Ségolène Royal : "Je ne céderai pas"

Ségolène Royal : Ségolène Royal : "Je ne céderai pas" #DirectPolitique - La ministre de l'Ecologie a maintenu ses idées de vignette poids lourds et de taxation des sociétés d'autoroutes. Voici les 5 temps forts de l'émission.

En préambule de l'émission de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 21 octobre, Ségolène Royal a réagi au décès brutal de Christophe de Margerie, le PDG de Total, tué dans un accident d'avion en Russie. Christophe de Margerie était "un très grand dirigeant d'une très grande industrie", a déclaré la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie sur le plateau de #DirectPolitique. "On pouvait parler avec Christophe de Margerie sans tabou de l'avenir de l'énergie et de l'avenir de la planète" a-t-elle indiqué. "Il réfléchissait beaucoup au mix énergétique et à la question des énergies renouvelables [...] C'était quelqu'un de très imaginatif et qui essayait de préparer le futur" (Voir la vidéo).


1- Vignette poids lourds : "Oui, je vais insister !"

"Oui, je vais insister !" Voici la réponse de Ségolène Royal à un internaute qui l'interroge sur les déclarations de Michel Sapin. Le ministre des Finances a donné une fin de non recevoir à son idée d'instaurer une vignette pour les poids lourds étrangers en remplacement de l'écotaxe. "L'Europe dit qu'on ne peut pas faire payer deux fois", corrige Ségolène Royal qui affirme que, compte tenu de la suppression de l'Ecotaxe poids lourds, l'instauration d'une autre mesure est possible. Et elle ne manque pas d'égratigner au passage son collègue de Bercy : "Il y a un fossé avec les citoyens qui comprennent la cohérence de mes propositions et les autres qui passent leur temps à dénigrer".


2- Sociétés d'autoroutes : "Je ne céderai pas"

Alors que la maire de Paris Anne Hidalgo aurait montré des signes de colère après la suppression de l'écotaxe (qui devait être expérimentée sur le périphérique parisien), Ségolène Royal a répliqué ce matin : "Il faut arrêter de dire n'importe quoi dans tous les sens, surtout de la part de responsables politiques". Sur le fond, la ministre s'est de nouveau justifiée sur la "suspension sine die" de la taxe qui, selon elle, "subissait un détournement de plus de 40 % au profit des actionnaires d'une société italienne".

L'augmentation du tarif du gazole de 4 centimes, votée cette nuit à l'Assemblée, devrait en outre offrir "à peu près le même rendement que l'écotaxe" assure-t-elle. Ségolène Royal a également affirmé qu'elle tiendrait bon sur la taxation des sociétés d'autoroutes. "Malgré les critiques que j'entends tous azimuts, je ne céderai pas sur ce sujet -là ! Je veux rendre aux automobilistes le produit de ce qu'ils ont trop payé", a-t-elle dit.

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3- Transition énergétique : une nouvelle "programmation" de l'énergie dès 2015"

Ségolène Royal a livré quelques précisions sur les suites de la loi sur la transition énergétique largement adoptée à l'Assemblée nationale. "Le vote a été très large, ça mérite d'être souligné", s'est félicitée la ministre qui souligne qu'"il y a des objectifs clairs qui sont fixés", sur la consommation d'énergie ou encore sur la réduction de la part du nucléaire d'ici à 2025. Oui, mais comment y parvenir ? "Pour atteindre ces objectifs très ambitieux [...] le gouvernement dira de façon transparente 'voilà ce qui va se passer'", ajoute Ségolène Royal qui indique qu'une Programmation pluriannuelle de l'énergie sera élaborée "sur trois ans, puis tous les 5 ans". Royal annonce ainsi que la première "PPE" sera élaborée "dès que la loi sera votée, c'est-à-dire en 2015".

