François Bayrou contre les primaires, mais tend la main à Alain Juppé

François Bayrou : François Bayrou contre les primaires, mais tend la main à Alain Juppé Le président du Modem, maire de Pau, était l'invité de l'émission politique de Linternaute.com, Ouest-France et 20 Minutes ce jeudi 12 février.

François Bayrou était ce matin l'invité de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France. Interrogé sur la pertinence d'une primaire de la droite et du centre, et sur sa possible participation, il a clairement exposé sa réticence à l'exercice : "Je ne crois pas que la primaire soit la Ve République" a-t-il assuré, considérant que la légitimité de l'exécutif lors des élections présidentielles vient du "soutien que le peuple apporte à une vision portée par une femme ou par un homme ". Mais François Bayrou l'affirme enfin clairement : "Si Alain Juppé gagne ce pari, j'en serai pour ma part très heureux et je l'aiderai".

François Bayrou - Primaires de la droite et du centre : "Si Alain Juppé gagne ce pari, je l'aiderai"

"Je pourrais évidemment m'entendre, nous pourrions nous, ce courant démocrate du centre français, nous entendre avec lui", explique le patron du Modem au sujet d'Alain Juppé. "Il y a des gens qui peuvent, qui ont la capacité, la faculté, l'expérience nécessaire pour qu'une large entente se fasse", ajoute-t-il, avant de glisser une petite pique qu'on devine adressée au président de l'UMP : "Il y a au contraire des personnalités qui organisent la confrontation et l'agressivité".

"Il n'y a un seul courant possiblement majoritaire entre les deux camps supposés"

"Au fond, [Alain Juppé] a fait ce choix par affection pour l'UMP, c'est son bébé, de même que les mouvements du centre sont les miens et j'en suis viscéralement attaché", analyse François Bayrou qui semble regretter que le maire de Bordeaux ait choisi les primaires. Mais le maire de Pau ne ferme pas la porte à une candidature qu'il porterait pour le centre pour 2017, jugeant qu'il ne faut pas se priver d'un pluralisme de candidatures au nom de la progression du FN.

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Le président du Modem a également tendu la main à Jean-Christophe Lagarde, le patron de l'UDI. "Le problème est que les uns sont plus proches de l'UMP et les autres plus indépendants", regrette-t-il, mais fait aussi de leur union un impératif politique : "Nous pouvons et devons travailler ensemble".

Institutions : François Hollande a commis "une grave erreur, une faute"

François Bayrou sait que la bipolarisation de la vie politique, qu'il condamne, ne cessera que si les règles électorales permettent d'autres formes de représentativités. Le président socialiste s'était engagé durant sa campagne à faire des réformes en ce sens, qui ne sont plus à l'ordre du jour. "François Hollande a annoncé qu'il ne changerait plus rien à nos institutions. C'est une grave erreur. C'est même une faute, y compris une faute contre lui-même", juge le président du Modem.

"Ce n'est pas vrai que le coût du travail est trop élevé en France"

"Qu'il y ait un mouvement de réalisme c'est certain et c'est heureux", admet François Bayrou au sujet de l'inflexion libérale de François Hollande et de Manuel Valls. "Je pense qu'il n'est pas bien pensé" précise-t-il, avec des mots durs sur la loi Macron : "Le gouvernement ne prend pas la mesure d'un impératif qui est la condition même de la créativité et du dynamisme du pays : [...] une jungle de loi, de règlements, de contraintes ou de contrôle qui empêche les entrepreneurs d'être dans une logique de développement." Et d'ajouter, lorsqu'on lui demande si les freins à l'emploi sont dus au coût du travail : "C'est essentiellement une question de contraintes, [...] le travail est trop peu payé, est mal payé" .

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Alors qu'un accord a été signé à l'arraché ce jeudi matin à Minsk ordonnant un cessez le feu en Ukraine, François Bayrou a expose ce qu'il croit bon pour l'avenir du pays : "On doit retrouver les éléments du précédent accord de Minsk. On doit respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine, le cessez le feu et assurer le retrait de toute troupe russe. On doit permettre l'organisation intérieure de l'Ukraine qui respecte les deux cultures, les deux communautés de langues différentes qui vivent sur le sol de l'Ukraine et une fédéralisation de l'Ukraine".

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"Dans la plupart des cas, c'est dans l'opposition que les alliances sont faites" explique François Bayrou sur les investitures des candidats Modem pour les élections départementales 2015. Le chef du parti centriste assure que la dimension locale est un facteur de rassemblement plus complexe qu'à l'échelle nationale : "Très rares sont les cas où c'est 'là investiture l'UMP' ou 'investiture Modem' ! Non, ce n'est pas comme ça que ça s'organise. On essaie de trouver les meilleures personnalités et ce n'est pas facile à trouver. C'est moins partisan qu'on ne le croit".

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François Bayrou dans #DirectPolitique

Les centristes sont-ils face à une responsabilité historique ? Le mois de janvier a marqué un tournant dans le quinquennat de François Hollande, et plus largement, dans la vie politique française. L'union nationale a incontestablement donné de la hauteur au président de la République, qui sera jugé désormais sur sa capacité à formuler de nouvelles propositions politiques, de nouvelles réponses aux inquiétudes des Français et redonner un sens au pacte républicain. Mais "prolonger l'esprit du janvier" ne suffira pas au chef de l'Etat pour réussir la deuxième partie de son quinquennat si le chômage ne recule pas et si les réformes entreprises ne parviennent pas à moderniser l'économie et l'Etat.

L'opposition à droite est elle-aussi face à un défi considérable : Nicolas Sarkozy s'essaie à l'exercice périlleux d'apparaître à la fois comme un recours, l'ancien président de la République, mais aussi comme l'homme de synthèse que doit être un président de parti. Et si l'UMP laisse encore apparaître des divisions sur sa ligne politique, manifestes au sujet de l'abandon ou du retour du "front républicain", le Front national, lui, a le vent en poupe. Dans cette configuration, quelles doivent être les ambitions et le rôle des centristes, en vue notamment d'une alternance en 2017 ? Quelle solution le Modem de François Bayrou propose-t-il face à la montée en puissance de Marine Le Pen ? Y a-t-il un espace de proximité politique entre une partie de l'UMP et les centristes ? Un rapprochement entre François Bayrou et Alain Juppé est-il envisageable pour faire émerger une offre politique alternative ? Que répondre alors aux mains tendues de la gauche pour intégrer les centre à une majorité élargie ? Quelle stratégie, enfin, pour les départementales 2015 qui approchent ?

Pour répondre à ces questions, François Bayrou était l'invité de #DirectPolitique jeudi 12 février, en direct à 8h30. Il a été interrogé par les rédactions de Linternaute.com, Ouest-France, 20 Minutes, mais aussi par les internautes.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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