Alain Juppé : après les sifflets, la colère et les menaces de quitter l'UMP

Alain Juppé : après les sifflets, la colère et les menaces de quitter l'UMP Selon Le Canard Enchaîné, Alain Juppé était très énervé après avoir été sifflé à Bordeaux. Sa colère, dirigée vers Nicolas Sarkozy, le conduit même à se poser des questions sur sa présence à l'UMP.

Alain Juppé sifflé à Bordeaux , mais stoïque et serein, dédouanant même Nicolas Sarkozy d'intentions hostiles lors de son meeting. Si cette version de l'histoire permet d'afficher encore l'unité et la cordialité nécessaire entre les deux adversaires politiques, la réalité est toute autre selon Le Canard Enchaîné. Le journal du mercredi relaie les confidences à chaud du maire de Bordeaux, hors de lui après avoir été hué dans sa propre ville. "C'est un sale traquenard. C'était donc pour me piéger que Sarkozy tenait absolument à ce que je vienne à son meeting. S'il veut la guerre, il l'aura". En coulisses, donc, Alain Juppé jugerait très sévèrement l'ancien président, probable futur président de l'UMP. "Il peut jouer au petit chef, il ne fait ami-ami que lorsque ça l'arrange. Mais il est prêt à tout pour prendre sa revanche" aurait déclaré Alain Juppé devant ses proches.

Officiellement, pourtant, le maire de Bordeaux a nié devant la presse avoir été piégé par Nicolas Sarkozy. "Les campagnes électorales finissent toujours dans l'effervescence et l'énervement. On l'a vu samedi après-midi à Bordeaux. Pour ma part, j'ai vu pire. Restons sereins" a-t-il écrit sur son blog, à tête reposée, deux jours après les événements. Pourtant, ce meeting restera comme la première pierre de la bataille qui s'ouvre entre lui et Nicolas Sarkozy dans la course à la présidentielle de 2017. "C'est une scène que je n'oublierai pas !" s'est-il écrié en quittant les lieux, toujours d'après Le Canard Enchaîné. Et de menacer de quitter le parti, encore une fois devant ses proches selon l'hebdomadaire : "Je ne reconnais plus l'UMP. Je ne resterai pas à n'importe quel prix dans un parti qui est en train de devenir une secte, avec un gourou à sa tête" De quoi présager une union toute relative avant les prochaines échéances électorales, à commencer par les départementales 2015.

Nicolas Sarkozy, lui, relativise, mais à sa manière, laissant sous-entendre que si l'ancien Premier ministre a été molesté par la foule, il avait une part de responsabilité. "Ce n'est pas Alain Juppé qui a été sifflé, c'est ce qu'il a dit" juge l'ancien président dans Le Figaro, en considérant que ses appels du pieds au centre et à François Bayrou sont peu appréciés des militants UMP. En meeting à Boulogne-Billancourt mardi, Nicolas Sarkozy a même précisé qu'il défendrait une UMP incarnant "la famille de la liberté, de la liberté de pensée, de parler et de se faire entendre", ajoutant : "Je n'aime pas qu'on siffle l'un ou l'autre d'entre nous (...) mais je ne serai pas celui qui ferait taire les adhérents de l'UMP".

EN VIDEO - Le meeting de Nicolas Sarkozy à Bordeaux ouvre les hostilités entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé dans la bataille à la primaire de la droite :

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