Sarkozy : son message de retour sur Facebook

Sarkozy : son message de retour sur Facebook Le message de Nicolas Sarkozy sur Facebook a été posté dans la journée ce vendredi. Il est a lire en intégralité.

[Mis à jour le 19 septembre à 16h36] Nicolas Sarkozy a donc publié, un peu après 16h00, un message sur son compte Facebook pour expliquer pourquoi il s'engage à nouveau dans la vie politique. Les mots sont pesés, manifestement choisis avec attention. La lettre se veut solennelle, grave, et insiste sur la crise de confiance politique à l'égard du pouvoir en place. L'ex-président n'est pas tendre avec François Hollande, sans jamais le citer dans son texte. Le coeur de son message : "Je suis candidat à la présidence de ma famille politique". L'intégralité du texte est à retrouver sur sa page Facebook. Voici ici les principaux extraits :
"Mes chers Amis,

Le 6 mai 2012, au soir de l'élection présidentielle, j'ai remercié les Français de l'honneur qu'ils m'avaient accordé en me permettant de conduire les destinées de notre pays durant cinq années. Je leur ai dit ma volonté de me retirer de toute activité publique. Depuis, j'ai pris le temps de la réflexion après toutes ces années d'activités intenses. J'ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d'affrontement.
J'ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m'ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions. J'ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l'endroit du pouvoir, de sa majorité mais plus largement de tout ce qui touche de près ou de loin à la politique.J'ai senti chez beaucoup de Français la tentation de ne plus croire en rien ni en personne, comme si tout se valait, ou plutôt comme si plus rien ne valait quoi que ce soit. Cette absence de tout espoir si spécifique à la France d'aujourd'hui nous oblige à nous réinventer profondément. Je me suis interrogé sans concession sur l'opportunité d'un retour à la vie politique que j'avais arrêtée sans amertume et sans regret.

Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d'un nouveau et vaste rassemblement qui s'adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd'hui à la moindre réalité.
Ce vaste rassemblement se dotera d'un nouveau projet, d'un nouveau mode de fonctionnement adapté au siècle qui est le nôtre et d'une nouvelle équipe qui portera l'ambition d'un renouveau si nécessaire à notre vie politique. J'aime trop la France ; je suis trop passionné par le débat public et l'avenir de mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d'aujourd'hui et la perspective d'un isolement sans issue. Je ne peux me résoudre à voir s'installer dans le monde l'idée que la France pourrait n'avoir qu'une voix secondaire".
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Premier coup médiatique du retour

On attendait une interview sur France 2 dimanche et une tribune dans la presse régionale. Nicolas Sarkozy a pris tout le monde de court ce vendredi en postant un message sur Facebook. C'est Jean-Pierre Elkabbach qui l'a d'abord annoncé ce matin dans la matinale d'Europe 1. Nicolas Sarkozy avait programmé son retour sur la scène politique à la fin d'une semaine politique dense, après le vote de confiance et le discours de politique générale ce mardi et la conférence de presse de François Hollande ce jeudi et quelques mois avant les départementales 2015, qui s'annoncent comme une grande déroute pour la gauche. Une fois n'est pas coutume : Nicolas Sarkozy a calqué son agenda médiatique sur celui de ses adversaires. Mais l'ancien chef de l'Etat a peut être aussi précipité son retour pour ne pas laisser s'installer trop durablement ses concurrents de l'UMP dans le paysage médiatique. La multiplication des candidatures à la tête de l'UMP, les coups de boutoir de François Fillon et la candidature désormais officielle d'Alain Juppé à la primaire pour la présidentielle de 2017 ont fini de convaincre l'ancien président qu'il fallait aller vite.

