Jacques Chirac : un an après la rumeur de sa mort, comment va-t-il ?

CHIRAC - Alors qu'il fête ses 85 ans ce mercredi 29 novembre, l'ancien président vit toujours reclus dans son appartement parisien. Alors qu'il y a un an, sa mort avait été annoncée sur les réseaux sociaux, sa santé est stable, selon les derniers témoignages...

[Mis à jour le 29 novembre 2017 à 19h46] A l'automne 2016, une rumeur se propageait sur Internet, si puissante qu'elle était reprise par plusieurs journalistes, mais aussi Christine Boutin : la mort de Jacques Chirac était annoncée et il faudra près de 24 hures pour que ses proches, par la voie de l'AFP, démentent et s'indigne de ce mauvais procédé. Au Maroc, l'ancien chef d'Etat avait été rapatrié en urgence, victime d'une très grave infection pulmonaire, et avait été  hospitalisé dans un état sérieux, pendant plusieurs semaines. Un peu plus d'un an après, l'ex-président de la République fête ses 85 ans ce 29 novembre et même s'il n'est pas au mieux, sa santé semble s'être stabilisée. C'est en tout cas ce qu'annonce France Bleu, qui a reçu Christian Boyer, ancien reporter-photographe et auteur d'un livre-album sur sa carrière politique.

"Jacques Chirac se porte beaucoup mieux qu'on ne le dit. Je ne sais pas comment je serai à 85 ans si j'ai un AVC, mais il a toute sa tête", a-t-il affirmé. Dans les faits, Jacques Chirac vit toujours dans son appartement près du Sénat, à Paris, entouré d'auxiliaires de vie qui veillent en permanence sur sa santé. Ses visiteurs sont désormais rares, mais quelques intimes lui rendent visite de temps en temps.

Un Chirac "fatigué... mais résistant"

C'est le cas de Hugues Renson, ancien conseiller de Jacques Chirac et aujourd'hui député La République En Marche. Interrogé par RTL, il dit avoir vu l'ex-président cette semaine. Le vice-président de l'Assemblée nationale a constaté que Chirac était "fatigué". "Il est atteint par la maladie, mais Jacques Chirac est résistant. Il est en bonne forme, il est toujours agréable de venir le voir pour prendre de ses nouvelles", affirme le député.

Début novembre, c'est Christian Jacob, patron des députés LR à l'Assemblée, qui avait témoigné. "J'ai eu de ses nouvelles très récemment, il y a deux jours pour tout vous dire, et il va plutôt bien. On sait tous qu'il est atteint d'une maladie qui est évolutive, mais il est plutôt dans une période où les choses vont bien", avait-il déclaré sur LCP. Des propos corroborés par ceux de la fille de Jacques Chirac, Claude, qui affirmait en septembre dernier que son père allait mieux qu'il y a un an.

De nombreuses confidences début octobre

Ces rares témoignages sont précieux tant la santé de Jacques Chirac intéresse voire passionne les Français. Pour preuve, la sortie très médiatisée du livre du journaliste Arnaud Ardoin, intitulé "Président, la nuit vient de tomber", début octobre. L'ouvrage, basé sur les confidences d'un ancien collaborateur, rapportait de nombreuses anecdotes sur le quotidien de l'ancien chef de l'Etat, cloîtré chez lui et désormais au "crépuscule" de sa vie, comme l'avait poliment titré Paris Match en publiant les bonnes feuilles.

Bien sûr, le livre ne sera pas du goût de la famille Chirac qui précisera qu'il a été écrit et publié à l'insu du principal intéressé. Affirmant ignorer le projet, Claude Chirac avait évoqué le "choc assez violent" qu'elle et sa famille ont subi en découvrant son existence. "Notre père nous a toujours dit qu'au regard des vraies souffrances des hommes, il était indécent d'étaler en public le moindre état d'âme. On se tient droit. Et donc, vous imaginez bien que jamais il n'aurait pu cautionner une telle démarche", a-t-elle expliqué au Parisen à l'époque. Consciente que les Français "témoignent [à Jacques Chirac], en effet, toujours aujourd'hui de différentes manières beaucoup d'attachement, d'affection, beaucoup de gentillesse", Claude Chirac estimait alors qu'ils n'ont pour autant "pas besoin [...] d'avoir quelqu'un en couverture d'un magazine pour lui témoigner de l'affection." Et de rappeler : " Jacques Chirac a décidé d'être dans un quotidien qui, dorénavant, est strictement privé et je pense qu'il a le droit à ce respect-là comme n'importe qui. Chacun doit être respecté dans ses choix, surtout à un moment où l'on termine sa vie... Qu'on le veuille ou non."

Les confidences d'un ancien collaborateur

Un homme seul, de plus en plus coupé du monde, qui n'est plus complice avec son épouse Bernadette, incapable de marcher sans assistance, mais qui garde quelques instants de lucidité. Voici le portrait fait de Jacques Chirac dans "Président, la nuit vient de tomber". Celui-ci a souhaité donner un regard bienveillant sur la fin de vie de l'ancien président. Il a pour cela interrogé l'ultime confident du président, Daniel Le Conte, mort en juillet dernier. "C'est lui qui a eu envie de se confier sur sa relation de fraternité et de complicité avec Jacques Chirac", expliquait l'auteur du livre à Paris Match le 2 octobre. Le décès de Daniel Le Conte a été une épreuve pour Jacques Chirac, le privant de la visite quotidienne de cet ultime fidèle parmi les fidèles. Il était la personne sur qui il pouvait compter depuis son départ de l'Élysée. Un ami de la famille, de confiance : c'est d'ailleurs Claude Chirac qui lui a demandé de veiller sur son père. Il passait chaque jour, aux alentours de 15 heures, prendre des nouvelles et tenter de nouer un semblant de dialogue avec cet ancien homme politique désormais au crépuscule de sa vie.

"Jacques Chirac vit au rez-de-chaussée. Sa chambre donne sur une terrasse ombragée sur laquelle on a posé un transat pour que le président puisse profiter des quelques rayons de soleil, ceux qui réussissent à se faufiler entre les immeubles cossus qui entourent la place Saint-Sulpice. Six auxiliaires de vie s'occupent du président jour et nuit. Ils sont sa récréation et ses rayons de soleil. [Bernadette, elle, vit à l'étage.] C'est comme une maison de retraite qui ne dit pas son nom", pouvait-on lire dans les pages du livre.

Jacques Chirac "immobile", "seul au monde"

"Jacques Chirac n'a plus envie de faire l'effort, juste la force d'écou­ter", confiait encore Daniel Le Conte. Il a "les yeux perdus dans des pensées indéchiffrables". L'ouvrage procédait notamment d'une comparaison avec la fin de vie de François Mitterrand, qui a terriblement souffert de son cancer, mais qui pouvait rester alerte. "Jacques Chirac, lui, est immobile, seul au monde, alors que le mouvement et l'action ont été les moteurs de sa vie. Lui qui aime tant la liberté, est aujourd'hui enfermé vivant dans un monde de plus en plus inaccessible".

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Bernadette Chirac

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