-Kahn souhaite que, dans 5 ans, son successeur puisse être un haut responsable ressortissant d'un pays émergent.

 

» Réagissez sur : Dominique Strauss-Kahn à la direction du FMI

 


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