Jacques de Monaco : prince héritier désigné au détriment de sa soeur

Jacques de Monaco : prince héritier désigné au détriment de sa soeur Charlène de Monaco a donné naissance à des jumeaux, Gabriella et Jacques, mercredi 10 décembre. Si la petite fille est née la première, c'est bel et bien le garçon qui succédera au prince Albert sur le trône. Peut-on parler de sexisme ?

Avant que sa femme Charlène n'accouche, le prince Albert II de Monaco avait été très clair : "En cas de jumelles ou de jumeaux, ce sera la première ou le premier qui verra le jour [qui montera sur le trône, ndlr]. Dans le cas d'un garçon et d'une fille, ce sera le garçon", expliquait-il à Nice-Matin. C'est ce dernier cas de figure qui s'est présenté mercredi 10 décembre, lorsque Charlène a mis au monde, à 17h04, une petite Gabriella, suivie, deux minutes plus tard, d'un petit Jacques. Comme le précise la constitution de Monaco, primauté au garçon, quoiqu'il arrive, même s'il a des sœurs aînées. Les féministes pourront s'offusquer, probablement à juste titre, "mais il ne faut pas oublier que Monaco est encore une Principauté très traditionnelle et que la religion catholique est religion d'Etat", rappelle Adélaïde de Clermont-Tonnerre, directrice de la rédaction du magazine Point de vue.

En réalité, Albert II ne fait que perpétuer une tradition bien ancrée. Seule innovation, peut-être, le fait que la naissance des enfants ait été saluée par le même nombre de coups de canon (21 pour chaque bébé) alors que la coutume veut que 101 coups soient tirés pour le seul garçon. Si le sexe masculin domine sur le Rocher, la loi salique, qui exclut complètement les femmes de la succession, n'y est toutefois pas effective. En clair, en l'absence d'hériter mâle, la couronne peut théoriquement revenir à une femme. Il y a déjà eu des reines à Monaco. Et si Gabriella n'avait pas eu de frère, elle aurait pu régner. Reste que le choix systématique du garçon pour assurer l'héritage de la couronne peut apparaître d'un autre temps, ou d'une autre époque dans laquelle la domination masculine n'était pas remise en question sur les questions de la gestion du pouvoir. En 2014, il semble plus difficile de justifier une telle préférence vis-à-vis de la gente masculine, si ce n'est par le poids de la tradition. Un peu court comme argument ?

En vidéo - La naissance des jumeaux princiers a été salué par tous les habitants de Monaco et marqué par des festivités. 

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