Jean-Louis Borloo : les vraies raisons de son retrait

Jean-Louis Borloo : les vraies raisons de son retrait C'est d'abord la maladie qui a incité Jean-Louis Borloo à se mettre en retrait de la vie politique, mais d'autres facteurs ont pu inciter le président de l'UDI à démissionner de ses fonctions.

Jean-Louis Borloo quitte la scène politique. Hospitalisé en janvier dernier pour une pneumonie aigüe doublée d'une septicémie, le président de l'UDI était déjà contraint au repos depuis des mois. Mais jusqu'à présent, sa convalescence ne devait durer que jusqu'à l'été. Il était même question d'un meeting dans son fief de Valenciennes pour les européennes en mai. Dans un courrier à l'UDI, dévoilé dans la presse le dimanche 6 avril 2014, Jean-Louis Borloo a annoncé qu'il démissionnait de toutes ses fonctions politiques. Il quitte ainsi son fauteuil de député à l'Assemblée nationale, mais aussi ses fonctions politiques au sein de son parti, créé en 2012 après la présidentielle. Ses graves problèmes de santé sont évidemment la première cause de ce retrait, Borloo estimant n'avoir "pas toute l'énergie nécessaire pour remplir [ses] responsabilités".

Mais la maladie de Jean-Louis Borloo n'est sans doute pas la seule explication. Elle est en réalité un élément déclencheur d'une réflexion menée depuis longtemps par l'ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Selon ses proches cités çà et là dans la presse, Jean-Louis Borloo était depuis longtemps lassé du combat politique et de la tournure qu'il prenait en France depuis des années. Fatigué par les querelles et les logiques d'appareils, bref par la "politique politicienne", Jean-Louis Borloo se définissait plus comme un "créatif", comme le rapporte un proche dans le Parisien. Gérer la bonne marche des centristes, dont les chapelles sont nombreuses, semblait l'ennuyer et l'affaiblir profondément, intellectuellement, mais aussi physiquement.

Une libération

Et c'est là qu'intervient la troisième raison de son retrait. La journaliste Béatrice Schönberg, épouse de Jean-Louis Borloo, plaidait depuis longtemps auprès de son mari pour qu'il lève le pied et se consacre à ses projets personnels et à sa santé. Jean-Louis Borloo lui-même rêvait depuis longtemps, dit-on, de se débarrasser de la politique pour donner plus de temps à sa famille et à sa vie en général. A 63 ans, c'est donc aussi pour des raisons personnelles et pas seulement médicales, que le leader centriste met fin à sa carrière politique. Un coup dur pour l'UDI, comme le rapportent plusieurs membres tels que Jean-Christophe Lagarde, Jean-Arthuis, Yves Jégo, Hervé Morin ou encore Rama Yade, mais une libération pour lui.

Dernière raison de ce retrait soudain et rapide malgré cette longue convalescence : le contexte politique. Au repos dans le sud de la France ou au Maroc selon les sources, Jean-Louis Borloo a raté les municipales, un des grands rendez-vous électoraux de 2014, qui lui aurait permis de lancer concrètement son parti sur la scène politique. Sa voix manquait aussi de manière flagrante en cette période de remaniement, laissant la droite et la gauche presque seules commenter l'arrivée de Manuel Valls à Matignon. Enfin, son retour avant les européennes était plus que compromis, laissant son parti dans l'incertitude, sans leader, pour affronter cette autre étape clé pour l'UDI. L'UDI qui doit réunir ce mardi un comité exécutif puis un congrès en juin. Autant d'éléments de calendrier qui ont poussé l'ancien avocat à réagir. Assailli par les mails et les messages de soutien, Jean-Louis Borloo peinait, ces dernières semaines, à gérer ne serait-ce que son courrier. "Cafardeux, incapable de lire", selon des propos rapportés par Bruno Jeudy du JDD, Borloo n'arrivait plus à se concentrer sur ces messages. Il était temps pour lui de réagir et de permettre à l'UDI d'être "à l'offensive, capable de décider, d'avancer et de se doter d'une organisation qui le permette", comme il l'a indiqué dans sa lettre.

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