Avant Macron, Michel Sapin aussi évoquait les "illettrés" de Gad

Avant Macron, Michel Sapin aussi évoquait les "illettrés" de Gad Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron fait polémique après avoir qualifié les salariées de l'abattoir Gad "d'illettrées". Le terme a pourtant aussi été utilisé par son collègue du gouvernement Michel Sapin.

"Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées." Voilà comment Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, a décidé d'illustrer les difficultés de reclassement des salariés de l'abattoir Gad, en Bretagne. Après avoir tenu ces propos ce matin sur Europe 1, le patron de Bercy, novice en politique, s'est excusé à l'Assemblée, qualifiant lui-même sa bourde "d'inacceptable" pour les personnes visées. Les difficultés de formation dans cet abattoir en pleine liquidation judiciaire sont pourtant bien réelles, comme l'ont mentionné plusieurs médias. Et Emmanuel Macron n'est pas le premier à souligner que le fléau de l'illettrisme est réel au sein de Gad. En février 2014, lors d'un débat au Sénat sur la formation professionnelle, Michel Sapin, alors ministre du Travail, avait lui-même évoqué la difficulté de certains employés de l'abattoir de cochons. Alors qu'il discutait d'un amendement visant à modifier les socles de connaissances "et de culture" figurant dans le code de l'Education nationale, ce proche de François Hollande avait d'ailleurs lui aussi utilisé le terme "d'illettrés" au sujet de ces salariés. "En Bretagne, j'ai discuté avec des gars de Gad. Pas facile, certains sont illettrés... Vos propositions les priveraient de formation", répondait-il à un élu. Une tirade à lire dans le compte-rendu du débat publié sur le site du Sénat.

Associer le terme "d'illettrés" aux salariés d'une entreprise sur les ondes, à une heure de grande écoute, est sans doute une erreur de communication de la part d'un ministre car immanquablement stigmatisant. Faut-il cependant fermer les yeux sur cette difficulté empêchant les personnes concernées de retrouver un travail ? Dans ses colonnes, le quotidien Ouest-France avait lui-même enquêté sur les ateliers de grammaire dispensés chez Gad en avril (lire l'article). Le responsable formation, interrogé, y affirmait que "certains salariés avaient de grosses lacunes en lecture ou en écriture". Un sujet "sensible" auquel doivent depuis répondre des "cessions de Maîtrise des savoirs fondamentaux (MSF)" dispensées par l'Arep, l'organisme de formation continue du Pays de Ploërmel. L'article, qui faisait parler des salariés dont certains, après une "scolarité chaotique", avaient "oublié comment on fait une multiplication" ou incapables décrire des "petits mots" pour leurs collègues. Ouest-France rapportait alors la difficulté de certains salariés à reconnaitre leurs lacunes. Mais pour d'autres, les formations dispensées dans l'entreprise étaient synonymes de nouveau départ, voire d'une nouvelle vocation.

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