Jean d'Ormesson : l'hommage national rendu à l'Immortel

Jean d'Ormesson : l'hommage national rendu à l'Immortel JEAN D'ORMESSON - Un hommage national, présidé par Emmanuel Macron, a été rendu ce vendredi à l'académicien, décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 92 ans. Le président a prononcé un discours en son honneur.

L'ESSENTIEL


"Une clarté qui nous manquera". C'est par ces mots qu'Emmanuel Macron a évoqué Jean d'Ormesson, décédé mardi 5 novembre, lors de son discours d'hommage rendu à l'académicien. Dans un froid saisissant, 150 personnes s'étaient rassemblées dans la cour de l'hôtel des Invalides, à Paris, pour rendre un dernier hommage à "Jean d'O". Des proches évidemment, des artistes, mais aussi beaucoup de personnalités politiques. Trente députés, une dizaine de membres du gouvernement et surtout deux anciens présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande, dont les poignées de main avec M. Macron fut franches. Le président actuel a prononcé un discours très solennel, empreint d'émotion et de déférence. Emmanuel Macron a rappelé le caractère résolument joyeux et optimiste de l'écrivain, qu'il considère comme une "antidote à la grisaille des jours". "Jean d’Ormesson était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n’est pas le contraire de la profondeur mais de la lourdeur", a-t-il poursuivi avant d'insister - alors que le ciel parisien se débarrassait de ses nuages matinaux - sur la "clarté" de cet homme de lettres. "Plus qu’aucun autre, il aima la clarté. Celle des eaux de la Méditerranée où il se baignait, du ciel d’Italie qu’il adorait, des pentes enneigées où il aimait skier et de l’éclat de son style", a déclaré le président français, avant d'achever son discours en allant déposer un crayon symbolique sur le cercueil de Jean d'Ormesson. Un crayon qui "soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude, et celui du souvenir", conclut Emmanuel Macron. Les funérailles de Jean d'Ormesson seront célébrées dans l'intimité.

EN DIRECT


12:54 - Le cercueil quitte les Invalides

FIN DU DIRECT - Alors que le violon de Renaud Capuçon retentit, le cercueil de Jean d'Ormesson quitte la cour d'honneur des Invalides, suivi de sa famille et du couple présidentiel. Le cérémonie, d'une grande élégance à l'image de l'écrivain, a pris fin. Il sera inhumé dans l'intimité.

12:40 - Un crayon sur la tombe de Jean d'Ormesson

Emmanuel Macron vient de clore son discours d'hommage à Jean d'Ormesson. En guise de symbole, il a déposé un crayon sur le cercueil de l'écrivain, après avoir conclu son intervention. "Du moins puis-je, au nom de tous, vous rester fidèle en déposant sur votre cercueil ce que vous allez et ce que vous aviez voulu y voir : un crayon. Un simple crayon. Le crayon des enchantements. Qu'il soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude, et celui du souvenir. Je vous remercie", a déclaré M. Macron.

12:33 - L'entrée du cercueil de Jean d'Ormesson

Avant que le discours d'Emmanuel Macron ne débute, le cercueil de Jean d'Ormesson a été déposé au centre de la cour de l'hôtel des Invalides. Revivez ce moment en vidéo.

12:24 - Le discours d'Emmanuel Macron a débuté

Devant une assemblée de 150 personnes et le cercueil de Jean d'Ormesson déposé au milieu de la cour de l'hôtel des Invalides, le président français à débuté son discours d'hommage. "Plus qu'aucun autre il aima la clarté. (...) Il n'était pas un lieu que sa présence n'illumina", a déclaré M. Macron en ouverture.

12:09 - Emmanuel Macron est arrivé

Le convoi présidentiel vient de pénétrer dans la cour de l'hôtel des Invalides, alors que la Marseillaise résonne. Emmanuel Macron va présider cette cérémonie d'hommage national. Il est accompagné par sa compagne Brigitte Macron.

12:04 - Beaucoup d'invités politiques

Parmi les 150 invités prévu lors de cet cérémonie d'hommage national, beaucoup son issus du monde politique. Outre les 30 députés la dizaine de membres du gouvernement, on note la présence de Nicolas Sarkozy, François Hollande, Valéry Giscard d'Estaing, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Bruno Le Maire, François Fillon...

