Bernard Tapie : son cancer le cloue en réanimation, son procès au point mort ?

Bernard Tapie : son cancer le cloue en réanimation, son procès au point mort ? TAPIE - L'homme d'affaires est en réanimation à l'hôpital "pour plusieurs jours", après avoir subi une lourde opération visant à le soigner du cancer de l'estomac. Bernard Tapie n'a pas pu se rendre devant la justice le 8 janvier.

Bernard Tapie a subi une "lourde" opération chirurgicale mercredi 10 janvier, à l'hôpital parisien Saint-Louis. Son épouse, qui a transmis à l'Agence France Presse un communiqué, a fait savoir que l'homme d'affaires avait été placé au service de réanimation "pour plusieurs jours", après une intervention qui s'est déroulée "dans des conditions normales". Cette hospitalisation et cette opération, destinées à accélérer son traitement contre son cancer de l'estomac, avaient été "prévues de longues", précise encore la femme de Bernard Tapie.

L'ancien ministre avait révélé être atteint de cette maladie en septembre 2017. Alors qu'il suit un traitement lourd contre son cancer, l'homme d'affaires de 74 ans a été renvoyé en correctionnelle le 20 décembre dernier, dans le cadre de l'affaire de l'arbitrage controversé du Crédit Lyonnais. Il a répondu à plusieurs convocations des juges, mais ne s'est pas rendu à l'audience du lundi 8 janvier 2018, Bernard Tapie ayant invoqué son état de santé. Le Consortium de réalisation (CDR), qui considère que l'ancien ministre doit rendre des comptes dans cette affaire, l'a accusé de mettre en place une "stratégie de retardement" et d'"instrumentaliser sans pudeur" son cancer pour échapper aux échéances de la justice.

Bernard Tapie tente-t-il d'échapper aux procédures ? Si le procès est retardé, les magistrats ne pouvant pas l'entendre et étant contraints de reporter l'audience, l'homme d'affaires, lui, se défend de vouloir échapper à la justice : "Évidemment que si je pouvais être là j'y serais ! J'ai toujours été présent devant toutes les juridictions, sauf dans les affaires purement techniques. La réalité, c'est que ces gens-là veulent ma mort. On n'a jamais vu un acharnement pareil. Toutes les semaines, ils me sortent un truc nouveau. Ils veulent être sûrs de me finir", a-t-il répondu dans le Journal du Dimanche.

Les dernières actualités sur Bernard Tapie

17:31 - Pour le fils de Bernard Tapie, son père "ne lâche jamais"

Interrogé en septembre dernier par Le Parisien, Stéphane Tapie parlait de son père en ces termes. "On parle d'un type qui dans le sport a gagné la Ligue des champions et le Tour de France. Vous croyez que c'est par hasard, que c'est arrivé comme cela ? Non, il a fallu qu'il combatte pour y arriver. Et c'est ce qu'il continue à faire", disait-il ajoutant : "Mon père est un lion qui ne baisse jamais les bras. C'est ça qui est beau et impressionnant avec lui. Il ne lâche jamais. C'est presque surnaturel".

16:18 - Bernard Tapie estimait que sa présence était "indispensable" lors de la première audience à Bruxelles

Si Bernard Tapie ne s'est pas rendu à l'audience fixée par le tribunal de Bruxelles le 8 janvier, il était présent le 25 octobre. Son avocat, Jean-Louis Dupont, avait fait savoir à RTL qu'il "tenait à être là en personne parce que le fond du dossier le justifiait". L'ancien ministre "estimait que c'était indispensable. Ça a été une épreuve physique mais il l'a fait. Depuis quelques jours déjà il nous disait qu'il voulait être là", faisait savoir l'homme chargé de sa défense, qui ajoutait alors : "Il traverse une période difficile mais il n'a rien perdu de sa hargne et de sa détermination".

