Nicolas Sarkozy : comment il veut construire une "cathédrale" sans "chapelles"

Nicolas Sarkozy : comment il veut construire une "cathédrale" sans "chapelles" L'UMP est morte et enterrée dans l'esprit de Nicolas Sarkozy. Pour l'ancien président, la droite doit se rassembler en abandonnant tous les courants. Pour être davantage tenue par son chef ?

L'ancien chef de l'Etat avait prévenu : son retour en politique signifiera la mort de l'UMP et sonnera l'heure du rassemblement. Alors que les centristes de l'UDI n'entendent pas laisser se fissurer les digues de leur indépendance, il reste difficile d'imaginer comment Nicolas Sarkozy réussira à créer un mouvement plus large que l'UMP. Le renouveau ne sera en réalité pas une question de taille, mais de méthode et d'architecture, nous apprend Le Monde. Côté architecture, Nicolas Sarkozy voit grand et entend en finir avec les courants pour le nouveau parti qui remplacera l'UMP : "Il n'y aura pas de clan, pas de tendance, ni de chapelle dans la cathédrale" dit-t-il à son entourage, selon le quotidien du soir.

La Droite sociale, la Droite populaire et la Droite forte vivent donc très probablement leurs derniers jours. Selon Le Monde, Nicolas Sarkozy "espère aussi en finir avec les écuries présidentielles avant 2017 et avant même les départementales 2015. Il ne veut plus entendre parler de sarkozystes, de fillonistes ou de juppéistes". Une ambition qui en dit long sur sa farouche volonté de s'emparer, seul, des rênes du parti et de supprimer tout intermédiaire entre le chef et les militants. D'autant que Nicolas Sarkozy sait comment agencer sa nouvelle "cathédrale" : une équipe dédiée au combat des idées, dans les médias, avec notamment Laurent Wauquiez et Nathalie Kosiusco-Morizet ; parallèlement, une équipe administrative chargée des affaires courantes et de la logistique.

Bonapartisme ou démocratie participative ?

Toujours selon Le Monde, l'ancien chef de l'Etat, qui désormais assure qu'il aura recours régulièrement au référendum, souhaite faire avaliser les lignes politiques du nouveau parti par les militants. Dans la pratique, cela signifierait l'organisation régulières de conventions thématiques, pour lesquelles des propositions seront "débattues" par les militants, qui voteront par Internet pour définir les réformes à mener. Seraient notamment mis sur la table la loi Taubira sur le mariage pour tous. Le Monde précise que l'ancien président de la République "arbitrera" en fin de processus.

En imaginant cette structure à la fois consultative et débarrassée des "corps intermédiaires" du parti, en fondant un rassemblement moins fondé sur l'appareil mais davantage sur "la base", en se posant comme "réconciliateur" et en affichant à nouveau le culte de la volonté, Nicolas Sarkozy incarne à merveille le bonapartisme dont il veut développer les habitus pour sa nouvelle famille politique.

Mais en donnant, enfin, la parole aux militants, notamment, indique Le Monde, pour trancher des investitures disputées lors des élections (les départementales 2015 ne seraient pas concernées), Nicolas Sarkozy semble y mêler une méthode participative, si éloignée de la culture de la droite française. Reste à savoir quelles prérogatives s'attribuera l'exécutif du parti pour vraiment se faire une idée sur la nouvelle nature du rassemblement créé par l'ancien chef d'Etat.

EN VIDEO - Nicolas Sarkozy poursuit sa campagne pour prendre les rênes de l'UMP. Il était à Nice fin octobre :

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