11:58 - Françoise Béghin, l'épouse de Jean d’Ormes­son depuis 54 ans

Jean d’Ormes­son était marié à Françoise Béghin depuis 54 ans. De cette épouse, il dira à Gala en 2015 : "Il n'y a rien d'autre que les femmes. La mienne est merveilleuse, elle a été formidable pendant ma maladie [le cancer de la vessie qu'il a affronté en 2013 - NDLR]. Elle n'est jamais sur le devant de la scène, et a toujours été d'une grande patience". Françoise Béghin est la fille de Ferdi­nand Béghin, patron de presse et fonda­teur de l’entre­prise Béghin-Say. Le couple a eu une fille, Héloïse, née en 1962, devenue éditrice. Il est grand-père d’une petite-fille, Marie-Sarah, née en 1999.

11:52 - La messe a pris fin

"Une messe simple" comme l'avait annoncé père Rougié, qui y officiait, s'est donc achevée en la cathédrale Saint-Louis des Invalides. Une messe parsemée d'épisodes musicaux - un concerto de Mozart a été joué - et de lectures de psaumes, dont un passage de Saint-Paul. La cérémonie d'hommage ne va pas tarder à débuter.

11:39 - Hommage à Jean d'Ormesson : 150 invités

Outre le public, prévu en nombre à venir se masser à l'hôtel des Invalides pour l'hommage national rendu à Jean d'Ormesson, 150 personnes ont y été spécialement invitées. 30 députés et neuf membres du gouvernement sont attendus selon Le Monde.

11:26 - Jean d'Ormesson, un témoin du XXe siècle

Jean d'Ormesson a traversé la moitié du siècle dernier dans sa vie d'adulte. Issu de la haute bourgeoisie intellectuelle parisienne, il passa néanmoins sa jeunesse entre la Bavière, Munich, où il découvrira la montée du nazisme, Bucarest en Roumanie, et Rio de Janeiro. Son séjour en Allemagne aura marqué sa vie à tout jamais. A Linternaute.com en 2005, il dira que les événements les plus marquants auquel il assisté étaient "la chute de la France en mai 40 et sa libération en 44-45". Jean d'Ormesson a aménagé à paris en pleine Occupation, en 1943, où il parviendra à suivre des études sans encombre. Il commencera par les lettres classiques, l'histoire et la philosophie, qu'il choisira plus tard, à l'École Normale Supérieure.

11:15 - Quels livres de Jean d'Ormesson retenir ?

S'il fallait lire quelques livres de Jean d'Ormesson, lesquels retenir, tant son oeuvre est prolifique ? On peut citer tous les ouvrages récompensés par des prix littéraires, une dizaine au total : outre le grand prix du roman de l’Académie française pour La Gloire de l‘Empire en 1971, Jean d'Ormesson a reçu le Prix Balzac en 1975 pour Au plaisir de Dieu, le Prix de la Paulée de Meursault en 1979 pour 100 Meursault, le Prix du mémorial de la ville d’Ajaccio en 1990 et le Prix Barbi Colombini en 1992 pour Garçon de quoi écrire, le Prix Scanno en 1992 pour Histoire du Juif errant, le Grand Prix RTL – “Lire” en 1994 pour La Douane de mer, le Prix Jean Giono en 1999 pour Le rapport Gabriel ou encore le Prix Combourg en 2001 pour Voyez comme on danse. Quand on lui posait la question en 2005, Jean d'Ormesson répondait lui-même : "Difficile de choisir, La Gloire de L'Empire, Au plaisir de Dieu, La Douane de mer, et naturellement le dernier ["Une fête en larmes", sorti la même année - NDLR]".

11:03 - Jean d'Ormesson aura écrit jusqu'au bout

Très beau moment de télévision hier sur le plateau de La grande librairie sur France 5. Invitée de François Busnel, Heloïse d'Ormesson a fait une révélation touchante sur les derniers instants de vie de son père. "Je savais qu'il écrivait un nouveau livre. Je savais qu'il voulait me le confier. Mais ce que je ne savais pas, c'est qu'il l'a fini samedi... J'ai trouvé ce matin cette dernière page du manuscrit dont je vous laisse lire la totalité ou la dernière phrase", lance-t-elle à l'animateur qui a alors procédé à la lecture de ce qui semble être les ultimes moments d'écriture de l'Académicien : "Une beauté pour toujours, tout passe, tout finit. Tout disparaît et moi qui m'imaginais vivre toujours, qu'est-ce que je deviens ? Il n'est pas impossible... Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécus est une vérité et une beauté pour toujours. Et la mort elle-même ne peut rien contre moi".