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4- "L'énergie nucléaire reste le socle de notre modèle énergétique"

L'objectif de réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % de la production d'énergie en 2025 pose question alors que les énergies propres, notamment l'éolien, ne sont pas des énergies "constantes". Devra-t-on à l'avenir utiliser des centrales à charbon pour faire face à des pics de consommation? "Certainement pas !", répond Ségolène Royal qui admet que "nous avons l'énergie nucléaire, qui reste le socle de notre modèle énergétique". Mais la ministre ajoute : "Nous devons diversifier nos sources d'énergie. Prendre les avantages et les inconvénients de chaque énergie". Et elle promet "d'accélérer la recherche dans le domaine du stockage de l'énergie" pour rendre les renouvelables plus fiables.

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5- Martine Aubry : "Est-ce le moment de tirer contre son camp ?"

Après la sortie de Martine Aubry ce week-end, Ségolène Royal était invitée à répondre sur le fond aux propositions de la maire de Lille. Réserver le CICE aux entreprises qui embauchent et investissent ? "Ca a été tenté par le gouvernement." Sceller un pacte Etat-Collectivités ? "Le gouvernement met en place des solutions beaucoup plus opérationnelles." Fusionner CSG et impôt sur le revenu ? "Le moment n'est plus à se bercer d'illusions." La ministre de l'Ecologie s'est montrée cinglante contre son ancienne rivale pour la direction du PS en 2008. "Le 'y a qu'à', c'est toujours délicat quand on n'est pas aux responsabilités [...] Est-ce que c'est le moment de tirer contre son camp, contre sa famille politique ? Je ne suis pas sûre ! [...] Ce qui est important c'est ce qui peut être relancé tout de suite avec des actions opérationnelles."

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Ségolène Royal invitée de #DirectPolitique

La loi sur la transition énergétique est d'ores et déjà décrite comme l'un des (rares) succès politiques du quinquennat. Ce texte, qui prend date sur la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix-énergétique en France d'ici 2025, a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale avec une large majorité le 14 octobre. Une majorité si large qu'elle comprend les députés écologistes et même certains élus de l'opposition. D'ores et déjà, la "méthode Royal", à la manœuvre dans ce dossier, est louée par bon nombre d'observateurs. Mais que comprend concrètement cette loi ? Est-elle vraiment à la hauteur des enjeux climatiques d'aujourd'hui et de demain ? Quid de la fermeture de Fessenheim, du développement (et du financement) des énergies vertes, de la réduction de notre consommation d'énergie et de nos émissions de CO2 ? Enfin, que vont devenir les propositions de Ségolène Royal sur les sociétés d'autoroutes après la fin annoncée de l'écotaxe ? La ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie a répondu ce matin à toutes ces questions dans #DirectPolitique, l'émission de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France, ce mardi 21 octobre.

Ségolène Royal : un retour gagnant ?

Troisième ministre dans l'ordre protocolaire derrière Manuel Valls et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, Ségolène Royal a retrouvé avec un certain brio une place politique dans un pouvoir dirigé par son ancien compagnon, François Hollande. Une situation qui l'a longtemps privée du devant de la scène. Depuis son retour lors du remaniement d'avril 2014, elle est devenue l'une des personnalités de gauche les plus populaires, sans pour autant lorgner sur la présidentielle de 2017. Ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal a rapidement imprimé sa marque sur ce ministère. L'ancienne candidate à la présidentielle n'avait pas manqué d'égratigner celle qui l'avait précédé à ce poste, son ancienne protégée des Deux-Sèvres, Delphine Batho, estimant qu'on pouvait mener à bien de grandes ambitions avec des moyens réduits (le budget consacré à l'Ecologie est encore en baisse de 5,8 % à 6,65 milliards d'euros dans le projet de budget 2015).

Cerise sur le gâteau, la négociation avec les différents groupes parlementaires et avec la société civile lui a permis de réussir un "gros coup" politique à la rentrée : faire voter par les Verts une loi sur la transition énergétique tout en annonçant la fin de l'écotaxe. Favorable à la concertation sur Notre-Dame-des-Landes, le stationnement gratuit pour les voitures électriques, la fin des hausses de tarifs de l'électricité, comme elle l'avait indiqué lors de son dernier passage dans notre émission avant de devenir ministre, a pu aussi donner sa vision du travail accompli et des chantiers à mettre en œuvre d'ici la fin du quinquennat.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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