Candidats municipales : le scandale des fausses étiquettes

Candidats municipales : le scandale des fausses étiquettes Suite à un changement dans la procédure électorale, des préfectures ont attribué arbitrairement des étiquettes à des listes de candidats aux municipales. De quoi mécontenter beaucoup de prétendants dans les petites communes.

Au standard de Linternaute.com et dans la boîte mail de la rédaction, les messages s'accumulent. Beaucoup s'accompagnent de vives explications au téléphone ou des mentions "urgent", "à rectifier au plus vite" ou encore "erreur d'étiquette". Depuis la publication des listes des candidats aux municipales, de nombreux candidats dans des petites villes se plaignent de l'étiquette ("divers gauche", "divers droite" etc.) qui leur a été attribuée. Les données publiées sur Linternaute.com comme sur d'autres sites sont pourtant bien conformes à celles fournies par le ministère de l'Intérieur, qui répertorie les 926 000 candidatures...

C'est un changement dans la procédure électorale qui est à l'origine de ces plaintes. Jusqu'à présent, dans les villes de moins de 3500 habitants, où le scrutin était individuel, il n'était pas obligatoire de déclarer sa candidature au préalable en préfecture. Pour les municipales de 2014, toutes les villes de plus de 1000 habitants sont passées au scrutin de liste. Tous les candidats ont en outre dû remplir un formulaire et s'inscrire avant le 6 mars en préfecture. Une inscription pour laquelle la mention d'une nuance était obligatoire, avec l'objectif affiché par les autorités de rendre les élections "plus lisibles" pour les électeurs. Mais cette catégorisation pose un véritable problème pour les listes "sans étiquette" qu'on sait nombreuses dans les petites communes.

Les listes de candidats "sans étiquette"

A ce stade, un prérequis s'impose : l'étiquette, ou la nuance, ne correspond pas à la mention du parti, les deux pouvant coexister pour une seule et même liste. Ainsi, les listes estampillées "PS" sont généralement inscrites sous l'étiquette "Listes d'union de la gauche", celles de l'UMP sous la nuance "Liste d'union de la droite". De nombreuses listes sont sobrement intitulées "Divers gauche" ou "Divers droite" comme à l'accoutumée. Mais quid des listes "sans étiquette" ? Une catégorie "Divers" était disponible. Mais trop floue ou trop anxiogène pour les candidats craignant de se retrouver mélangés avec des farceurs, elle a parfois été écartée. Surprise : la préfecture a alors attribué une étiquette d'office aux listes ! C'est ainsi qu'un chef de file soucieux de ne pas afficher de tendance politique a été étiqueté "Divers gauche" ou que des candidats dont la sensibilité est à gauche, mais qui ont joué l'union pour leur petite commune, se retrouvent dans des listes "Divers droite"...

Sur quelles bases ont été décidées ces étiquettes qui semblent parfois loin de la réalité ? Sur le site du Monde, le ministère de l'Intérieur assume les difficultés, mais les explications restent sujettes à caution. Les préfectures auraient selon lui donné des nuances selon leurs "connaissance des engagements des candidats". Une préfecture affirmerait même s'être basée sur des "faisceaux d'indices", des "renseignements du terrain", voire des "fichiers existants" où seraient répertoriés les "prises de position des candidats dans la presse". De quoi faire bondir l'Association des maires ruraux qui fustige des méthodes dignes des "Renseignements généraux".

Les candidats ont jusqu'au 19 mars pour contester leurs étiquettes au ministère de l'Intérieur, soit 4 jours avant la date du premier tour des municipales.

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