Sondages municipales : peut-on leur faire confiance ?

Sondages municipales : peut-on leur faire confiance ? Les sondages lors des élections municipales se sont multipliés dans la dernière semaine de campagne, avec parfois des résultats sujets à caution.

[Mis à jour le 23 mars 2014 à 08h09] Les sondages des municipales ont donné pendant toute la campagne des résultats contradictoires. Au niveau national, c'est une tendance générale qui a été annoncée pendant des semaines quand au niveau local elle était souvent contredite. Car on l'a constaté avec une rare évidence : quand on prenaient chaque grande villes au cas par cas, certains fiefs semblaient résister ou se retourner selon les cas, alors qu'en toute logique, ils devaient suivre le chemin inverse (les règles encadrant les médias lors des campagnes électorales nous empêchent de citer précisément les villes concernées à ce stade, mais elles sont légion). Comment expliquer un tel écart d'appréciation dans les résultats des municipales entre le local et le national ?

Et bien c'est très simple : l'analyse d'une poignée de villes ne fait pas une généralité. Dans une élection très éclatée comme les élections municipales, les résultats sont très difficiles à globaliser. 36 000 communes vont renouveler (ou reconduire) leurs conseils municipaux, ce qui veut dire que 36 000 scrutins auront lieu. On a donc vite fait de faire des amalgames en confondant situations locales et tendances nationales. D'ailleurs, c'est bien les enjeux locaux que privilégieront les électeurs lors de ces élections. Selon un sondage (encore un) de CSA pour BFMTV et Le Figaro quelques jours avant le vote, 62 % des Français affirmaient ainsi qu'ils se décideraient en fonction de considérations "purement locales". CQFD.

Mais il y a un autre problème, plus général encore et plus récurrent celui-là : les biais dans les réponses des sondés. Combien vont affirmer dans un sondage qu'ils iront voter pour faire bonne figure alors qu'ils feront partie de la cohorte des abstentionnistes le jour J ? Le vote pour certains partis ou certains candidats est aussi sujet à caution : la hausse annoncée du nombre de sympathisants d'un camp dans les sondages est-il vraiment lié à une adhésion plus forte ou à des votants qui, auparavant, le cachaient face aux sondeurs et décident aujourd'hui de l'afficher ? Tous les instituts de sondages en effet avaient l'habitude de "redresser" le pourcentage de votes de certains partis misant sur un "vote honteux" qui serait en recul aujourd'hui.

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