Jérôme Lavrilleux : biographie d'un serviteur discret et dévoué de Copé

Jérôme Lavrilleux : biographie d'un serviteur discret et dévoué de Copé Jérôme Lavrilleux vient d'assumer à lui seul la responsabilité de l'affaire Bygmalion qui secoue l'UMP. Récemment élu eurodéputé, il se prenait pourtant à rêver pour la première fois d'une carrière politique. Inédit dans sa biographie.

Il a tout pris sur ses épaules. Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, a affirmé sur BFMTV qu'il assumait les "dérapages" dans les comptes de campagne du candidat de 2012. Des "dérives" dont ni Nicolas Sarkozy, ni Jean-François Copé, dont il est le lieutenant, n'étaient informés. Pas sûr que ce mea culpa, énoncé avec des sanglots dans la voix sur une chaine d'info, suffise à clore l'affaire Bygmalion qui fait l'effet d'une bombe pour l'UMP dans l'après-européennes. Cette société de communication vient d'annoncer qu'un système de fausses facturations lui avait été "imposé" par l'UMP en 2012. Le but : transférer les dépassements des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy à l'UMP pour que ces derniers soient validés à l'issue du scrutin. 10 à 11 millions d'euros auraient fait l'objet de ces "facturations frauduleuses" selon l'avocat de Bygmalion. Une paille

Tandis que le siège de l'UMP était perquisitionné ce lundi 26 mai, Jérôme Lavrilleux a donc tenté, en direct, de sauver la tête de son patron Jean-François Copé. Un rôle de "fusible" qu'il semble revêtir sans broncher. Il faut dire que Jérôme Lavrilleux est un serviteur à la fois discret et dévoué du chef contesté de l'UMP. Depuis 2002, il est son directeur de cabinet. Un poste qui en a fait tantôt le logisticien, tantôt le "tueur politique" de l'ambitieux maire de Meaux.

VIDÉO - Jean-François Copé était accusé dès le mois de février 2014 par des révélations du Point dans l'affaire Bygmalion. C'est alors Jérôme Lavrilleux qui montait au front pour sa défense...

Jérôme Lavrilleux : bosseur acharné, soldat sans pitié

En 2002, au moment de s'investir en politique, Lavrilleux était encore un homme de l'ombre. Elu conseiller général de l'Aisne, il est alors un proche du local de l'étape, Xavier Bertrand. Mais il rejoint Jean-François Copé dans les semaines qui suivent pour devenir son directeur de cabinet. Est-ce ce à cause de ce nouveau mentor que l'élu de Saint-Quentin n'apprécie guère, ou bien d'une "crasse" moins avouable entre les deux hommes ? Selon l'hebdomadaire Marianne, Xavier Bertrand ne voudrait même plus aujourd'hui serrer la main de son ancien protégé. Sans doute persuadé d'avoir misé sur le bon cheval, Jérôme Lavrilleux va ainsi suivre, dans l'ombre, l'ascension de Jean-François Copé, tour à tour ministre de Chirac, chef des députés UMP à l'Assemblée, puis président du parti présidentiel.

La vraie promotion arrivera en 2011.Jérôme Lavrilleux est repéré par Nicolas Sarkozy, soucieux de rallier un Jean-François Copé avec qui il est en bisbille. L'intéressé, qui a fait ses preuves auprès du député-maire de Meaux, a tout pour plaire au président de la République : chiraquien affranchi, il est titulaire d'un simple BTS de commerce international, loin des diplômés habituels de Sciences-Po ou de l'ENA (ce qui n'est pas une tare en Sarkozie), c'est un travailleur acharné, un excellent connaisseur de la carte électorale et des élus, connecté aux réalités du terrain et au réseau de militants. Jérôme Lavrilleux deviendra son directeur de campagne adjoint. Un poste qui en fera l'un des principaux organisateurs de la campagne, organisateur parfois retors, comme en témoignent certaines manoeuvres en coulisses contre les rivaux du président comme François Fillon, Xavier Bertrand, ou Laurent Wauquiez. Lavrilleux sera notamment le chef d'orchestre des coûteux meetings du candidat. Trop coûteux. Qu'importe, Nicolas Sarkozy le décorera de l'Ordre national du mérite en octobre 2012, pour ses bons et loyaux services.

En novembre 2012, quand la bataille entre Jean-François Copé et François Fillon fait rage pour la tête de l'UMP, Lavrilleux se dévoile un peu plus au grand public. Il devient ouvertement le "flingueur" de Copé et accuse l'autre camp de tricherie à la télévision, documents de la Cocoe, la célèbre commission de contrôle des opérations électorales de l'UMP, à l'appui. Dès lors, le lieutenant de Copé va être considéré comme celui qui exécute les basses œuvres de son patron, quitte à faire très mal. Une renommée qui lui vaudra sans doute beaucoup d'inimités dans son propre parti, lui qui en comptait déjà quelques unes. Et pas que chez les fillonistes.

L'affaire Bygmalion arrive aujourd'hui au pire moment pour Jérôme Lavrilleux. A 44 ans, il tentait pour la première fois de voler de ses propres ailes. Il a été élu au Parlement européen le 25 mai avec 18 % des suffrages après avoir défié Marine Le Pen dans le Nord-Ouest. L'immunité parlementaire dont il dispose désormais pourrait rapidement être levée si l'on se fie à la tradition du Parlement européen.

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