Remaniement : Manuel Valls, Premier ministre

Remaniement : Manuel Valls, Premier ministre C'est Manuel Valls qui remplacera Jean-Marc Ayrault à Matignon, selon les dernières informations disponibles.

[Mis à jour le 31 mars 2014 à 19h04] Selon le journal Le Monde, qui cite Matignon, Manuel Valls va être nommé Premier ministre par François Hollande dès ce soir. Les rumeurs avaient couru tout l'après-midi sur l'identité du nouveau locataire de Matignon. La publication cite directement Matignon. Le président de la République s'exprimera à 20 heures, depuis l'Elysée, sur plusieurs chaînes de télévision. Une allocution enregistrée, qui sera diffusée sur plusieurs chaînes. Ce remaniement intervient suite aux résultats désastreux de la majorité aux élections municipales qui se sont tenues les 23 et 30 mars.

La défaite du Parti socialiste aux élections municipales oblige François Hollande à "infléchir" sa politique, ou du moins à changer de ton et de discours, pour ne pas donner le sentiment de rester dans l'immobilisme. Faire comme si la déroute du parti socialiste n'existait pas serait probablement vécue par beaucoup de Français comme une preuve de surdité ou d'inertie. Faut-il changer le Premier ministre ? Qui serait le meilleur choix pour François Hollande ? Le président de la République semble avoir tranché en faveur d'un ministre populaire, mais qui ne fait pas l'unanimité à la gauche de la gauche.

Manuel Valls est actuellement la personnalité politique du gouvernement la plus populaire, même - et surtout - auprès des sympathisants de droite. Son arrivée à Matignon pourrait signifier un changement de cap plus "droitier", ce qui créerait sans aucun doute des tensions avec les écologistes, qui demandent clairement une inflexion à gauche. La rupture serait également consommée entre les sympathisants du Front de gauche et la politique de François Hollande. En revanche, Manuel Valls incarnerait parfaitement la ligne sociale-libérale de cette seconde partie du quinquennat.

Quels étaient les autres prétendants pour Matignon ? Laurent Fabius, homme d'expérience, bénéficiant d'une popularité plutôt enviable par beaucoup de ministres, l'ancien Premier ministre aurait pu renvoyer l'image d'une autorité retrouvée, et aurait probablement donné des gages de bonne gestion, après deux années très réussies pour lui au Quai d'Orsay. Laurent Fabius a déjà indiqué qu'il ne lorgnait pas sur Matignon. Et les relations entre lui et François Hollande sont pour le moins "compliquées", l'ancien Premier ministre ayant très longtemps témoigné d'un certain mépris pour l'ancien Premier secrétaire du PS, qu'il appelait un temps "fraise des bois".

Martine Aubry ? Populaire à gauche, sa poigne et son autorité sont des qualités que lui reconnaissent les Français. Sa nomination aurait été le signe d'un changement de direction vers la gauche, ce qui aurait été très étonnant alors que François Hollande a fait du pacte de responsabilité sa priorité absolue. Confier ce dossier à "Mme 35 heures" aurait sans doute créé un vrai trouble dans les négociations. Et après l'opposition Hollande-Aubry lors des primaires socialistes de 2011, ce choix aurait immanquablement été comparé à une forme de "cohabitation".

Jean-Yves Le Drian ? Très proche de François Hollande, le ministre de la Défense aurait pu être le choix de la facilité pour le chef de l'Etat, qui aime s'entourer de personnes qu'il peut convaincre sans établir de rapport de forces. En revanche, Jean-Yves Le Drian aurait du mal à incarner le changement. Et celui-ci aurait refusé le poste de Premier ministre, en plaidant pour Valls, selon le Journal du dimanche.

Claude Bartolone ? Son nom circulait depuis quelques semaines comme Premier-ministrable. Le président de l'Assemblée nationale s'est déjà dit flatté. Son énergie et ses relations avec les parlementaires de la majorité auraient pu être un avantage.

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