10:56 - La messe a débuté

La messe précédant la cérémonie d'hommage national a débuté en la cathédrale Saint-Louis des Invalides à Paris. Le cercueil de Jean d'Ormesson, orné du drapeau tricolore, est encadré par la Garde républicaine. Le livre de messe révèle un vers de Louis Aragon que Jean d'Ormesson appréciait tout particulièrement puisqu'il en avait fait le titre de l'un de ses livres : "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle".

10:42 - Déjà du monde aux Invalides

Alors que la cérémonie d'hommage national ne débute qu'à 12h, un bon nombre d'admirateurs anonymes de Jean d'Ormesson est déjà présent autour de l'hôtel des Invalides. Le public pourra assister à la cérémonie à l'intérieur de l'hôtel, massé derrière des barrières. Une cérémonie ponctuée d'épisodes musicaux et notamment concerto de Mozart, apprend-on via BFM TV.

10:27 - Quel écrivain était Jean d'Ormesson ?

Outre ses intrigues, souvent empreintes d'une certaine joie de vivre quand beaucoup écrivent sur la mélancolie et les affres de l'existence, Jean d'Ormeson a développé au fil de ses ouvrages un style particulier. La dimension autobiographique a toujours ou presque été présente dans ses livres, comme les anecdotes, confidences personnelles, les parenthèses, digressions et autres réflexions sur la vie ou le temps qui passe, donnant à son récit un parcours singulier. Ces caractéristique et la capacité de Jean d'Ormesson à construire une histoire autour de plusieurs personnages, pouvaient parfois désarçonner le lecteur , ne sachant plus vraiment s'il avait affaire à un roman ou à un essai.

BIOGRAPHIE DE JEAN D'ORMESSON


Jean d'Ormesson naît à Paris le 16 juin 1925 d'un père diplomate et ami de Léon Blum. Son enfance se divise entre le château de sa mère dans l'Yonne et les différents pays où son père est muté. De retour à Paris, Jean d'Ormesson entre à l'École normale supérieure d'où il ressort agrégé en philosophie et licencié en lettres et histoire. Il demande à effectuer son service militaire chez les parachutistes de Vannes

Jean d'Ormesson commence à enseigner le grec dans un lycée parisien, mais écrit très vite des articles pour différentes revues comme "Paris Match" ou "Ouest-France". En 1950, il est nommé secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO. En 1992, il en deviendra président. En 1962, il épouse Françoise Béghin, héritière du magnat de la presse Ferdinand Béghin. Il travaille à plusieurs reprises dans des cabinets ministériels en tant que conseiller. 

En 1971, il rencontre un premier succès en tant qu'écrivain avec son roman "La gloire de l'empire", qui reçoit le Grand prix du roman de l'Académie française. Sa carrière d'écrivain débute réellement et, le 18 octobre 1973, il est élu à l'Académie française. Beaucoup de ses romans deviennent des best-sellers. La dimension autobiographique y est souvent présente et donne un style à son écriture. Son parcours professionnel évolue constamment. En 1974, il occupe le poste de directeur général du Figaro. Il est fait grand officier de la Légion d'honneur et publie en 2001 "Voyez comme on danse", récompensé par le prix Combourg. 

En 2012, pour la première fois de sa vie, Jean d'Ormesson endosse un rôle au cinéma. Il joue François Mitterrand dans Les saveurs du palais de Christian Vincent. En 2014, Jean d'Ormesson est promu grand-croix de l'ordre national de la Légion d'honneur, il est également commandeur de l'ordre national de la Croix du Sud du Brésil. Jean d'Ormesson est décédé d'une crise cardiaque le 5 décembre 2017, à son domicile de Neuilly-sur-Seine. Il était âgé de 92 ans.

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