Mais pas question de donner l'impression de se précipiter. Pour Brice Hortefeux, interrogé sur Europe 1 ce vendredi matin, Nicolas Sarkozy "est resté dans le silence pendant deux ans" et aujourd'hui "sa démarche est à la fois faite d'humilité et de responsabilité". L'ancien ministre de l'Intérieur, bras droit de Nicolas Sarkozy, a toujours plaidé pour le retour de son ami dans l'arène politique. C'est lui qui a d'ailleurs vendu la mèche sur les ondes. A la question de Jean-Pierre Elkabbach d'un potientiel retour "ce matin, sur Facebook", l'actuel député européen a répondu : "Patientez encore quelques heures..." Limpide.

 

Un plan média et un staff affinés

D'après les dernières informations, le message Facebook de Nicolas Sarkozy, s'il doit bien être publié dans la journée, n'hypothèque en rien le plan média qu'il s'était fixé. Nicolas Sarkozy a toujours prévu une intervention dans la presse régionale, annoncée déjà depuis plusieurs jours. Celle-ci pourrait prendre la forme d'une interview ou d'une tribune, Nicolas Sarkozy ayant été agréablement surpris de l'impact de ses précédents textes pour Le Figaro Magazine ou le Point. Un plateau télé est aussi programmé. Une participation au 20 heures de Laurent Delahousse sur France 2 serait toujours au programme.

Le retour de Sarkozy ce vendredi ne sera donc pas que numérique. En plus de son plan média, il devrait réunir sa nouvelle équipe dans un local fraichement déniché près de son bureau de la rue de Miromesnil. Le chef de cette nouvelle "équipe de campagne" est Frédéric Péchenard, l'ancien patron de la police judiciaire et proche de l'ex-chef de l'Etat. Nathalie Kosciusko-Morizet et Brice Hortefeux seraient les deux piliers de cette équipe renouvelée. Il se dit également que le député-maire de Tourcoing Gérald Darmanin, nouvel espoir parmi les trentenaires de l'UMP, rejoindrait ce staff resserré. Une jolie prise : le médiatique Darmanin était jusqu'à aujourd'hui un soutien indéfectible de Xavier Bertrand, autre prétendant au leadership de l'UMP, en délicatesse avec Sarkozy.

Sarkozy et Facebook : pas une première

Nicolas Sarkozy a déjà eu recours à son compte Facebook pour faire passer des messages. On peut notamment y lire un billet sur l'affaire des écoutes téléphoniques, publié en mars ("Ce que je veux dire aux Français"). A l'époque, l'ancien président expliquait que ce qui s'écrit quotidiennement, [il] n'éprouve nul désir de [s]'impliquer aujourd'hui dans la vie politique de notre pays". Il avait aussi annoncé son interview sur Europe 1 en juillet suite à sa garde à vue "Mes Chers Amis, il est venu pour moi le temps de m'expliquer, de prendre la parole et la nuit dernière qui me fut réservée, m'a convaincu de le faire. Retrouvez cet entretien ce soir à 20h sur TF1 et Europe 1. Avec toute mon affection, NS). Son dernier message date toutefois du 16 juillet. Mettra-t-il à jour son compte Facebook aujourd'hui en annonçant son retour ? Sa page personnelle risque en tout cas d'être très scrutée aujourd'hui.

Sur le contenu, Nicolas Sarkozy devrait profiter d'un vote de confiance étriqué et de la défiance confirmée contre François Hollande après son grand oral pour évoquer "l'urgence" de la situation et son "devoir" de remettre le pied à l'étrier. Nicolas Sarkozy va aussi se poser en homme providentiel, à la fois pour son parti, divisé par les combats internes et par les affaires avant les départementales de 2015, mais aussi pour la France, dont le décrochage économique semble désormais flagrant. Enfin, on prévoit une attaque en règle contre François Hollande. Son prédécesseur devrait pointer la "faiblesse" du chef de l'Etat, hésitant dans sa ligne, affaibli dans l'opinion et désormais soutenu de peu par une majorité fébrile. D'après RTL, Nicolas Sarkozy justifierait également sa candidature à la présidence de l'UMP par "l'absence de leader dans l'opposition" et "la montée du Front National".

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