Premières dames : à chacune son style Cécilia Sarkozy, l'affranchie

Cécilia Sarkozy pourrait être définie comme une pionnière : elle est la première "First lady" à avoir divorcé de son Président de mari durant son mandat.


cécilia sarkozy, à la victoire de nicolas sarkozy, mai 2007.
Cécilia Sarkozy, à la victoire de Nicolas Sarkozy, mai 2007. © Agathe Azzis / L'Internaute

Couple interdit

Cécilia Ciganer-Albeniz rencontre Nicolas Sarkozy le jour de... son mariage. C'est en effet en août 1984 que le maire de Neuilly, futur président de la République, prononce l'union de Cécilia avec Jacques Martin, présentateur vedette de la télévision française. Le maire, troublé, tombe sous le charme de Cécilia. Les Sarkozy côtoient les Martin, l'attirance entre Cécilia et Nicolas devient de plus en plus visible. Neuilly jase. Trois ans après son mariage, Cécilia quitte la star de la TV avec ses deux filles en bas âge pour rejoindre Nicolas Sarkozy.

Cécilia, fille d'un Russe blanc et d'une Espagnole, est une femme de caractère. Lorsqu'elle décide de suivre Nicolas Sarkozy à la fin des années 1980, elle embrasse ses ambitions. Elle sera la femme qui va l'aider à atteindre son objectif : celui de devenir président de la République. Elle le pousse, l'accompagne, l'influence tout au long de son ascension politique, du RPR aux ministères, des ministères jusqu'à l'Elysée. "Elle est l'un des plus précieux conseillers de son mari en relations publiques, elle met en scène ses meetings et leur famille", explique la journaliste Constance Vergara dans son livre sur les premières dames(1).

Le couple, ambitieux, ne néglige pourtant pas la vie de famille. En 1997, un an après leur mariage, naît Louis. C'est le cinquième enfant de cette famille recomposée : Nicolas Sarkozy a déjà eu deux fils d'un premier mariage, Pierre et Jean, qui cohabitent dans cette fratrie avec les deux filles de Cécilia, Judith et Jeanne-Marie. La future première dame couve son petit dernier tout en continuant à soutenir son mari.

 

Des clashs à répétition

Passionnée de politique, Cécilia a  été pressentie pour les régionales de 2004. Ancienne assistante parlementaire, la future première dame fait partie du cabinet ministériel de Nicolas Sarkozy à l'Economie, se chargeant de coordonner les déplacements de son mari. Mais Cécilia Sarkozy a ses contradictions, entre ambition et volonté de liberté. Dans les pages de Télé Star, elle déclare en 2005 : "Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase. Je ne suis pas politiquement correcte. Je me balade en jean, en treillis ou en santiags. Je ne rentre pas dans le moule."

"Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase."

En  2005, Cécilia quitte son époux en pleine campagne sur le référendum. Dans les médias, Nicolas Sarkozy esquisse les "difficultés" que connaît son couple. Sa femme voyage, elle passe du temps avec un autre homme. Cécilia se ravise, revient après plus d'un an de rupture. L'ascension de Nicolas Sarkozy continue, sa femme l'aide dans sa campagne pour 2007, en plaçant certains conseillers, oeuvrant pour que d'autres aient moins d'influence. Cécilia accompagne Nicolas Sarkozy jusqu'à la victoire en mai 2007. Mais dès le 6 mai, le jour même du second tour, la future première dame ne se rend pas aux urnes, le torchon brûle à nouveau entre les époux. Au Fouquet's, Nicolas Sarkozy attend sa femme, qui viendra finalement fêter la victoire. Mais Cécilia ne sera première dame que pendant 7 mois. Le temps d'aider à la libération d'infirmières bulgares en Libye. Mais dès le 18 octobre 2007, l'Elysée le confirme : Nicolas Sarkozy et Cécilia se séparent.

Cécilia Sarkozy devient Cécilia Attias le 23 mars 2008. Libérée de ses obligations de première dame, elle vit désormais aux Etats-Unis et préside  la Fondation Cécilia Attias pour les femmes.


(1) . "Valérie, Carla, Cécilia, Bernadette et les autres, en campagne", Constance Vergara, Editions Tallandier.