15:09 - Pour rappel, Bernard Tapie a été condamné à rembourser 404 millions d'euros

Après que le jugement rendu par arbitrage en faveur de l'homme d'affaires a été annulé, la Cour de cassation l'a également condamné le 18 mai 2017, de manière définitive, à rembourser la somme perçue à l'issue de l'arbitrage. Il est autorisé à étaler les remboursements sur une période de six ans, en vertu d'une décision du tribunal de commerce de Paris. Le 25 octobre denier, devant les juges belges, il avait assuré qu"il n'avait jamais perçu les 404 millions d'euros, arguant du fait que le Consortium avait récupéré directement 165 millions de créances sur cette somme dégagée par l'arbitrage. "On ne peut quand même pas me demander de rendre plus que ce que j'ai touché", avait notamment déclaré Bernard Tapie.

13:48 - Pourquoi Bernard Tapie est-il renvoyé devant le tribunal correctionnel ?

Les juges d'instruction en charge du dossier ont suivi les réquisitions du parquet. Six prévenus, dont Bernard Tapie, son avocat Maurice Latourne et Stéphane Richard - PDG d'Orange et ex-directeur de cabinet de la ministre Christine Lagarde doivent désormais répondre aux questions des magistrats lors d'un procès au pénal. Les juges considèrent que l'arbitrage à l'issue duquel Bernard Tapie a été indemnisé de 404 millions d'euros, dans le litige qui l'opposait au Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas, est potentiellement entaché de graves irrégularités. Les prévenus sont tous soupçonnés d'"escroquerie" et de "détournement de fonds publics" ou de complicité. La peine encourue est de 10 ans de prison. Rappelons que l'arbitrage, daté de 2008, a été considéré par la Cour d'appel de paris comme ayant été "entaché de fraude" et annulé en 2015. La justice souhaite donc établir désormais les responsabilités des acteurs du dossier de cette "fraude".

12:22 - Bernard Tapie au tribunal civil de Bruxelles le 25 octobre

Bernard Tapie était présent le 25 octobre dernier au tribunal civil de Bruxelles pour s'opposer à la saisie de ses biens sur le territoire belge, prononcé dans le cadre de l'affaire Adidas - Crédit lyonnais (il a été condamné il y a 6 mois à restituer 404 millions d'euros à la banque française). Néanmoins, l'ancien président de l'OM faisait savoir qu'il espérait encore une autre issue. "J'espère que la justice belge mettra un point d'honneur à interroger le droit européen pour savoir si ça a été bien fait ou pas, a-t-il déclaré au micro de la RTBF. Si ce la n'a pas été bien fait, on comprendra pourquoi ce combat de ces cinq dernières années a tourné comme il a tourné". Pour sa première apparition en public depuis les révélations sur sa maladie, Bernard Tapie a également été interrogé sur un éventuel "acharnement" de la justice. "C'est à mon estomac qu'il faudrait poser la question", avait-il répondu.

12:15 - Quand Bernard Tapie évoquait sa maladie et sa mort sur France 2

"Quand on a 70 ans et plus, il faut accepter qu'à un moment donné on va aller vers l'épreuve ultime qu'est la mort. Et pour moi, ce n'est pas une catastrophe", confiait Bernard Tapie à Laurent Delahousse sur France 2 il y a quelques semaines. Parlant de son cancer de l'estomac, il estimait que son sort relevait de l'ordre des choses. "Je n'ai pas envie de partir. Mais il faut avoir la raison de se dire que quand ça tombe sur un petit couple où la femme a 35 ans, 3 enfants et qu'elle se fait un cancer du sein, reconnaissez que c'est un autre truc. Je le prends comme une épreuve supplémentaire qui s'ajoute à celles que je viens de vivre depuis quelques années", disait-il.

