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Focus
Septembre
2007 Dominique Strauss-Kahn : que va-t-il changer au FMI ?
Grâce au soutien officiel de l'Union européenne et des Américains, Dominique Strauss-Kahn a été désigné pour prendre la tête du FMI. Son rival, le Tchèque Josef Tosovsky, n'était soutenu jusqu'alors officiellement que par la Russie. L'ancien ministre de l'Economie et des Finances de Lionel Jospin a su entretenir de bonnes relations avec Bruxelles. Jean-Claude Juncker, le président luxembourgeois de l'Eurogroupe, a vanté ses mérites d'économiste et de négociateur auprès des 27. Des talents que le nouveau directeur du FMI devra d'ailleurs mettre à profit pour entreprendre la grande réforme dont a besoin l'organisation internationale.
Le
"candidat de la réforme"
Lors de son grand oral devant le Conseil d'administration du FMI, Dominique Strauss-Kahn a prouvé qu'il avait su dégager les grands défis auxquels doit répondre l'organisation dans les prochaines années. Nouvelles missions, nouvelle gouvernance : il s'est présenté comme le "candidat de la réforme".
Un nouveau programme pour le Fonds signé DSK Pour Dominique Strauss-Kahn, la première réforme
à envisager tient au "programme" du Fonds qui "doit contribuer davantage à
la politique de développement". Cet été, lors de sa visite aux
chefs d'Etat d'Amérique du Sud, il expliquait avoir "conscience que le Fonds monétaire
était en crise, que l'image qu'il avait pu avoir dans le passé, notamment en Amérique
du Sud, est difficile" et que son "intervention catastrophique" avait contribué
à plonger ces pays dans la crise en 2001. Dominique Strauss-Kahn partage ainsi
la même opinion que ces pays d'Asie et d'Amérique Latine : l'orthodoxie
économique prônée par le FMI ces 20 dernières années a eu des conséquences trop
lourdes sur leur développement. Une institution plus démocratique dans son fonctionnement En termes de
gouvernance, Dominique Strauss-Kahn paraît aussi très ambitieux. Partisan d'une
prise de décision plus démocratique, il défend un projet de double majorité
lors des votes sur des dossiers jugés "cruciaux" : la
majorité des voix, en vigueur actuellement, mais aussi la majorité des 185 Etats-membres
(soit 93).
De plus, l'institution
est encore le reflet de l'ordre mondial instauré au lendemain de la Seconde
Guerre mondiale : Américains et Européens y sont surreprésentés, les premiers
détenant 17 % des droits de vote, les seconds 32 %. Face à eux, des pays
émergents comme la Chine (3,66 %), l'Inde (1,89 %) ou le Brésil (1,38 %)
réclament depuis des années que leur poids électoral soit revu à la hausse. C'est
là que Dominique Strauss-Kahn devra mettre à profit ses talents de négociateur.
Car pour augmenter le poids des pays émergents dans le processus de décision,
il faudra revoir à la baisse celui des Européens.
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