Bernard Tapie malade d'un cancer de l'estomac

Le 23 septembre dernier,le grand public avait pris connaissance de l'état de santé de l'ancien homme d'affaires et ministre par le biais d'un message, sur Twitter, René Maleville, supporter emblématique de l'OM. "Bernard Tapie est gravement malade, avait expliqué ce dernier. "Je pense que toute la famille va le soutenir, physiquement, moralement, toujours est-il que nous, ses amis, sommes avec lui par la pensée (...) Bernard, tu as toujours été un battant, bats- toi", avait-t-il ajouté, expliquant, dans un second tweet, que Bernard Tapie était atteint d"un "cancer généralisé". Le lendemain, c'est Dominique Tapie, la femme de l'ancien président du club phocéen, qui s'était elle-même exprimée à ce sujet, via l'AFP. "Bernard souffre d'un cancer de l'estomac avec extension sur le bas de l'oesophage, avait-t-elle précisé. Il est traité par le service d'oncologie de l'hôpital Saint-Louis, à Paris, par un programme de chimiothérapie adapté. On espère une intervention chirurgicale possible avant la fin de l'année. Elle avait également confié qu'elle gardait espoir : "Sa nature de battant et l'affection de sa famille, de ses proches mais aussi les formidables témoignages d'encouragement qu'il reçoit nous rendent optimistes".

Une fois la nouvelle rendue publique, les marques d'affection et de soutien avaient en effet été très nombreuses durant tout le week-end, à commencer par celles des supporters de l'Olympique de Marseille, qui avaient déployé plusieurs banderoles à l'occasion du match OM - Toulouse, au stade Vélodrome. "Courage et merci Boss", Courage Nanard, on est avec toi", ou encore "Courage Mr. Tapie", pouvait-on notamment lire". Dans l'émission Canal Football Club, le journaliste Pierre Ménès, lui-même récemment touché par la maladie, avait également souhaité "beaucoup de courage et de combativité" à Bernard Tapie, qui avait, lui, confirmé brièvement par téléphone à L'Equipe qu'il allait "se battre comme il l'a toujours fait".

Bernard Tapie : Biographie

Bernard Tapie est un homme d'affaires français, notamment connu pour les affaires judiciaires auxquelles il a été mêlé. Bernard Tapie tente d'abord de se lancer dans la chanson, mais il y renonce faute de succès. Il se lance ensuite dans la course automobile, mais un grave accident le pousse rapidement à arrêter. Bernard Tapie devient ensuite vendeur de postes de télévision. Il ouvre son magasin qu'il revend et se lance alors dans la création d'entreprises afin d'engendrer des profits. Au milieu des années 1980, Bernard Tapie apparaît à la télévision dans plusieurs programmes politiques et culturels. Faisant grimper à chaque fois le taux d'audience, il devient rapidement un personnage médiatique à part entière. Il présente entre 1986 et 1987 l'émission "Ambitions" dont l'objectif est d'aider une personne à créer son entreprise.

Bernard Tapie décide ensuite de s'engager en politique : il est ainsi député dans les Bouches-du-Rhône de 1989 à 1992 puis de 1993 à 1996. Il est également ministre de la Ville de décembre 1992 à mars 1993. Cependant, l'affaire VA-OM le place sur le devant de la scène médiatique : cette tentative de corruption lui vaut alors une condamnation en appel à 2 ans de prison, dont 8 mois fermes ainsi qu'une inéligibilité de 3 ans, mettant ainsi fin à sa carrière politique. Cependant, la presse continue à parler de lui. Après la vente d'Adidas en 1993 et à la mise en faillite de son entreprise par le Crédit Lyonnais en 1994, un long procès est en marche. Il obtient finalement réparation en 2008 : il perçoit alors 403 millions d'euros. Cela lui permet notamment en décembre 2012 de devenir actionnaire à 50 % du groupe Hersant Média qui possède le journal "La Provence" grâce à une augmentation de capital de 48 millions d'euros.

En décembre 2015, dans l'affaire de l'arbitrage Adidas de 2008, la cour d'appel de Paris l'a condamné à rembourser l'intégralité des sommes perçues, soit 404 millions d'euros, plus les intérêts. Il doit également payer une amende de 300 000 euros pour frais de justice. En revanche, au titre du préjudice moral, la cour d'appel lui octroie un euro symbolique de dommages et intérêts.

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